De la morale des conservateurs

-Pire ou moins pire que les questions d’éthique? Et ne me faite pas croire qu’il s’agisse que d’une impulsion de Téléfilm… 

 L’aurore Boréale

Industries culturelles

Pas d’argent pour troubler l’ordre public

Radio-Canada

 

Les milieux du cinéma et de la télévision se préparent à partir en guerre contre le projet de loi fédéral C-10 qui préconise que le financement public des films et des émissions de télévision soit limité aux oeuvres qui ne contreviennent pas à « l’ordre public ».

Le projet de loi modifierait la loi de l’impôt sur le revenu de manière à ce que Patrimoine canadien puisse priver de deniers publics des oeuvres qui contiennent, de l’avis du ministère, des scènes sexuellement explicites, de la violence excessive ou de la propagande haineuse. Ces critères ne sont toutefois pas inclus en toutes lettres dans le texte législatif.

Le projet de loi préconise que Patrimoine canadien puisse retirer des crédits d’impôt ou exiger un remboursement des producteurs. Des productions qui ont déjà obtenu l’aval d’organismes indépendants, comme Téléfilm Canada, ne seraient pas à l’abri de ces critères.

Le projet de loi C-10 en est rendu à l’étape de la troisième lecture au Sénat. S’il est approuvé comme tel, il entrera en vigueur après avoir reçu la sanction royale, au grand dam de cinéastes et de producteurs, qui sont catastrophés par ce qu’ils assimilent à de la censure.

« Ce n’est pas de la censure », a soutenu jeudi la directrice générale adjointe aux industries culturelles de Patrimoine Canada, Annette Gibbons au cours d’une conférence de presse téléphonique dont fait état Le Devoir. « La censure, c’est quand on dit qu’une production ne peut pas être montrée au public. Ce n’est pas ce qu’on fait. On dit que l’on ne veut pas financer certaines choses qui pourront être réalisées [sans subventions]. Le rôle de l’État est de bien gérer les fonds publics. »

Mme Gibbons soutient que le jugement visant à déterminer si une production doit être privée de deniers publics en raison de scènes sexuellement explicites, de violence excessive ou de la propagande haineuse serait laissé à la discrétion d’un fonctionnaire.

Mouvement d’opposition

Le projet, révélé jeudi à la une du Globe and Mail, entraîne d’ores et déjà une levée de boucliers. Le quotidien torontois note par exemple que le réalisateur canadien David Cronenberg et la présidente de l’Union des écrivains du Canada, Susan Swan, sont notamment prêts à monter aux barricades.

« L’ironie est que les films canadiens les plus à risque sont ceux qui ont le plus contribué à forger notre réputation internationale, c’est-à-dire les films à petits budgets, risqués, faits par des gens comme moi ou d’autres », déclare David Cronenberg, dont les films ont été primés tant à Cannes qu’aux Oscars.

 

« La plate-forme qu’ils proposent est du même ordre que le panel de communistes chinois composé d’inconnus qui, derrière des portes closes, émettront un nouvel avis après que d’autres organismes comme Téléfilm Canada eurent déjà investi », déplore-t-il.

Le président de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec, Jean-Pierre Lefebvre, déclare pour sa part au Devoir que « sur le fond, si cette histoire n’est pas une farce monumentale, elle s’avère absolument très inquiétante. On retourne à la loi sur l’index du Vatican! »

Sa profession, ajoute-t-il, s’avère déjà largement balisée par des règles, des lois et même par les chartes des droits et libertés. « À l’Association, nous avons songé nous doter d’un code d’éthique il y a deux ans et nous avons finalement renoncé en constatant ce qui existait déjà juridiquement. Il y a des lois contre la propagande haineuse ou l’appel à la violence au pays. Soyons sérieux. Je ne croyais pas possible de voir arriver une telle chose au XXIe siècle. »

Une impulsion judéo-chrétienne?

Le Globe and Mail rapporte vendredi que le président d’un groupe de pression visant à faire la promotion des valeurs judéo-chrétiennes, la Canada Family Action Coalition, se targue d’être à l’origine de cette initiative du gouvernement fédéral.

Charles McVety soutient que la loi est le fruit des représentations qu’il a faites auprès des ministres fédéraux de la Sécurité publique et de la Justice, Stockwell Day et Rob Nicholson, et d’autres membres du bureau du premier ministre Stephen Harper. MM. Day et Nicholson ont tous deux fait savoir jeudi qu’ils ne se souviennent pas avoir eu des discussions à ce sujet avec M. McVety.

Selon le président de la Canada Family Action Coalition, de nombreux députés conservateurs, dit-il, travaillent en coulisses à ce sujet. Le quotidien relate d’ailleurs une rencontre du comité des Communes de Patrimoine canadien, au cours de laquelle un député conservateur, Dave Batters, a demandé à Téléfilm Canada de cesser de financer des oeuvres inacceptables.

« L’objectif de Téléfilm Canada est de faciliter la production de films pour le courant principal de la société canadienne, des films que les Canadiens peuvent regarder en famille dans leur salon », plaidait-il le 31 janvier dernier. Cette façon de voir, dit-il, n’est pas de la censure. « S’il y a un marché pour ça, laissons les gens payer 11 $ », argue-t-il.



Sur l’éthique des concervateurs

Ca commence à etre lassant….

-L’Aurore Boréale

Affaire Cadman

Un enregistrement révélateur

 

 

 

L’opposition veut une enquête

 

 

 

 

Le premier ministre Stephen Harper a déclaré jeudi « qu’il n’y avait absolument rien de vrai » aux allégations selon lesquelles les conservateurs avaient tenté de soudoyer un député indépendant à l’article de la mort, en 2005.

L’enregistrement d’une entrevue que M. Harper a accordée à ce moment-là semble suggérer autre chose.

Lors d’une session houleuse à la Chambre des communes jeudi, Stephen Harper a dit aux députés qu’il avait enquêté sur les allégations et sa conclusion est catégorique.

« Ces allégations sont fausses et irresponsables », a affirmé le premier ministre.

Selon la veuve du député indépendant Chuck Cadman, Dona, les conservateurs ont proposé à son mari une police d’assurance vie d’une valeur de un million de dollars, en échange de son appui lors d’un vote de confiance crucial en 2005.

Ces allégations sont reprises dans le livre Like a rock: the Chuck Cadman story, du journaliste Tom Zytaruk, qui sera publié en mars.

Le premier ministre Harper est cité dans le livre. Il était alors chef de l’opposition officielle et avait accordé une entrevue à l’auteur du livre, peu de temps après la mort de M. Cadman en 2005.

CBC, la télévision anglaise de Radio-Canada, a obtenu copie d’un enregistrement audio de l’entrevue. En voici un extrait:

« La police d’assurance de un million de dollars, en étiez-vous au courant? » demande l’auteur du livre à Stephen Harper.

« Je ne connais pas les détails. Je sais qu’il y a eu des discussions », répond M. Harper dans l’enregistrement. « Ceci n’est pas pour publication? » demande-t-il.

« C’est pour un livre, pas pour le journal », répond l’auteur Tom Zytaruk, qui travaille pour un journal de Surrey en Colombie-Britannique.

M. Harper explique davantage dans l’enregistrement que l’offre à M. Cadman « était seulement pour couvrir les pertes financières qu’il aurait pu subir en raison d’une élection ». M. Harper ajoute que l’offre a été faite par des représentants « légitimes du parti ».

Stephen Harper dit aussi à M. Zytaruk qu’il doutait fort que M. Cadman accepterait l’offre.

« Ils voulaient le faire, mais je leur ai dit qu’ils perdaient leur temps. J’ai dit que Chuck avait déjà pris sa décision »… (de voter avec les libéraux sur le budget du gouvernement minoritaire de Paul Martin).

L’opposition à la Chambre des communes demande à la Gendarmerie royale du Canada d’enquêter sur les allégations d’offre de pot-de-vin de la part des conservateurs au député Chuck Cadman.



La souveraineté du Québec… toujours d’actualité?

Quand le Québec s’interroge

Un projet toujours vivant : la souveraineté

Le monde diplomatique 
Lors des dernières élections législatives au Québec, au printemps 2007, le Parti québécois (PQ) a subi une grave défaite, n’obtenant qu’un peu moins de 30 % des voix et devenant le deuxième parti d’opposition à l’Assemblée nationale. Faut-il en conclure que le grand débat qui agite la province depuis quarante ans à propos de son avenir politique est clos ? Un regard attentif sur la situation québécoise permet au contraire de croire que ce débat est seulement suspendu pour un temps, et qu’il reviendra rapidement à l’avant-scène.

Les résultats électoraux de mars 2007 ont produit le premier gouvernement minoritaire de l’histoire du Québec. Les trois principaux partis politiques – le Parti libéral du Québec (PLQ), le PQ et l’Action démocratique du Québec (ADQ) – ont obtenu sensiblement le même nombre de suffrages. Cette situation inédite démontre bien que les Québécois s’interrogent profondément sur la direction à suivre, qu’ils n’ont pas tranché dans un sens ou dans l’autre, et que demeure au sein de la population un fort désir d’autonomie politique.

L’objectif du PQ, en effet, est toujours de faire accéder le Québec à la souveraineté. Pour sa part, l’application du programme de l’ADQ, qui revendique des compétences actuellement détenues par Ottawa, bouleverserait l’ordre constitutionnel canadien. Par ailleurs, il faut compter avec la création récente de Québec solidaire, parti de gauche souverainiste qui a recueilli près de 4 % des voix à son premier rendez-vous électoral (1). Plus de 60 % des Québécois ont donc voté pour des réformes radicales de leur statut politique. Seul le PLQ, dans les faits, se contente du statu quo.

Quelle pérennité
en Amérique ?

C’est ainsi que la majorité des partis s’accordent pour affirmer que, dans sa forme actuelle, le fédéralisme canadien ne leur convient pas. Chacun d’entre eux tente de trouver une réponse adéquate au questionnement identitaire des Québécois : comment assurer leur pérennité en Amérique en tant que nation francophone ? Pour deux d’entre eux (le PQ et Québec solidaire), la seule solution demeure l’accession à l’indépendance. La problématique identitaire trouve son fondement dans une insécurité linguistique et culturelle justifiée : ils forment un îlot de sept millions de citoyens majoritairement francophones dans un océan nord-américain de plus de trois cent vingt millions d’anglophones (2).

Les gouvernements successifs ont agi pour préserver le caractère français du Québec. C’est un gouvernement libéral qui, en 1974, a fait du français la seule langue officielle de la province. Et l’on doit au PQ l’adoption, en 1977, de la Charte de la langue française, dite « loi 101 », pièce maîtresse de la promotion du français dans tous les secteurs et sur tout le territoire. Non seulement elle intégrait le caractère officiel du français dans toutes les institutions publiques, mais elle identifiait aussi trois domaines centraux pour le défendre : l’éducation, le travail et l’affichage.

Plusieurs jugements de la Cour suprême du Canada ont restreint les dispositions initiales de ce texte, mais il n’en reste pas moins que la loi 101 a sauvé le français au Québec, et qu’elle est chérie par une très grande majorité de ses citoyens. La charte a aussi contribué à une vaste opération de « désethnisation » de la langue : les francophones ne sont plus uniquement des Tremblay, des Carron, des Arsenault, mais aussi des Mouawad, des Micone, des Mpambara, ce qui n’était pas le cas auparavant. Le français est ainsi largement devenu le lieu privilégié de la rencontre interculturelle.

La charte n’a cependant pas résolu tous les problèmes, loin s’en faut : le français est toujours dans une situation précaire. Les « transferts linguistiques », en effet, sont insuffisants pour assurer le renouvellement nécessaire de la génération des nouveaux francophones. Certes, aujourd’hui, beaucoup plus d’immigrés que jadis adoptent le français comme langue d’usage à la maison, mais 49 % choisissent encore l’anglais, ce qui, trente ans après l’adoption de la charte, est extrêmement préoccupant. Les statistiques du recensement de 2006, rendues publiques récemment, envoient un signal plus grave encore : pour la première fois depuis 1931, moins de 80 % des Québécois sont de langue maternelle française ; pis, sur l’île de Montréal, site de la seule grande métropole francophone des Amériques, le taux est passé sous la barre des 50 %. Même le français comme langue d’usage à la maison est en recul. Dans le reste du Canada, l’accélération de l’assimilation des francophones fait qu’ils ne représentent plus que 4 % de la population.

Impasse linguistique

Aujourd’hui, le Québec se trouve dans une impasse linguistique. Il lui faut s’atteler à une vigoureuse francisation d’une immigration accrue, et adopter rapidement des amendements à la charte, particulièrement en ce qui concerne le milieu de travail, afin que, malgré la mondialisation, le français demeure la langue dans laquelle on puisse gagner sa vie et faire carrière. Agir dans ces deux secteurs se heurtera inévitablement à de multiples obstacles dressés par Ottawa, et que seule l’indépendance politique éliminerait.

Comme de nombreux Etats occidentaux, le Québec est confronté au défi démographique : que ce soit du point de vue du simple renouvellement de sa force de travail ou bien de sa vitalité linguistique, il a un besoin criant d’immigrés. Depuis les années 1980, son gouvernement dispose de réels outils à cet égard. Un accord bilatéral conclu avec Ottawa lui permet de sélectionner une grande partie de ses immigrants. En revanche, dans la mesure où il constitue seulement une subdivision d’un Etat fédéral, il ne projette qu’en partie son propre caractère particulier à l’étranger. Les immigrés deviennent au Québec des citoyens canadiens, non pas québécois. Pour la plupart d’entre eux, c’est au Canada qu’ils souhaitent émigrer. Si le Québec était un Etat souverain de plein droit, cette problématique disparaîtrait. Ceux qui opteraient pour le Québec dans leur nouvelle vie le feraient en toute connaissance de cause : un pays où la langue commune ne peut être que le français.

Il est aussi beaucoup question au Québec du mariage, parfois difficile, entre les valeurs dominantes des sociétés occidentales démocratiques et l’intégration de personnes provenant de cultures très différentes. Depuis plus d’un an s’est engagé un grand débat public centré sur ce que l’on désigne comme les « accommodements raisonnables » en faveur de minorités religieuses fondamentalistes. Ce débat est devenu aigu depuis que la Cour suprême du Canada a donné raison à un sikh traditionaliste, établi au Québec, qui revendiquait pour son enfant le droit de porter à l’école le poignard rituel (kirpan), alors que les autres élèves se font saisir des couteaux de même dimension, et que cette arme est évidemment interdite, par exemple, dans les cours de justice. Il se présente aussi des situations où l’égalité homme-femme est mise en échec pour des motifs religieux. Le malaise provoqué par les « accommodements raisonnables » est exacerbé par une quête de laïcité, unique sur le continent américain, dans une société trop longtemps soumise à l’Eglise catholique.

Le Canada et le Québec ont adopté depuis bientôt trente ans deux systèmes différents d’intégration. La politique fédérale de multiculturalisme, calquée sur le modèle britannique, fait la promotion d’un mode de diversité culturelle fondé sur l’ethnicité et renvoyant chacun à sa communauté d’origine. Le Québec a plutôt opté pour un modèle fondé sur l’interculturalisme, c’est-à-dire sur l’échange culturel dans le cadre des valeurs communes d’une nation plurielle majoritairement francophone. La contradiction entre ces deux visions est flagrante et insurmontable.

Inexorablement, le Québec est inscrit dans un processus de minorisation au sein de la fédération, puisque la population du reste du Canada croît plus rapidement. Ce phénomène se répercute sur la représentation du Québec au Parlement fédéral, proportionnellement en décroissance. Ce processus est irréversible.

Au-delà de ces raisons fondamentales, il faut ajouter bien modestement que le monde bénéficierait d’un Québec devenu indépendant. En dépit des obstacles mis sur son chemin par le gouvernement d’Ottawa, il a réussi, en partenariat avec la France, et grâce à l’implication de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), à être l’un des moteurs du nouveau traité international sur la diversité des expressions culturelles (3). Ce traité vise à permettre les interventions des Etats en faveur des expressions et des produits culturels nationaux, et à les exclure du champ de compétence de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Une initiative similaire pour la protection de la diversité linguistique est tout aussi urgente, et le Québec doit s’en faire le promoteur sur la scène internationale, malgré son statut de nation non souveraine.

Face à l’omniprésence anglophone, un nouvel Etat souverain francophone serait un atout non négligeable dans les multiples instances auxquelles le Québec n’a pas accès pour mener à bien ce projet. Par ailleurs, si le Québec était indépendant, une voix nord-américaine dissidente sur le changement climatique pourrait s’exprimer pleinement. La vassalisation du Canada par rapport aux Etats-Unis s’est en effet accélérée depuis que le gouvernement américain a décidé de faire de son voisin du Nord son premier fournisseur énergétique : gaz, et surtout pétrole issu des gigantesques gisements des sables bitumineux de l’Ouest canadien, dont l’exploitation est une catastrophe écologique de dimension planétaire.

Dans une Amérique du Nord pour l’instant résolument conservatrice, les Québécois demeurent attachés à des valeurs internationales de justice et d’équité. Ils souhaitent que la francophonie soit un réel contrepoids à une mondialisation beaucoup trop souvent soumise aux impératifs néolibéraux. Les Québécois, se démarquant profondément des autres Canadiens, sont descendus dans la rue massivement en 2003 contre l’intervention américaine en Irak, et leur attitude a été décisive dans le refus du premier ministre de l’époque, M. Jean Chrétien, de céder aux exhortations de M. George W. Bush. Ils sont profondément troublés par la mission de combat canadienne en Afghanistan.

Le mouvement souverainiste au Québec a toujours fait siennes les valeurs de justice sociale, qui sont au cœur des préoccupations de la nation québécoise. Au Parlement fédéral, le Bloc québécois, parti souverainiste qui a toujours obtenu une majorité des sièges de la province depuis sa première participation aux élections législatives en 1993, se fait lui aussi le promoteur d’un projet de société résolument progressiste. L’apparition de Québec solidaire rappelle que souveraineté politique et progressisme social sont indissociables. Le PQ vient de se donner une nouvelle présidente, Mme Pauline Marois. Prenant acte des résultats des dernières élections, elle a entrepris une rénovation des orientations du parti, sans renoncer à son objectif principal. Elle propose de réintégrer dans le projet souverainiste la part de rêve trop longtemps oubliée, et elle souhaite démontrer aux Québécois la nécessité d’une indépendance qui est aussi un appel à tous les nouveaux arrivants à partager leur destin en Amérique.

Louise Beaudoin.



La valse diplomatique…

Kosovo: mise en garde de la Russie au Canada

La Presse canadienne

La Russie a envoyé un avertissement sérieux au Canada par la bouche de son ambassadeur, qui inclut le Canada dans un groupe de pays qui ont fort à perdre s’ils reconnaissent l’indépendance du Kosovo.

«Nous avons conseillé au Canada d’y réfléchir à deux fois avant d’accepter la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, a dit Georgiy Mamedov aux journalistes hier, lors de son passage à Montréal. Nous sommes deux États fédéraux, et on ne doit pas lancer de pierres lorsqu’on a une façade de verre.»

Les alliés traditionnels du Canada — comme le Royaume-Uni, les États-Unis et la France — ont déjà offert leur appui au Kosovo. Mais le Canada ne s’est pas encore prononcé dans ce dossier, rejoignant ainsi des pays comme la Chine, l’Indonésie et l’Espagne, qui sont eux aussi aux prises avec des mouvements séparatistes. La Russie est une alliée de longue date de la Serbie et elle s’est opposée farouchement à l’indépendance kosovare.

«Le séparatisme est aussi dangereux en Russie qu’en Espagne ou en France ou n’importe où ailleurs», a-t-il déclaré à l’issue d’une allocution prononcée devant le Conseil des relations internationales de Montréal.

M. Mamedov estime que la déclaration unilatérale d’indépendance constitue une violation «flagrante» de la loi internationale.

Les souverainistes québécois ont suivi les aspirations kosovares de près, estimant qu’une déclaration unilatérale d’indépendance pourrait créer un précédent qui leur serait favorable.

«Un peuple décide de devenir un pays et d’autres pays reconnaissent le fait, a déclaré plus tôt cette semaine le député péquiste Daniel Turp. Et ce qui est particulier dans ce cas-ci, c’est que la Serbie est contre l’indépendance d’une de ses composantes [...] et les autres pays ne tiennent pas compte de cette objection.»

Certains experts ne font toutefois que peu de cas des avertissements russes.

«C’est une position incroyablement hypocrite pour les Russes, compte tenu qu’ils ont activement appuyé le séparatisme dans les pays voisins depuis 1991», a dit le professeur Stephen Saiderman, de l’université McGill.

La Russie, a-t-il ajouté, a appuyé les mouvements séparatistes en Géorgie et en Moldavie. Son attitude envers les rebelles séparatistes de Tchétchénie a aussi retenu l’attention de la communauté internationale.

M. Saiderman a également rejeté la comparaison avec le Québec, affirmant que le Canada a traité sa minorité francophone avec beaucoup plus de respect que ce que la Serbie a réservé au Kosovo.

Le gouvernement canadien est maintenant pressé de toutes parts de prendre position. Le chef libéral Stéphane Dion a déjà déclaré son appui au Kosovo indépendant, faisant valoir que des années de conflit violent avec la Serbie prédisposaient la communauté internationale à accueillir l’indépendance kosovare.

De son côté, la Serbie a menacé de déposer un protêt diplomatique si le Canada se rallie au Kosovo, pendant que le ministre russe des Affaires étrangères a communiqué la position de son pays au premier ministre Stephen Harper.

«[Harper] sait où se trouvent les intérêts nationaux du Canada», a laissé tomber M. Mamedov.



Alors là, tout le monde est surpris


Londres admet que des détenus secrets de la CIA ont transité sur le sol britannique

LEMONDE.FR avec AFP, AP et Reuters

Le ministre des affaires étrangères britannique, David Miliband, a reconnu pour la première fois, jeudi 21 février devant le Parlement, que deux détenus secrets de la CIA, suspectés de terrorisme, ont transité en 2002 via la base britannique de Diego Garcia dans l’océan Indien. Le directeur de la CIA, Michael Hayden, a confirmé la véracité de ces informations et a reconnu « les erreurs » dont se sont rendus coupables les services secrets américains dont le travail est « par nature urgent, complexe et incertain. »

Les Britanniques n’avaient jusqu’à présent pas reconnu avoir eu maille à partir avec ce système de transfert et l’emprisonnement secret de personnes suspectées de terrorisme. En juin 2007, après dix-huit mois d’enquête, la police britannique avait conclu qu’aucun aéroport de Grande-Bretagne n’avait été utilisé « pour transporter des suspects vers des lieux de torture dans d’autres pays. » Ils étaient pourtant pointés du doigt par un rapport de 2006 du Conseil de l’Europe qui soupçonnait 14 pays européens d’avoir autorisé la CIA à utiliser leurs espace aérien ou leur territoire pour ces transferts controversés.

« DES ERREURS ADMINISTRATIVES » DÉCELÉES « TRÈS RÉCEMMENT »

M. Miliband s’est excusé auprès des parlementaires pour « ces erreurs commises » qui ne sont « pas acceptables » et a regretté que « ces informations n’aient été révélées » que maintenant. Il a précisé que cette rectification était due « à des erreurs d’enregistrement de données par les Etats-Unis. »  Le porte-parole du département d’Etat américain, Sean McCormack, a assuré que les Etats-Unis n’avaient pas menti mais avaient simplement commis « des erreurs administratives » décelées « très récemment ».

La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a téléphoné dès mercredi au premier ministre britannique Gordon Brown pour faire le point sur cette situation. En marge d’une réunion avec la Commission européenne, il a jugé cette affaire « très sérieuse » et a souligné partager « la déception de chacun » après cette révélation. Il a exprimé son souhait que des procédures soient mises en place pour qu’un tel incident ne puisse se reproduire en Grande-Bretagne.



Politique américaine: analyse de l’élection à venir

Primaires américaines : « le néoconservatisme continue à structurer la pensée des candidats »
L’intégralité du débat avec Bertrand Badie, professeur à Sciences-Po Paris. , mercredi 20 février 2008


Aziz Enhaili
: Existe-t-il des différences significatives entre John McCain, Barack Obama et Hillary Clinton quant aux relations avec la Russie et la Chine ? Lequel d’entre eux, une fois élu à la Maison Blanche serait moins flexible envers ces deux pays ?
Bertrand Badie : Il ne faut pas surestimer les différences qui séparent les candidats entre eux. Il ne faut pas non plus croire qu’une politique étrangère est arrêtée au moment d’une campagne électorale sans subir ensuite l’influence des événements et des enjeux qui viennent à émerger. Si l’on se rappelle la première campagne de George W. Bush, on se souvient que les questions internationales étaient à l’époque marginalisées, et on pouvait difficilement se douter qu’elles viendraient au centre de son agenda.

 La suite



Quand l’appétit va…

Notez la réaction de la droite devant la dissidence: refus et rejet, sans parler des amalgammes outrancieux à la pensée qu’elle fait. Amalagmmes, sophismes, une honte à la pensée, en clair. En trois mot: dogmatisme irrévérencieux et malhonnête. Qu’elle fasse le même reproche au dissident passe encore (elle peut bien dire ce qu’elle veut, dasn son monde de droite supposément libertaire). Mais qu’elle continue son monologue de sourd me dégoute. Y’en a marre! Pas que Venne aie besoin de défense; mais, pour s’attaquer à des idées, ça prend quand même des idées! Retourne sur les bancs d’écoles avec ton Super Mario, Fantasque Joanne.

-L’aurore boréale
Marcotte condamne la dissidence de Venne

ROBERT DUTRISAC
Le Devoir
Québec — Dans une lettre annexée au rapport du groupe de travail sur le financement de la santé, Michel Venne, le vice-président désigné par le Parti québécois, exprime sa dissidence à l’égard de l’ouverture au secteur privé que prône le document. Or la vice-présidente choisie par l’Action démocratique du Québec, Joanne Marcotte, critique la position de son collègue dans une «lettre éditoriale» rendue publique hier et assortie d’une courte vidéo diffusée sur YouTube.

Selon Michel Venne, le rapport du groupe de travail, présidé par Claude Castonguay, est «pro-public», car il «mise clairement sur la capacité du système public de poursuivre ses réformes». C’est pourquoi l’ancien journaliste et actuel directeur général de l’Institut du Nouveau Monde ne s’en dissocie pas complètement, mais il s’oppose toutefois à trois de ses propositions: la mixité de la pratique médicale, ou décloisonnement, qui permet à un médecin de pratiquer à la fois dans le public et dans le privé; l’ouverture faite à l’assurance privée duplicative; et l’idée de confier la gestion des hôpitaux au secteur privé.

Ces trois recommandations «risquent d’être perçues comme un désaveu par un grand nombre d’intervenants du système de santé», écrit M. Venne dans un contexte où est lancé «un appel à la mobilisation de tous les acteurs du système». Selon le vice-président dissident, «les solutions aux problèmes du système public se trouvent essentiellement dans le système public».

Dans sa lettre coup-de-poing, Joanne Marcotte, la réalisatrice du documentaire pamphlétaire L’Illusion tranquille, qui dénonce le modèle québécois, dont son système de santé, affirme que le rapport «n’est ni pro-public, ni pro-privé: il est pro-santé. Vouloir perpétuer le faux débat public-privé est, à mon avis, contre-productif, dogmatique, réducteur et diviseur».

La vice-présidente écrit qu’elle ne peut cacher sa «déception» devant «l’incapacité» de Michel Venne de se hisser au-delà du débat public-privé. «Il choisit d’abdiquer en faveur d’une chapelle idéologique aux yeux de laquelle il faut se méfier de tout ce qui n’est pas estampillé du sceau public.» La dissidence de M. Venne est «un acte de foi à l’égard d’un monopole bureaucratique dont il connaît pourtant l’incapacité à se réformer», estime-t-elle.

Dans sa vidéo de près de trois minutes portant sur la dissidence de M. Venne, Mme Marcotte reprend les principaux éléments de sa lettre, ajoutant que le débat sur la place respective du public et du privé en santé est «démagogique». M. Venne a rejeté les trois éléments «les plus novateurs» du rapport, juge-t-elle. «La population est bien en avance sur ses élites», a avancé Mme Marcotte. Le rapport est un «ouvrage équilibré qui doit être mis en oeuvre intégralement, et non pas à la pièce», soutient-elle.

À trois semaines de la publication du rapport, Michel Venne et Joanne Marcotte s’étaient d’ailleurs affrontés sur l’interprétation à donner aux conclusions à venir du rapport. Présumant que le rapport serait unanime, Michel Venne avait affirmé au Devoir que le groupe de travail ne proposerait pas «une remise en question fondamentale» du système actuel. Devant des étudiants en médecine à l’Université de Montréal, Michel Venne avait aussi déclaré que, pour le groupe de travail, «l’apport du secteur privé doit être considéré comme complémentaire. Nous ne recommanderons aucune expansion du rôle du secteur privé dans les services de santé».

Joanne Marcotte avait vertement répliqué qu’au contraire, «ce qui va sortir du rapport, c’était le programme de l’ADQ de 2002», soit l’ajout d’une offre de soins en provenance du secteur privé.

Par la suite, les deux vice-présidents n’ont pu gommer leurs divergences de vue alors que le président du groupe, Claude Castonguay, préconisait d’autoriser la mixité de la pratique médicale et le recours à l’assurance privée.



L’éthique concervatrice, numéro 114…

Un ex-candidat du PC nommé au CRTC

Presse Canadienne

Le gouvernement fédéral vient de nommer un ancien candidat conservateur au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). La nomination a aussitôt été accueillie par des accusations de favoritisme et d’hypocrisie.

Marc Patrone était candidat déclaré pour les conservateurs en Nouvelle-Ecosse alors que le gouvernement libéral fédéral semblait sur le point de tomber, en mai 2005. Mais il est retourné à son poste de journaliste affecté aux questions législatives dans cette province avant la chute du gouvernement, à la fin de l’année.

La ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, a annoncé sa nomination à titre de membre à temps plein de l’instance de réglementation des ondes au pays mardi, dans un communiqué de presse. Elle n’a pas mentionné les liens de M. Patrone avec le PC.

Le libéral Michael Savage, qui devait briguer les suffrages contre M. Patrone en 2005, a dit se souvenir que M. Patrone, quand il était en Nouvelle-Ecosse, avait toujours critiqué tout ce qui ressemblait à du favoritisme. Sa nomination semble, à première vue, contradictoire avec ses positions antérieures, a-t-il dit.

Depuis qu’ils ont pris le pouvoir, les conservateurs, qui ont longtemps fustigé les libéraux pour avoir récompensé leurs amis et qui promettaient de changer les choses, ont annoncé une série de nominations perçues comme partisanes.



Un livre vert?

Une seule question: où sont les garanties de la conservation du patrimoine forestier québécois?

-l’aurore boréale 

Livre vert sur les forêts:

Un accueil favorable

Radio-Canada

L’orientation générale du livre vert a été plutôt bien accueillie par les milieux concernés.

 

Prudent, le Conseil de l’industrie forestière du Québec se dit ouvert à la discussion et annonce qu’il participera à la consultation.

Le président de l’organisme, Guy Chevrette, a dit qu’il aurait beaucoup de questions à poser au ministre, particulièrement en ce qui a trait au droit de premier preneur, qui risque de heurter des industriels. Il veut aussi une étude d’impact des mesures proposées sur l’industrie.

De son côté, le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux, était tout sourire de voir Québec confier davantage de pouvoirs aux régions en matière de gestion forestière.

On ouvre maintenant une nouvelle époque, une nouvelle ère de la gestion forestière au Québec qui met à contribution les milieux mêmes. On est très satisfaits. — Bernard Généreux

Le porte-parole de l’opposition officielle, Sébastien Proulx, a reconnu que l’abandon des contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF) n’était pas « un mince changement », en se demandant toutefois comment le système de Bourse de la forêt allait fonctionner.

Au Parti québécois, on a dit partager les objectifs poursuivis par le livre vert, « mais il reste à voir si les moyens proposés sont les meilleurs pour y parvenir », a indiqué la députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Johanne Morasse.

 

La CSN salue l’engagement du Livre vert sur la forêt de porter à 8 % la proportion des aires protégées d’ici la fin de l’année.

La présidente de la centrale syndicale Claudette Carbonneau se félicite également de la séparation des activités d’approvisionnement et de celles liées à l’aménagement de la forêt, ainsi que l’intensification de la sylviculture.

Elle compte cependant veiller à ce que ces changements contribuent à l’amélioration des conditions de travail des ouvriers sylvicoles.

Le groupe écologiste Greenpeace, de son côté, se montre beaucoup plus critique. Il applaudit le fait que le système des CAAF prenne fin, mais déplore ce qu’il appelle un manque de vision en matière de conservation de la ressource.

Greenpeace apprécie le fait que les régions auront une plus grande responsabilité sur leur gestion forestière et que l’industrie ait moins de libertés. Le groupe écologiste déplore cependant le fait que le livre vert du ministre soit muet sur la conservation du patrimoine mondial que représentent les dernières forêts intactes du Québec.

« Les esprits ont évolué »

Guy Coulombe applaudit le gouvernement pour sa réforme du régime forestier, une initiative « majeure » selon lui.

 

L’auteur d’un volumineux rapport sur la forêt, qui avait fait beaucoup de bruit lors de sa publication en décembre 2004, est d’avis que Québec réoriente le régime forestier dans le bon sens et en droite ligne avec ses recommandations.

« C’est majeur comme virage. L’aspect le plus délicat du problème, ce sera dans l’exécution de ça, la mise en place. Mais sur l’orientation globale, je pense que c’est une excellente orientation », a déclaré M. Coulombe, lors d’un entretien téléphonique avec la Presse canadienne, jeudi, à la suite de la publication du livre vert sur la refonte du régime forestier.

M. Coulombe a même affirmé qu’en 2004, il avait jonglé avec l’idée d’inclure dans son rapport la transformation des CAAF en un mélange de droit de premier preneur et de Bourse de la forêt, soit exactement ce qui constitue le coeur de ce qu’a annoncé le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, jeudi, dans son livre vert.

Il raconte qu’à cette époque, déjà, il était convaincu que cette transformation viendrait « tôt ou tard », et il se dit heureux de voir que « les esprits ont évolué » à ce propos.

Quant à savoir si l’industrie acceptera de bon gré un changement aussi important, il s’est montré optimiste. « Si c’est bien mené, si c’est bien conduit, j’ai l’impression que l’industrie va embarquer là-dedans », a-t-il fait valoir.

En 2004, le rapport Coulombe, qui contenait 81 recommandations, concluait que la forêt québécoise était surexploitée par l’industrie, et qu’il fallait donc revoir à la baisse le calcul de la possibilité forestière, soit le volume de bois consenti à l’industrie.



Le Parti « Vert »?

Le Québec n’atteindra pas les objectifs de Kyoto, admet Beauchamp

Le Devoir

Louis-Gilles Francoeur

La ministre lance un programme de réduction des gaz à effet de serre

 

 

La ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), Line Beauchamp, a reconnu hier publiquement que le Québec ne respecterait pas les exigences du protocole de Kyoto, sauf en 2012.

Mme Beauchamp a en effet admis pour la première fois publiquement que les «efforts du gouvernement» ne permettraient au Québec d’atteindre les objectifs de Kyoto qu’une année sur cinq, soit «en 2012». Le protocole exige plutôt le respect des objectifs nationaux pendant les cinq années comprises entre 2008 et 2012 et non pas seulement durant la dernière année de ce que l’on appelle la «période Kyoto».

La titulaire du MDDEP estime que d’autres réductions d’émissions, planifiées par le secteur privé et différentes municipalités, pourraient améliorer ce bilan. Mais elle ne peut quantifier ces réductions ni garantir que le Québec respectera la moyenne quinquennale exigée par le protocole, comme l’Europe.

La ministre Beauchamp était de passage à Montréal pour annoncer le lancement du programme gouvernemental Biogaz lequel devrait permettre au Québec de réduire de 3,7 millions de tonnes ou mégatonnes (Mt) ses émissions annuelles quand ce programme aura atteint sa maturité. Cela représente 25 % de la réduction globale que Québec espère réaliser «en 2012» pour ramener ses émissions à 6 % sous la barre de ses rejets historiques de 1990.

Le Québec rejetait en 1990 quelque 86,4 Mt, précisait hier Marcel Gaucher, chef du Bureau sur les changements climatiques au ministère. Le Québec doit ramener ses émissions à 81,2 Mt en moyenne durant la période quinquennale 2008-12 pour atteindre l’objectif de – 6 % prévu au protocole entériné par l’Assemblée nationale. Au dernier bilan dressé en 2005, les émissions québécoises atteignaient 92 Mt, soit un dépassement de 13,3 % de l’objectif de Kyoto. Selon les propos de la ministre Beauchamp, le Québec n’entend pas rattraper en 2010, 2011 et 2012 les dépassements des premières années de la période Kyoto, ce qui garantit un dépassement automatique des objectifs que le Québec s’est engagé à respecter.

Quant au programme Biogaz annoncé par la ministre Beauchamp hier, il s’agit de la mesure la plus efficace du plan québécois actuel de lutte contre les changements climatiques.

Le gouvernement consacrera environ 10 $ la tonne de GES ou 38 millions pour acheter les 3,7 millions d’émissions évitées par les entreprises ou municipalités qui capteront les biogaz produits dans des sites d’enfouissement dont la réglementation n’exige pas obligatoirement le captage. Ce programme vise en somme les sites fermés ou qui reçoivent moins de 50 000 tonnes de déchets par an.

Le méthane produit par la décomposition des déchets organiques dans les sites d’enfouissement est un gaz à effet de serre 22 fois plus actif que le gaz carbonique. Quand on le brûle avec une torchère plantée dans un site d’enfouissement, le CO2 et la vapeur d’eau qui en résultent réduisent de 21 fois le captage de la chaleur solaire du biogaz.

Québec entend procéder par appel d’offres, et il choisira les projets de captage les moins chers et les plus performants pour le climat: une sorte de répétition qui permettra aux entreprises d’ici de vivre les règles de la concurrence d’un éventuel marché d’émissions de GES. La ministre estime que les premiers projets pourraient même démarrer d’ici la fin de l’année, car plusieurs projets seraient fin prêts dans les cartables des entrepreneurs, qui ont dix semaines pour les soumettre.

La ministre Beauchamp a par ailleurs précisé avoir réclamé de son ministère un programme d’inspection des véhicules usagés, qui fera le pendant à son intention d’obliger les véhicules neufs à répondre aux normes californiennes si elles sont adoptées d’ici quelques années. Le plan québécois de lutte contre les changements climatiques de l’an 2000 faisait d’un programme d’inspection des émissions et de la sécurité des voitures et poids lourds la pierre angulaire de sa stratégie en raison de l’énormité des émissions évitées.

Après s’être engagé à le réaliser, le Parti québécois l’a mis sur les tablettes où il dort depuis que les libéraux sont au pouvoir.



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