Marois ajouterait du mordant à l’actuelle loi 101

Le Devoir, lundi le 28 avril

Un gouvernement péquiste mettrait en place de nouvelles mesures pour franciser entreprises et commerces

 

 

Le Parti québécois entend implanter une «nouvelle loi 101» beaucoup plus musclée que la législation actuelle s’il prend le pouvoir aux prochaines élections. C’est du moins ce qu’a promis la chef souverainiste Pauline Marois hier, alors qu’elle était de passage dans la circonscription de Bourget, afin d’encourager le candidat péquiste Maka Kotto, qui tentera de s’y faire élire le 12 mai prochain.

«Des renforcements tellement importants doivent être apportés à une loi qu’il sera plus simple de la remettre sur la table à dessin que d’essayer de rafistoler», a soutenu Mme Marois, précisant que son parti était prêt à faire preuve de «courage» dans le dossier linguistique, contrairement à la «lâcheté» qui caractérise selon elle le gouvernement libéral de Jean Charest.

Les péquistes ont donc présenté une série de propositions qui donneraient selon eux plus de poids à la loi 101. Un gouvernement dirigé par la formation souverainiste mettrait ainsi en place des nouvelles mesures pour franciser entreprises et commerces (de 1 à 50 employés), en tenant compte de certains critères, comme le nombre d’employés et leurs liens directs avec les consommateurs. Afin d’aider les entreprises et les commerces dans ces démarches, des mesures incitatives, comme des crédits d’impôt, seraient mises en place. «Nous n’hésiterons pas à imposer des amendes si les choses ne changent pas», a-t-elle précisé.

On exigerait aussi de tout employeur dont les conditions d’embauche pour un emploi demandent la connaissance d’une autre langue que le français de démontrer la nécessité de cette connaissance pour occuper l’emploi. Mme Marois n’a pas précisé comment on entendait y parvenir. «Au Québec, il y a des droits fondamentaux: celui de travailler en français et celui d’être servi en français», a-t-elle simplement affirmé.

Pauline Marois estime aussi qu’il est nécessaire de rendre la francisation «disponible et obligatoire» pour les nouveaux arrivants. «Est-il normal que 70 % des immigrants qui arrivent ici et qui ne connaissent pas le français ne s’inscrivent pas à un cours [de francisation], a-t-elle lancé. C’est inadmissible. C’est la responsabilité du gouvernement de rendre la francisation disponible et aussi obligatoire.»

De plus, on donnerait davantage de pouvoirs à l’Office québécois de la langue française et les moyens nécessaires pour faire appliquer la loi. L’État utiliserait pour sa part le français «comme langue de l’administration dans ses relations avec les entreprises et les citoyens». Enfin, on renforcerait l’apprentissage du français dans les écoles primaires et secondaires.

Consciente que ce train de mesures impliquerait des changements majeurs, elle a dit vouloir procéder avec des objectifs réalistes «étalés dans le temps, mais avec des obligations de résultats», à l’occasion d’un rassemblement réunissant les trois candidats aux élections partielles, Maka Kotto de Bourget, Nicole Léger de Pointe-aux-Trembles, Gilles Aubé de Hull et environ 250 militants du Parti québécois.

L’élément important, a insisté la chef péquiste, c’est que le temps presse si l’on veut sauvegarder la langue française. «Les indicateurs sont clairs. Le français perd du terrain, en particulier à Montréal», a-t-elle affirmé. Et elle n’est pas tendre envers ceux qui accuseront le Parti québécois de vouloir faire le plein de votes en jouant la carte linguistique: «Retournez voir les études qui ont été finalement rendues publiques, allez voir ce qui ce se passe dans notre administration publique et, surtout, promenez-vous dans certains quartiers de Montréal. Vous reviendrez m’en parler.»

Les adéquistes ont vivement réagi aux propositions péquistes. «Malgré tous les discours péquistes, ce dont les Québécois se souviennent pourtant, c’est que le PQ a coupé dans la francisation des immigrants avant d’être battu en 2003», a ainsi fait la candidate adéquiste dans Pointe-aux-Trembles, Diane Bellemare, par voie de communiqué. Les libéraux n’ont pas réagi aux attaques souverainistes..



Rapport d’Arcticnet

L’équilibre climatique en péril

LOUIS-GILLES FRANCOEUR

Le devoir 

Édition du jeudi 24 avril 2008
La température moyenne du globe pourrait augmenter sensiblement d’ici sept à dix ans

L’équilibre climatique de l’hémisphère nord pourrait «basculer» d’ici sept à dix ans, provoquant une hausse aussi subite que sensible de la température moyenne du globe, en raison de la disparition de plus en plus prévisible de la calotte polaire en été et du réchauffement de l’océan Arctique.

C’est ce qu’affirme Louis Fortier, océanographe de l’université Laval, qui est aussi le directeur d’Articnet, le plus important programme de recherche en réseau sur les changements climatiques à travers le Canada. Ce programme comprend notamment un important volet d’études dans l’océan Arctique lui-même avec le brise-glace Amundsen. Ce dernier est présentement en pleine dérive pour étudier la polynie circumpolaire, soit le mouvement des glaces en fractionnement à la fin de l’hiver.

Le professeur Fortier, qui prononcera ce soir, au Cœur des sciences de l’UQAM, une conférence sur l’accélération des changements climatiques au-delà de toutes les prévisions (N.D.L.R. La conférence a été annulée; voir http://www.coeurdessciences.uqam.ca/), rejoint les conclusions de plusieurs autres éminents chercheurs, dont James Hansen, qui dirige le Goddard Institute de la NASA. Hansen soutient depuis quelques semaines que l’humanité a franchi en 1990 le seuil critique dans le dossier des changements climatiques, lorsque la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère terrestre a dépassé le cap des 350 parties par million (ppm). Nous en sommes présentement à 385 ppm et cette concentration augmente au rythme de 2 à 3 ppm par année. Goddard comme Louis Fortier estiment cependant que la partie n’est pas perdue, mais «que le monde doit se réveiller et vite!»

Selon Louis Fortier, les scientifiques ne peuvent plus hésiter et «doivent dire ce qu’ils savent», quitte à risquer de passer pour alarmistes.

«Les scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) ont été trop timides, dit-il dans une entrevue donnée au Devoir. Le GIEC est commandité par les gouvernements» et ses conclusions doivent faire l’objet de consensus qui ne sont pas arrêtés uniquement par des scientifiques mais aussi par des politiques.

«Cet imprimatur politique, précise Louis Fortier, fait en sorte qu’on arrache toutes les dents de ses rapports. On en est rendu au point où on voit des sceptiques se réfugier derrière les conclusions du GIEC de 2004 pour dire que ce ne sera pas si pire, après tout. Présentement, on sent un remords monter parmi les chercheurs parce qu’on n’a pas été assez ferme, qu’on n’a pas assez défendu nos conclusions. On a plié devant le barrage des négationnistes pour mitiger nos conclusions. C’est grave, parce que les politiques vont certainement nous reprocher de ne pas les avoir avertis à temps. On a aussi été influencé par l’opinion publique qui ne veut pas entendre parler de catastrophes alors que des solutions existent pourtant, dont plusieurs cependant ne veulent pas entendre parler.»

Une accélération forcenée
Pour Louis Fortier, notre équilibre climatique actuel dépend du «bilan radiatif» de notre hémisphère, c’est-à-dire de sa capacité de réfléchir plutôt que d’absorber une importante proportion des rayons solaires grâce au pouvoir réfléchissant de la vaste calotte polaire. Par contre, ce qui se passe présentement accélère la mutation du climat au-delà de toutes les prévisions, dit-il, parce que plus la calotte polaire fond rapidement en été, plus l’océan Arctique absorbe la chaleur solaire, ce qui accélère la fonte de la glace l’année suivante parce qu’elle est moins épaisse d’une année à l’autre.

Tout se passe comme dans l’habitacle d’une voiture stationnée en été, donne-t-il en exemple. Si on enlève les réflecteurs du pare-brise, on provoque une hausse soudaine de la température intérieure. Or, dit-il, on prévoyait il n’y a pas vingt ans que la calotte polaire disparaîtrait vers 2070-2080 si les concentrations de gaz carbonique continuaient d’augmenter. Puis, des modèles plus perfectionnés ont prédit que l’océan Arctique serait libre de glace solide en été vers 2030. Et au rythme où on mesure maintenant la diminution du couvert de glaces, précise Louis Fortier, cela va se produire vraisemblablement dans sept ans environ, vers 2015, à moins d’épisodes météorologiques imprévus.

La calotte polaire de l’océan Arctique, explique le chercheur, a perdu l’été dernier 1,2 million de kilomètres carrés supplémentaires par rapport à 2006. Il y a une trentaine d’années, cette calotte affichait une surface de 8 millions de km2, mais elle n’en compte plus aujourd’hui que 4 millions.

Et, le plus inquiétant, ajoute ce spécialiste des glaces, c’est que la proportion de la «glace pluriannuelle», celle qui est forte et qui durait de deux à 11 ans, diminue sans cesse parce que son épaisseur diminue, ce qui la rend plus friable et la fait passer dans la partie vouée à la fonte annuelle. «De la glace de 10 ans, dit-il, il en reste très peu au pôle Nord.»

Avec la disparition prévisible de la calotte polaire d’ici quelques années, prévoit ce chercheur, c’est tout le bilan radiatif de notre hémisphère qui va soudainement basculer, faute d’apports en froid et en fraîcheur pour maintenir les températures tempérées actuelles. Il faut donc, dit-il, devancer de 30 ans les prédictions du GIEC, ce que corrobore aussi la fonte beaucoup plus rapide que prévu des glaces du Groenland. Cela est d’autant plus compréhensible et inévitable que les modèles prévisionnels utilisés par le GIEC ne tiennent pas compte de la réduction de l’albédo (le pouvoir réfléchissant) de la calotte polaire, tout comme ces modèles ne tiennent pas compte de la diminution de l’épaisseur des glaces.

Un chercheur de l’École navale supérieure d’océanographie des États-Unis a voulu intégrer ces variables et ces conclusions dans un modèle: les conclusions se sont avérées tellement inquiétantes, explique Louis Fortier, que ce chercheur a décidé de ne pas les publier «pour ne pas faire peur au monde».

Un seuil déjà dépassé
James Hansen, le grand patron du Goddard Institute de la NASA, soutient que le seuil de 550 ppm de gaz carbonique ne tient plus, ce qui correspond en gros à une augmentation de la température moyenne de 6 oC. Ce seuil a souvent été évoqué comme celui de la catastrophe climatique totale ou de l’irréversibilité des changements.

Hansen soutient aujourd’hui que même le taux de 450 ppm préconisé par l’Europe comme objectif pour la deuxième phase de Kyoto est trop élevé car, à son avis, si les modèles mathématiques prédisent que c’est le nouveau seuil de l’irréversibilité, la paléontologie nous apprend au contraire que c’est autour de 350 ppm qu’il faut situer ce seuil critique, soit la concentration de CO2 atmosphérique des années 90.

Louis Fortier se dit d’accord avec les conclusions de James Hansen, «si on veut sauver la civilisation».

Si la température moyenne augmentait de 2 à 6 oC sur la planète, dit-il, le climat entrerait dans une phase qui pourrait durer entre 10 000 et 15 000 ans, avant de revenir à ce qu’on connaît aujourd’hui. C’est ce que nous apprennent les traces laissées par le début de l’éocène, il y a 54 millions d’années, le seul moment documenté où on a vu basculer le climat aussi rapidement. Et il a fallu alors quelque 20 000 ans pour que se modifie cette tendance.

La disparition de l’albédo arctique va aussi chambarder profondément cet écosystème et reconfigurer la géopolitique internationale car, dit-il, cette nouvelle mer sera ceinturée par les grandes puissances que sont les États-Unis, l’Europe et la Russie, tout comme il y a 2000 ans les grandes puissances se sont concentrées autour de la Méditerranée.

Et les enjeux économiques, voire alimentaires, seront importants car déjà des pays comme la Corée s’équipent de grands pétroliers capables de naviguer même en hiver dans l’océan Arctique, alors que le Canada ne prévoit pas s’équiper pour patrouiller son propre territoire.

Les pêcheries de cette région, ajoute Louis Fortier, vont profiter des six mois de lumière et d’eaux libres, comme dans la mer du Nord. Si plusieurs espèces actuelles y sont vouées à la disparition — ours polaires, poissons et oiseaux — d’autres les remplaceront et la région deviendra une réserve alimentaire particulièrement convoitée.

Louis Fortier n’est pas sûr du tout que nous sommes collectivement prêts à faire face à des changements climatiques aussi importants et à si court terme, qui risquent de malmener la paix internationale avec leur cortège de réfugiés climatiques, d’affrontements pour le contrôle des eaux douces raréfiées, etc.



De l’éthique conservatrice, # 16345

Loi à géométrie variable

Le devoir

MANON CORNELLIER

Quand on se présente comme un champion de l’ordre public, on suscite des attentes. Celle, entre autres, de respecter la lettre et l’esprit des lois existantes. Les conservateurs de Stephen Harper ont pourtant une étrange façon d’aborder la question.

Ils s’opposent au contrôle des armes à feu? Au lieu de changer la loi, ils suspendent son application pour les détenteurs d’armes de chasse, quitte à faire perdre de l’argent au gouvernement. Ils trouvent la Loi électorale trop contraignante? Ils l’interprètent à leur manière. Et à leur avantage. Surtout depuis que Stephen Harper dirige le parti. Ils ont tenté leur chance avec la divulgation des dépenses et revenus du congrès de 2005, sans succès. L’an dernier, ils ont tenté d’intimider publiquement le directeur général des élections (DGE), Marc Mayrand, pour sa décision sur le vote voilé. Sans succès, encore une fois.

Aujourd’hui, les conservateurs sont dans le pétrin à cause de leur interprétation des dispositions de la loi touchant les dépenses électorales. Durant la campagne de 2005-06, ils ont conclu que le parti pouvait transférer des fonds à des candidats, ce qui est légal si l’intention est de les aider dans leur campagne, mais le parti exigeait le remboursement immédiat de l’argent pour ensuite payer de la publicité essentiellement dépourvue de contenu local ou régional.

En échange de leur coopération, les candidats ont reçu des factures pour ces publicités, documents qui leur servaient à réclamer un remboursement d’Élections Canada. Quant au parti, il n’a pas tenu compte du montant dans son propre bilan, ce qui lui a officiellement permis de respecter sa limite légale de dépenses de 18,3 millions. Autrement, soutient Élections Canada, il aurait dépensé plus d’un million en trop.

Élections Canada a jugé que, si la dépense a été faite par le parti, le parti doit la déclarer. L’organisme indépendant a donc refusé de rembourser les 67 candidats visés. Le PC a répliqué en contestant cette décision devant les tribunaux. Le Commissaire aux élections fédérales, lui, a amorcé une enquête sur l’ensemble du stratagème, enquête qui a mené à la perquisition de la semaine dernière et au cirque médiatique de dimanche.

***

Les conservateurs, qui ont mis en doute l’impartialité du DGE la semaine dernière, sont convaincus d’être victimes de sa rancune. Mais aussi qu’il en va du droit des candidats de choisir le contenu de leurs publicités. (Encore faut-il que la décision et le paiement viennent d’eux.)

En fait, ce sont plutôt les conservateurs aux racines réformistes, Stephen Harper au premier chef, qui semblent avoir une dent contre le DGE et ce qu’ils considèrent comme des obstacles à la liberté d’expression dans la Loi électorale. Avant son retour en politique, Stephen Harper dirigeait la National Citizens Coalition (NCC) et a mené en son nom une charge contre les limites sur les dépenses publicitaires faites par des tiers durant une campagne électorale. Il a eu gain de cause devant les cours albertaines mais a perdu en Cour suprême.

Il n’a jamais attaqué ouvertement les limites imposées aux partis et aux candidats et a même, une fois au pouvoir, resserré la vis en matière de financement. Mais toutes ces restrictions forment un tout et visent à assurer l’équité du système. Si les tiers peuvent dépenser sans compter pour s’en prendre à un candidat, celui-ci est automatiquement désavantagé car ses dépenses sont limitées. Il ne peut se défendre à armes égales. La même chose est vraie pour les partis. Lever un plafond veut dire à moyen terme que les autres sauteront et que l’argent sera encore plus le nerf de la guerre. Dans son jugement de 2004 dans l’affaire Harper, la Cour suprême rappelait l’importance de ce principe d’équité.

C’est encore lui qui est en cause dans cette affaire. S’il fallait que tous les partis adoptent la méthode du PC, cela voudrait dire qu’ils pourraient imputer une partie de leurs dépenses nationales aux circonscriptions qu’ils savent perdues d’avance et ainsi dépenser au-delà de la limite permise. Leur seul frein serait leur capacité financière et, à ce chapitre, on sait que le PC roule sur l’or. Si l’interprétation conservatrice s’impose, les limites de dépenses à l’échelle du pays ne seraient plus qu’une farce, les partis moins nantis étant automatiquement désavantagés. C’en serait fait de l’équité recherchée, qui est un des principes de la Loi électorale.

Personne n’a encore prouvé que le PC a enfreint la lettre de la loi, mais, à la lecture du mandat d’Élections Canada, il est clair qu’on n’a pas respecté son esprit.

Les conservateurs s’abstiendront-ils de récidiver? Difficile à dire. Invité à se prononcer sur la question hier, le premier ministre Harper a soutenu que, «durant la dernière campagne électorale, nous avons respecté les interprétations qui ont été données à la loi par le passé. Si ces dernières changent, bien sûr, nous nous y conformerons, mais nous nous attendrons à ce que les mêmes règles s’appliquent à tous les partis».

Il faudra des mois pour que l’enquête aboutisse ou que la cause devant les tribunaux soit jugée. D’ici là, les chances sont grandes que des élections aient lieu. Après qu’il eut gagné le dernier scrutin en jouant la carte de l’intégrité, on s’attendrait du premier ministre qu’il s’engage à suivre l’avis du DGE en attendant les décisions judiciaires.

Le danger de cette affaire, et de cette ambiguïté, est d’accentuer le cynisme et de décourager encore plus la participation électorale. Contrairement à un scandale autour de quelques individus qui cherchent à s’enrichir aux dépens des contribuables, on allègue ici une atteinte délibérée d’un parti important aux principes et à l’intégrité d’un volet fondamental d’une démocratie moderne, c’est-à-dire un système électoral ouvert, équitable et transparent. Et en s’en prenant à l’indépendance d’Élections Canada, les conservateurs ne se contentent plus de se défendre, ils tentent, comme des joueurs de hockey pris en faute, de s’en prendre à l’arbitre.



Joyeux jour de la terre!

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A quand la fin de la faim?

Emeutes de la faim

Le monde diplomatique

Des « émeutes de la faim » ont secoué ces derniers jours l’Egypte, le Maroc, l’Indonésie, les Philippines, Haïti — où elles ont fait au moins cinq morts et abouti à la chute du gouvernement —, ainsi que plusieurs pays africains : Nigeria, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mozambique, Mauritanie, Sénégal, Burkina Faso… Si l’Afrique est particulièrement vulnérable, c’est parce qu’elle subit la « destruction systématique de ses agricultures vivrières », dénonçait Jean Ziegler, rapporteur spécial de la commission des droits de l’homme des Nations unies pour le droit à l’alimentation, dans un article publié en mars sur notre site : « Réfugiés de la faim ».

« Entre 1972 et 2002, le nombre d’Africains gravement et en permanence sous-alimentés a augmenté de 81 à 203 millions. Les raisons sont multiples. La principale est due à la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne.
Les Etats industrialisés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de subventions à la production et à l’exportation. L’Union européenne, en particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille. Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières africaines.

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Indice de développement humain, 2005 – Carte de Philippe Rekacewicz

Prenons l’exemple de la Sandaga, le plus grand marché de biens de consommation courante de l’Afrique de l’Ouest. La Sandaga est un univers bruyant, coloré, odorant, merveilleux, situé au cœur de Dakar. On peut y acheter, selon les saisons, des légumes et des fruits portugais, français, espagnols, italiens, grecs, etc. — au tiers ou à la moitié du prix des produits autochtones équivalents.
Quelques kilomètres plus loin, sous un soleil brûlant, le paysan wolof, avec ses enfants, sa femme, travaille jusqu’à quinze heures par jour… et n’a pas la moindre chance d’acquérir un minimum vital décent.
Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque purement agricoles.
Peu d’êtres humains sur terre travaillent autant et dans des conditions aussi difficiles que les paysans wolof du Sénégal, bambara du Mali, mossi du Burkina ou bashi du Kivu. La politique du dumping agricole européen détruit leur vie et celle de leurs enfants. »



Des moines en mode violence?

Voici peut-être la raison…

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Photoshop? Mmmm… je ne pense pas…

-L’aurore Boréale



Le Québec à l’heure des Lucides?

Pas pour moi!

-L’Aurore Boréale

 Pour en finir avec la «culture de la gratuité»

Robert Dutrisac, Le Devoir

Les Québécois devraient se résigner à payer plus cher pour les services publics

Québec — Il faut mettre fin à la «culture de la gratuité» au Québec ainsi qu’aux bas tarifs pour les services publics comme l’électricité et l’éducation universitaire. Il faut aussi relever les frais des services de garde, tarifer l’eau et envisager des péages pour entrer dans l’île de Montréal. C’est à un profond changement de mentalité que convie le rapport du Groupe de travail sur la tarification des services publics, rendu public hier par l’économiste Claude Montmarquette et l’ancien ministre péquiste Joseph Facal alors que l’autre auteure, la consultante Lise Lachapelle, était absente.

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«La tarification utilisée de façon efficace et équitable constitue un outil d’enrichissement collectif et d’amélioration du bien-être de tous», a fait valoir Claude Montmarquette. Ne pas hausser les tarifs de façon appropriée entraîne des «rattrapages brutaux», note le groupe de travail.

«Nous vivons dans ce que j’appellerais une culture de la gratuité», a souligné Joseph Facal, parce que le coût des services publics est «noyé» dans les contributions fiscales. «Cette perception des choses, largement décrochée du réel, est encore plus forte chez ceux qui ne paient pas d’impôt.»

D’une façon générale, les auteurs veulent que la tarification ne soit plus soumise à la pression politique ou, à la rigueur, le moins possible. Ils souhaitent que le gouvernement adopte une loi-cadre pour fonder une nouvelle politique de tarification basée sur six principes: la couverture des coûts, la transparence, la solidarité envers les plus démunis, l’affectation des revenus de la tarification aux services visés, la reddition de comptes et l’évaluation des futures politiques qui comporteraient un volet tarifaire.

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, qui a commandé ce rapport l’an dernier sous la pression de l’Action démocratique du Québec, a indiqué hier que la hausse des tarifs n’apparaissait pas sur son «écran radar» et qu’elle se contenterait d’une loi-cadre qui rendrait moins «opaque», plus «franche», la fixation des tarifs. «Ne surestimez pas le rôle que je joue au sein du gouvernement», a lancé Mme Jérôme-Forget lors d’un point de presse. La commission des Finances publiques devrait être saisie du rapport, comme le souhaite la ministre, les deux partis d’opposition s’étant montrés ouverts à l’idée.

Il faut dissocier le tarif de l’aide aux plus démunis, estime M. Montmarquette. «La vraie solution, ce n’est pas des tarifs bas pour tout le monde mais d’aider spécifiquement les plus démunis», a renchéri M. Facal. «Disons que nous nous engageons dans un long chemin.»

Les revenus tarifaires s’élèvent à 22 milliards au Québec, dont les tarifs d’électricité comptent pour 9,4 milliards. Or il existe un écart de près de cinq milliards par année avec la moyenne canadienne, ou 651 $ par habitant.

Les services publics ne sont pas gratuits: si les tarifs ne couvrent pas les coûts, ce sont les impôts et les taxes qui les paient, rappelle le groupe de travail. Les bas tarifs profitent en premier lieu aux plus nantis. Et ils portent au gaspillage, comme c’est le cas des tarifs d’électricité. «Qui a les moyens de gaspiller? Précisément les plus nantis», a avancé M. Facal. Des tarifs adéquats entraînent de l’efficacité, une plus grande qualité des services et un usage plus judicieux du bien offert par «l’utilisateur-payeur».

De même, les droits de scolarité universitaire peu élevés sont une subvention directe aux plus nantis, soutiennent les auteurs. Le statut économique des parents joue pour beaucoup dans la fréquentation de l’université, tout comme la qualité des écoles fréquentées, notamment les écoles privées, font-ils valoir. C’est d’autant plus vrai pour les disciplines les plus contingentés comme la médecine, celles qui assurent les meilleurs revenus sur le marché du travail.

Le rapport recommande donc de hausser les droits de scolarité mais de façon différenciée, beaucoup plus pour la médecine, la dentisterie et le génie, par exemple, que pour les sciences sociales, l’agronomie ou les lettres. D’après une étude de 2004, la différence de revenu pour un étudiant qui décroche un doctorat en médecine est de 2,3 millions, contre un million pour l’étudiant en droit et 205 000 $ pour le diplômé en lettres. En outre, il en coûte beaucoup plus cher pour enseigner la médecine dentaire (24 554 $) que le droit (5210 $) ou les sciences humaines (4213 $).

Les auteurs estiment que la hausse graduelle des droits, associée à une augmentation des prêts et bourses, n’aurait pas d’effet sur la fréquentation des universités au Québec, d’ailleurs une des plus faibles au Canada. Si ces droits atteignaient la moyenne canadienne, les universités québécoises empocheraient 415 millions de plus par année.

En matière de tarifs d’électricité, le rapport Montmarquette est radical. Les Québécois devraient payer non pas le coût de production et de distribution d’Hydro-Québec (à l’heure actuelle, ils versent d’ailleurs davantage que les coûts réels assumés par la société d’État) mais le «coût d’opportunité», c’est-à-dire les tarifs qu’Hydro-Québec pourrait tirer de la vente d’électricité à New York ou en Ontario. Or le prix de l’électricité à New York est 3,5 fois plus élevé qu’au Québec. Les auteurs comparent l’électricité du Québec au pétrole de l’Alberta: les Albertains paient le prix mondial pour le pétrole qu’ils consomment chez eux. De façon plus réaliste, ils notent que si les tarifs d’Hydro-Québec atteignaient la moyenne canadienne, soit un tarif résidentiel supérieur de 50 %, la société d’État encaisserait deux milliards de dollars de plus chaque année.

En matière de péages routiers, le rapport recommande que le ministère des Transport reçoive le mandat d’étudier la possibilité d’implanter un péage urbain autour de l’île de Montréal ou de l’agglomération. Les revenus de ces péages serviraient à investir dans les transports en commun.

Les auteurs proposent que toute nouvelle infrastructure routière soit à péage dans la mesure où il existe une voie alternative. Le gouvernement devrait aussi envisager de moduler les droits d’immatriculation en fonction du kilométrage annuel parcouru.

Les municipalités du Québec devraient munir de compteurs d’eau non seulement les industries et les commerces mais aussi les résidences. Le rapport indique que le comptage universel de la consommation d’eau permet de réduire celle-ci de 15 à 30 %.

En ce qui a trait aux garderies, le rapport Montmarquette propose d’augmenter périodiquement la contribution des parents, fixée à 7 $ par jour à l’heure actuelle. Le groupe de travail voit dans les services de garde subventionnés «l’exemple parfait d’une politique publique dont le coût a été mal évalué lors de sa mise en place et dont la tarification est directement soumise à la pression politique».



L’eau de la palestine

Parcourez ce document… il en vaut la peine.

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L’eau de la palestine



Les commandites…. 8 ans plus tard

Les études réalisées grâce aux commandites sortent enfin

Denis Lessard, La Presse

Le gouvernement Chrétien voulait déclencher une nouvelle bataille des plaines d’Abraham. Avec cette fois les souverainistes québécois.

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Après trois ans d’attente, La Presse a finalement obtenu les études réalisées pour le compte de la Société du parc des champs de bataille à Québec par une série de firmes de communications, dans le cadre du programme de commandites. Un million de dollars de fonds publics ont été versés par Travaux publics Canada dans des études, des plans de communications et des stratégies qui paraissent passablement superficiels avec le recul.

Ces documents avaient été mis sous scellé à l’époque de la commission Gomery, une précaution prise par le ministère fédéral de la Justice au cas où un procès aurait été intenté dans ce dossier.

Les analyses chèrement payées par le gouvernement fédéral stupéfient par leur candeur. Un document d’avril 1999 soutient que tous les efforts du gouvernement Bouchard en faveur de la souveraineté annoncent « l’imminence d’un référendum », et l’agence suggère une série de mesures ne totalisant pas moins de 2,9 millions de fonds publics pour servir une réplique musclée au gouvernement souverainiste.

La firme Gosselin communications, achetée par Jean Brault et Groupaction, dans des études très schématiques en 1998, a inclus les résultats des référendums de 1980 et 1995 dans la « stratégie de communications » produite pour la société fédérale. On avait même ajouté au document, photographiées en vrac, les données du recensement de Statistique Canada pour les municipalités de la région de Québec. On concluait sommairement que la population de la région était vieillissante et que, dans le débat national, elle était « toujours à la recherche de son identité et demeure profondément divisée quant à ses choix de société » sur la base des résultats référendaires.

Devant la commission Gomery, en mars 2005, il avait été indiqué que près de 1 million de fonds publics avaient été injectés par Travaux publics Canada dans les commandites pour se servir des plaines d’Abraham pour accroître la visibilité du gouvernement fédéral.

Un patron de Gosselin communications était venu expliquer que sa société de
consultants avait versé des fonds au Parti libéral du Canada, sommes qui lui avaient été remboursées par la suite par Jean Brault, le patron de Groupaction qui profitait largement de la manne des contrats de commandites du gouvernement Chrétien.

La firme Commando Communications Marketing avait envoyé des factures et s’était fait payer des honoraires professionnels par M. Brault pour des études de marché, des sondages, des entrevues, des groupes de discussion, du travail qui n’avait jamais été accompli. La même firme avait embauché, pour rendre service à Jean Brault, quatre personnes associées aux libéraux, des contrats totalisant 43 000 $.

Une autre étude, de 1999, relève des déclarations publiques du premier ministre Lucien Bouchard qui se disait, fin avril, prêt à injecter 1 million de fonds publics pour promouvoir la souveraineté, et fait état de son refus de discuter de « l’union sociale » avec les autres provinces.

On relevait aussi que la Commission de la Capitale nationale, un organisme québécois, disposait de 30 millions pour accroître la visibilité du gouvernement souverainiste. « Le PQ s’immisce partout, dans les CLD, les syndicats, Innovatech, les Fonds d’investissements » prévenaient les spécialistes de Gosselin communications.

D’autres observations d’une lancinante lucidité : « Le gouvernement du Québec est en contact plus direct avec la population par la nature de ses services » et « le gouvernement du Canada n’a que très peu d’activités politiques dans la région, son centre de décisions et d’opérations étant à Ottawa ».

On déplorait que les employés du gouvernement fédéral à Ottawa, et les cadres des sociétés fédérales « malheureusement n’osent se commettre ou s’exposer politiquement ». Ottawa pour sa visibilité à Québec ne pouvait compter que sur le Conseil pour l’unité canadienne, et le bureau régional des ministres.

Avec la collaboration de William Leclerc



Un pays qui aurait du sens

Guillaume Bourgault-ôté
Le Devoir

Dans une série de huit heures, Hugo Latulippe propose une redéfinition de la social-démocratie

La phrase a le ton d’un graffiti dont les lettres claquent sur les murs: «Nous sommes plusieurs à rêver la chute de l’Amérique», dit Hugo Latulippe. Qui précise: la chute d’un système. Sur les ruines duquel le cinéaste aimerait voir s’élever une social-démocratie redéfinie, plus humaine et plus verte.

 C’est donc le portrait de celle-ci que le cinéaste brosse dans Manifestes en série, titre coiffant la série documentaire de huit heures qu’il vient de terminer et qui sera diffusée d’ici deux semaines à Canal D. Une série née de l’idée d’offrir, 38 ans plus tard, une suite à Un pays sans bon sens, le documentaire de Pierre Perrault.

La filiation va de soi. Car comme Perrault, Hugo Latulippe croit fermement à la contribution sociale du cinéma et du documentaire. À un art qui «documente les transformations du Québec et qui contribue en même temps à ces changements», disait-il la semaine dernière en entrevue au Devoir, sous le soleil d’un premier après-midi printanier.

Ainsi en est-il de ces huit manifestes qui ambitionnent de révéler «un Polaroïd social, politique et culturel du Québec d’aujourd’hui». Pendant trois ans, Latulippe et son équipe ont sillonné le territoire — ville et région — pour aller recueillir la parole de gens qu’il présente comme une «famille de progressistes». Des acteurs engagés dans un quotidien à échelle humaine, citoyens de tout horizon qui racontent «le Québec rêvé» par Hugo Latulippe.

«La chose la plus subversive qu’on pourrait dire est que la série brosse le portrait du Québec, explique le cinéaste. Ce n’est pas ça, et Mario Dumont ne serait sûrement pas d’accord pour dire que c’est le Québec qu’il désire.» Il s’agit plutôt d’un «certain portrait», dit-il, conscient qu’un documentaire est «forcément orienté, teinté de l’opinion de la personne qui le fait. Il y a une organisation dramatique de personnages et de symboles. C’est une forme de théâtre».

Un théâtre où la prise de position est assumée et le ton — politique –, revendiqué. Mais où on propose aussi et surtout des solutions: critiquer pour critiquer n’intéresse pas Hugo Latulippe. La «chute de l’Amérique» qu’il évoque comme un credo, c’est une façon de parler «d’un autre rêve», dit-il, de faire un pas en avant.

Celui qui affirmait avoir fait Bacon, le film pour «ne pas devenir terroriste» présente ses «manifestes» (chaque épisode aborde un thème précis: culture, santé, agriculture, transport… ) comme autant de solutions concrètes et de modèles alternatifs possibles pour «amener la social-démocratie ailleurs».

Ton calme, regard bleu perçant, Hugo Latulippe explique: «Le paradigme industriel [actuel] est une grosse machine où l’humain se perd et où on perd le sens du projet de société, de soigner, d’éduquer, de cultiver… La social-démocratie est « challengée » de toute part aujourd’hui. Et le gros bon sens de l’élite économique et politique, c’est souvent d’aller vers une plus grande libéralisation, vers moins de souveraineté pour les États. J’ai l’impression que les Québécois n’ont pas encore bien réalisé qu’on va perdre du terrain bientôt [si rien ne change].»

Mais pas question de tout jeter à la poubelle pour rebâtir un système radicalement différent, dit le cinéaste. Les bases québécoises sont bonnes, affirme-t-il, «bien meilleures qu’ailleurs». Sauf qu’elles ne sont pas acquises et qu’il importe aujourd’hui de faire le choix entre «résister et laisser aller».

Sa position à lui est claire. «On a bâti un système qui fait qu’on peut tous aller à l’école pour pas trop cher, qu’on peut tous être soignés pour pas trop de sous… Il ne faudrait pas laisser aller ce projet de société. On ne peut pas l’abandonner au point où on est arrivés.»

Cela dit, Latulippe est optimiste quant aux possibilités de façonner le Québec de demain avec des solutions durables. Notamment parce que les intervenants de Manifestes en série font déjà tous les jours le choix de ces gestes de résistance. Ici, un professeur enseigne la réflexion plutôt que l’obéissance. Là, une infirmière croit que la relation humaine entretenue avec le patient cimente la guérison davantage que les médicaments.

«Il faut demeurer exigeant envers un projet de société, croit Hugo Latulippe. Les gens que nous avons rencontrés ont tous cette exigence: ils ne suivent pas une ligne précise mais se considèrent toujours en construction. Ils sont prêts à se refaire et à se questionner. C’est la clé pour ne pas devenir de vieux cons.»

Tournée

Ces intervenants, Hugo Latulippe les considère aussi comme «des amis», des «gens de partout qui ont une vision assez similaire de la société». Il les a pour la plupart rencontrés en promenant ses films Bacon… et Ce qu’il reste de nous (sur le Tibet, coréalisé avec François Prévost) à travers le Québec.

Il répétera d’ailleurs le même concept avec Manifestes en série: l’Institut du Nouveau Monde s’est associé à Esperamos Film (la boîte de production du cinéaste) et à Canal D pour organiser plusieurs soirées projection-débat, question de pousser plus loin l’intention de Latulippe de «mettre sur la place publique, par des films, des idées nouvelles». Le documentariste estime que c’est là l’occasion d’accentuer la «contribution des arts à la société» et de «retourner [les films] d’où ils viennent»: dans la communauté. Peu importe qu’elle soit citadine ou rurale.

«La série est née d’un amour profond pour le pays et le projet de pays, dit Hugo Latulippe. Pas au sens Québec-Canada et débat constitutionnel du terme, mais dans l’idée d’habiter ensemble sur un même territoire, villes et régions confondues. J’ai un amour profond pour le territoire du Québec. C’est quelque chose de central: une vie proche des éléments et des écosystèmes, c’est primordial… Il faut savoir aimer notre pays pour le défendre et en prendre soin. J’ai cette passion-là.»

Les «manifestes» prendront donc la route sous peu. Après quoi, l’ancien concurrent de la Course destination monde retournera plancher sur deux autres projets de film. Une première fiction, tournée en Afrique du Sud, sorte de road-movie remontant la route du sida. Puis un autre documentaire, mettant en parallèle le tournage de Stromboli, film de Roberto Rossellini portant entre autres sur la pêche au thon, et la signature au même moment des accords de Bretton Woods aux États-Unis.

«Ça, c’est si je ne me recycle pas en écrivain, dit-il. C’est tellement compliqué de faire du cinéma!» Mais pas de crainte là-dessus: Hugo Latulippe avoue du même souffle que de pouvoir «placer une petite phrase rentre-dedans» dans 200 000 ou 300 000 foyers donne une sacrée dose de satisfaction…



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