Encore des émeutes au niveau mondial

-Mis en parrallèle avec les mouvements de grève contre la fin, cet autre soubressaut montre-t-il que nous arriverionsà un essoufflement du modèle actuel de notre société? La financiarisation jusqu’au boutiste de notre monde, le système neo-capitaliste et ces effets pervers, montrerait-il des signes sérieux d’épuisement? Serait-il enfin en bout de parcours?

l’auroreboréale

Grogne mondiale contre le prix du pétrole

Le Devoir

Paris — L’envolée vertigineuse des prix de l’essence a incité hier des milliers de manifestants un peu partout au monde à exprimer une colère qui ressemble de plus en plus à un mouvement de fond. De nombreuses grèves sont prévues pour les prochains jours, alors que la classe politique cherche des solutions.

Hier, des agriculteurs, des routiers et des pêcheurs européens ont tous exprimé leur ras-le-bol devant une situation qui semble hors de contrôle. En France, les forces de l’ordre ont dû charger des agriculteurs qui bloquaient le dépôt pétrolier de Frontignan. Des agriculteurs ont également manifesté dans le nord de la Bretagne, à Lille, à Toulouse et à Montpellier.

Le mouvement des marins-pêcheurs français a aussi marqué le pas. Le travail a certes repris dans le premier port français en tonnage, Boulogne-sur-Mer, mais les pêcheurs ont poursuivi de nombreuses actions coup-de-poing ailleurs au pays.

Dans l’ouest, ils ont installé des barrages filtrants et déversé trois tonnes de poisson sur la chaussée. À Perpignan, une cinquantaine de marins-pêcheurs se sont emparés des produits de la mer d’une grande surface pour les donner aux passants.

Les pêcheurs ont été rejoints par des ambulanciers qui ont mené une opération escargot pour réclamer un carburant moins cher. Près de Toulouse, des agriculteurs ont bloqué un dépôt de carburant.

La colère des pêcheurs a autrement continué à s’étendre en Europe, notamment en Espagne où plusieurs ports catalans sont touchés et où a été lancé un appel à une «grève illimitée» à partir de demain. Les pêcheurs portugais devaient également se mettre en grève illimitée demain, et les pêcheurs italiens envisageaient de faire de même.

En Bulgarie, environ 150 camions ont défilé sur le boulevard circulaire de Sofia, demandant au gouvernement la «maîtrise de la hausse spéculative du prix du diesel». Les sociétés de transport d’autobus ont menacé pour leur part d’arrêter durant une heure le transport des passagers demain.

Aux Pays-Bas, les deux premières organisations de transporteurs ont appelé les routiers à manifester leur mécontentement en klaxonnant à des heures précises. Des panneaux seront aussi disposés près d’endroits très fréquentés. Ils proclameront que «la coupe est pleine, le réservoir est vide». Le syndicat de patrons routiers espagnols Fenadismer, minoritaire, a appelé à une grève illimitée à partir du 8 juin.

En Autriche, le gouvernement a annoncé qu’il allait débourser 60 millions d’euros pour financer une série de mesures pour réduire les frais de transport.

En Indonésie, des étudiants en colère ont tenté sans succès de forcer des barrages policiers pour bloquer le convoi du vice-président Jusuf Kalla, tandis qu’à Surabaya, deuxième plus grande ville du pays, des centaines d’étudiants et de pêcheurs ont bloqué une autoroute et intercepté un camion qui transportait du kérosène. Ils dénonçaient tous une hausse annoncée de 30 % des prix.

L’Indonésie a d’ailleurs annoncé hier qu’elle allait se retirer de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Seul pays d’Asie du Sud-Est membre du cartel qui regroupe 13 pays producteurs, l’Indonésie a vu sa production décliner depuis 1995 et est désormais devenue importatrice nette.

Les cours du pétrole brut, à près de 130 $ le baril hier soir, ont été multipliés par six depuis 2002. Ils avaient franchement reculé mardi et hier sur les marchés financiers, les analystes s’attendant à une baisse de la demande, avant de rebondir.

Politique

Sur le plan politique, pressés par cette grogne internationale, plusieurs pays européens ont appelé à agir pour contrer la hausse des prix du pétrole, mais sans suivre Nicolas Sarkozy et son idée de plafonner la TVA sur les carburants.

«Il s’agit d’un problème mondial d’offre et de demande, pas seulement à court terme mais à moyen et à long terme», a déclaré hier le premier ministre britannique Gordon Brown.

M. Brown, qui participait en Écosse à une réunion de dirigeants de groupes pétroliers, a appelé ceux-ci à faire connaître leurs idées pour accroître l’offre pétrolière alors que les prix du baril s’envolent. Pour agir sur l’offre, la ministre française de l’Économie, Christine Lagarde, a demandé mardi que les pays du G7 saisissent les pays producteurs de pétrole pour obtenir une hausse de la production.

Le ministre portugais de l’Économie, Manuel Pinho, a appelé l’UE à débattre «de toute urgence» de mesures permettant de «minimiser l’impact de la hausse des prix du pétrole», dans une lettre adressée à son homologue slovène, dont le pays préside l’UE.

«Nous avons travaillé dernièrement sur une amélioration de l’efficacité énergétique, la modernisation du système des transports, la création d’un marché unique de l’énergie, une meilleure utilisation des énergies renouvelables et une politique industrielle solide. Autant de bonnes solutions que nous devons mettre en place rapidement», a-t-il souligné.

Plusieurs pays ont par ailleurs demandé des mesures pour les secteurs les plus en difficulté. La France et l’Espagne ont demandé mardi que l’UE verse des aides directes aux pêcheurs européens, tandis qu’hier, le ministre bulgare de l’Économie a indiqué que des mesures européennes visant à alléger la situation des transporteurs routiers étaient à l’étude.

En revanche, les responsables européens se sont déclarés globalement sceptiques sur la proposition lancée mardi par le président français Nicolas Sarkozy de plafonner le prélèvement de la TVA sur les carburants, afin de limiter les effets de la flambée des cours du brut.

Alors que la Commission européenne avait jugé mardi que ce serait un «mauvais signal» aux pays producteurs qui pourraient augmenter encore leurs prix, le commissaire aux affaires économiques, Joaquin Almunia, s’est déclaré favorable hier seulement aux «mesures concrètes et précises pour aider les secteurs les plus faibles».

***

D’après l’Agence France-Presse



La démocratie selon Israel

Pour ceux qui croient encore qu’Israël est une démocratie !

    En fait, Israël représente le phare de la démocratie occidental au Proche-Orient… Une caricature faisant apparaître tout le contrôle de l’information par des intérêts particuliers détenant le 
pouvoir.

fourni par un lecteur

05.23.2008 | MOnsters & Critics

Jerusalem – The US political author and critic of Israel Norman Finkelstein was denied entry to the Jewish state on Friday, his lawyer said.

Finkelstein landed at Ben Gurion international airport near Tel Aviv in the early morning and was told by a representative of the ministry of interior that he would not be allowed into the country on 
‘security’ grounds, attorney Michael Sfard told dpa. ‘This usually means a 10-year ban on entry,’ Sfard added.

Finkelstein, who is Jewish and the son of Holocaust survivors, has written critical books on Israeli policies in the Palestinian territories and on what he called ‘exploitation’ of the Jewish 
tragedy during World War II.

Finkelstein has received with the fierce disapproval of some authors and academics, while others have praised his controversial works.

http://www.normanfinkelstein.com/article.php?pg=11&ar=1700



Accomodements raisonnables: le rapport

Bernard Descôteaux

Le Devoir

La commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles a clos ses travaux hier en déposant son rapport. Pour autant, ses recommandations ne mettront pas fin au débat. Beaucoup reste à être discuté. Beaucoup de travail attend les Québécois de toutes origines pour que se réalise cette «vision d’avenir crédible et porteuse» qu’elle nous propose.

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Les travaux de cette commission ont été dès le départ l’objet de critiques, voire de quolibets, alors que les deux commissaires parcouraient le Québec pour entendre leurs concitoyens s’exprimer sur la question des accommodements raisonnables. L’exercice a permis un dialogue et contribué à désamorcer une problématique qui était en train de se transformer en crise. Une crise qui, si elle a existé, en était une de perceptions exacerbées par les médias, par les politiciens et par l’effet de la rumeur. La création de la commission a certainement permis d’éviter les dérapages.

Utile, l’exercice était aussi nécessaire. Le Québec est confronté, comme bien d’autres sociétés occidentales, au défi de la diversité. La mondialisation, les flux migratoires, les outils de communication abolissent les frontières et favorisent une diversification ethnique qui ébranle l’identité des groupes majoritaires comme celui que forment les «Québécois d’origine canadienne française». À la source du débat des accommodements raisonnables, il y avait les inquiétudes de ceux-ci. Une réflexion s’imposait sur «le Québec en devenir» que la commission a le mérite d’avoir amorcée. Son rapport a des qualités pédagogiques certaines et les tablettes sur lesquelles il doit se retrouver sont celles des librairies pour qu’il soit accessible à tous ceux qui voudront participer à cette réflexion.

Ce que les commissaires Bouchard et Taylor proposent aux Québécois d’origine canadienne française est un partage de l’espace identitaire québécois avec les autres identités. Ce partage est nécessaire. Il ne sert à rien de se réfugier dans le déni, comme certains pourront être tentés de le faire. Si on ne le fait pas, nous serons confrontés à la fragmentation et à l’exclusion desquelles naîtront des tensions. Elles ne seront pas de l’ordre de la perception, mais bien réelles.

L’intérêt de la démarche proposée par Charles Taylor et Gérard Bouchard est de ne pas reposer sur des renoncements. Elle est au contraire dans la continuité des choix faits ces 50 dernières années, qu’il s’agisse de la laïcité de l’État, de l’adoption du français comme langue commune ou de la politique d’interculturalisme qui inspire les pratiques québécoises d’intégration des immigrants. Ils misent sur l’esprit d’ouverture et de conciliation tant des citoyens québécois que des nouveaux arrivants pour que se développe une volonté de vivre ensemble. L’intégration des immigrants ne peut être une voie à sens unique.

Les commissaires voient juste lorsqu’ils recommandent ainsi de favoriser la déjudiciarisation des pratiques d’accommodement raisonnables au profit d’une «voie citoyenne» reposant sur le compromis et la négociation. Il ne s’agit pas de tout permettre. Il y a des principes et des valeurs à respecter comme l’égalité hommes-femmes, mais ce processus permet de responsabiliser les citoyens. Il faut cependant accepter le dialogue.

Les recommandations et observations de la commission ne feront pas toutes l’unanimité. Plusieurs invitent au débat. La politique de laïcité ouverte préconisée par la commission ne manquera pas de heurter les intégristes de toutes allégeances. L’affirmation plus nette de la séparation des Églises et de l’État préconisée est somme toute modérée. On pourrait souhaiter qu’elle aille plus loin lorsqu’il s’agit, par exemple, du port ostensible de signes religieux par des agents de l’État. Encore faudrait-il qu’on puisse en discuter. Malheureusement, les députés ont donné un bien mauvais signal hier en adoptant une motion pour maintenir la présence dans l’enceinte de l’Assemblée nationale du crucifix que la commission suggérait de retirer. Débat clos sans préavis.

Cette motion est venue du premier ministre Charest qui craint les terrains politiquement trop sensibles. D’emblée, il ne retient pas non plus cette affirmation des commissaires voulant que la première leçon à tirer des événements récents est que «la francophonie québécoise a besoin d’une identité forte pour calmer ses inquiétudes et pour se comporter comme une majorité tranquille». Il rejette les appels de l’opposition à répondre au malaise identitaire par une démarche consensuelle de l’ensemble des partis présents à l’Assemblée nationale. N’accordant pas de valeur aux gestes symboliques comme l’adoption d’une constitution québécoise, il veut plutôt «protéger et perpétuer la langue française» par des gestes ponctuels. Eu égard aux gestes posés par le gouvernement Charest par le passé, on peut se demander s’ils sauront redonner à la majorité francophone la sécurité culturelle qu’elle recherche.



L’OMC plante le décor pour la conclusion du cycle de Doha

AFP

L’OMC a dévoilé hier le décor qui devra servir de cadre dans les prochaines semaines à la négociation finale d’un accord mondial de libéralisation des échanges, soumettant à ses 152 États membres de n

Photo: Agence France-Presse
Genève — «Nous nous approchons de la fin de la partie», a lancé dans un communiqué le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, alors que les deux médiateurs chargés de la négociation sur l’agriculture et les produits industriels publiaient de nouvelles versions de leur projet d’accord.

Une négociation «horizontale», c’est-à-dire faisant le lien entre ces deux domaines cruciaux, devrait s’engager d’ici à la fin du mois au niveau des chefs négociateurs, selon des sources diplomatiques. Si cette discussion avance, les ministres du Commerce pourraient venir à Genève avant la fin juin pour conclure la négociation sur l’agriculture et l’industrie, tout en abordant aussi la question des services et des règles commerciales.

Un compromis sur l’architecture générale d’un accord de baisse des barrières douanières permettrait d’achever avant la fin de l’année le cycle de négociation de Doha lancé en 2001 dans la capitale du Qatar.

Ce cycle, qui aurait déjà dû être bouclé à la fin de 2004, oppose les pays en développement, qui dénoncent les politiques agricoles des pays du Nord, à ces derniers qui demandent aux États émergents d’ouvrir davantage leurs marchés aux services et aux produits industriels. Pascal Lamy espère pouvoir faire ratifier un éventuel accord par le Congrès américain avant le départ de l’administration Bush en janvier prochain.

Le nouveau texte

Le nouveau texte agricole diffère peu de sa précédente version en ce qui concerne les grands chiffres de la négociation, qui restent entre parenthèses et devront être décidés par les ministres lors de la discussion finale: baisse moyenne de 54 % des droits de douane agricoles des pays développés (36 % pour les pays en développement) et baisse de 75 % ou 85 % des subventions agricoles de l’UE (66 % ou 73 % pour le Japon et les États-Unis).

Le projet avance surtout sur la question des produits «sensibles» que les États pourront mettre à l’abri d’une baisse trop forte des droits de douane. Les pays développés pourront qualifier de «sensibles» jusqu’à 4 % ou 6 % de leurs lignes tarifaires (ou produits d’importation). Ils devront en échange s’engager à laisser entrer un quota de produits importés.

Du côté des produits industriels, le médiateur Don Stephenson a proposé un système à la carte à la trentaine de pays émergents qui devront ramener leurs droits de douane sous un maximum de 19 % à 26 %: plus ces droits baisseront, plus ils pourront protéger leurs produits sensibles.

Devant la presse, M. Stephenson s’est dit frustré que plusieurs pays aient laissé la négociation sur les produits industriels à la remorque de la négociation agricole. «Il est difficile d’appeler négociation ce qui s’est passé avec les produits industriels», a-t-il déploré.

Américains et Européens ont indiqué qu’ils étudiaient les derniers textes en provenance de l’OMC. «Nous sommes prêts à faire les choix politiques difficiles afin de parvenir à un accord, tout comme les autres devront le faire aussi», a déclaré une porte-parole à Washington.

Le Canada préoccupé

Le Canada s’est dit «très préoccupé» hier par ces nouvelles propositions, et réaffirmé qu’Ottawa défendrait fermement la «gestion de l’offre».

«Le Canada est très préoccupé par certains éléments de l’ébauche de document du président; et je suis particulièrement déçu par le fait que le dossier des produits sensibles avance si lentement», a déclaré le ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, dans un communiqué.

La gestion de l’offre a été mise en place au Canada au début des années 1970 dans les domaines de la production laitière et l’industrie de la volaille. Elle vise à contrôler la production et les importations pour assurer un revenu stable aux agriculteurs. «Au fur et à mesure que nous avançons, je veux souligner que le gouvernement continuera à soutenir fermement la gestion de l’offre», a souligné le ministre.

«Le Canada accueille favorablement les derniers efforts de M. Crawford Falconer [chef du groupe de négociations sur l'agriculture] pour faire avancer les négociations sur l’agriculture. Mais, au cours des pourparlers, le Canada reste ferme dans sa position sur les produits sensibles», a-t-il ajouté.



Main basse sur l’alimentation planétaire

LOUIS-GILLES FRANCOEUR
Le Devoir

Marie-Monique Robin se devait de faire un livre et un documentaire sur Monsanto parce que, dit-elle, «j’ai découvert que Monsanto est une des entreprises les plus controversées de l’ère industrielle parce qu’elle a toujours caché l’extrême toxicité de ses produits. Qu’en est-il aujourd’hui? Nous dit-elle la vérité sur les OGM? Peut-on la croire quand elle dit que les biotechnologies vont résoudre le problème de la faim et de la contamination environnementale? Pour répondre à ces questions, qui nous concernent tous, j’ai repris mon bâton de pèlerin, voyageant sur trois continents, où j’ai confronté la parole de Monsanto à la réalité du terrain, rencontrant des dizaines de témoins que j’avais préalablement identifiés sur la Toile. Et je suis sûre aujourd’hui qu’on ne doit pas laisser cette entreprise s’emparer des semences et, donc, de la nourriture du monde».

Après des décennies de déboires avec ses produits chimiques, Monsanto change de cap à la fin des années 80 pour devenir le «Microsoft des biotechnologies», selon le mot de Michael Taylor. En 1991, cet ancien conseiller de Monsanto devient commissaire de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis puis, par retour d’ascenseur, vice-président de Monsanto.

La multinationale de Saint Louis savait que son brevet sur le Round Up, l’herbicide à base de glyphosate le plus utilisé au monde, arrivait à échéance en 2000. Dès 1985, Monsanto con-centre ses recherches sur la production de plantes alimentaires capables de résister à son herbicide, ce qui devait en principe réduire leur utilisation. Fin 1986, quatre dirigeants de Monsanto se présentent à la Maison-Blanche, où les plantes transgéniques sont perçues comme un moyen d’imposer la supériorité technologique des États-Unis au Japon et à l’Europe. La Maison-Blanche émet donc une directive précisant que ces nouvelles techniques ne sont qu’une extension des croisement traditionnels et que, par conséquent, elles ne justifient aucun régime particulier d’autorisation comme celui imposé aux pesticides, aux médicaments ou aux nouveaux aliments!

En mai 1992, la FDA publie enfin sa réglementation, qui deviendra la bible des OGM: «Les aliments dérivés de variétés végétales développées par les nouvelles méthodes de modification génétique sont réglementés dans le même cadre et selon la même approche que ceux issus du croisement traditionnel des plantes», lit-on dans ce texte fondateur.

L’équivalence en substance

Le responsable des biotechs entre 1985 et 2006 à la Food and Drug Administration (FDA) s’appelle James Maryanski. Dans un aveu historique devant les caméras, il devait affirmer que cette directive ne constituait pas un verdict scientifique mais que «c’était une décision politique… qui touchait beaucoup de domaines, pas seulement la nourriture. Elle s’appliquait à tous les produits de la biotechnologie». Cette décision deviendra le fondement du «principe d’équivalence en substance» qu’adopteront aussi l’Europe et les instances onusiennes.

Jeremy Rifkin, directeur de la Fondation sur les tendances économiques, raconte: «À l’époque, à Washington, si vous fréquentiez les mêmes bars que les lobbyistes, vous les entendiez rire de tout ça. Tout le monde savait que c’était n’importe quoi, ce principe de l’équivalence en substance. C’était simplement une façon pour ces sociétés de mettre rapidement leurs produits sur le marché avec le moins d’interférence gouvernementale possible.»

Pourtant, James Maryanski avait lui-même reconnu le danger des OGM dans des rapports sur une autre substance transgénique, le L-tryptophane, un acide aminé prescrit comme additif alimentaire pour lutter contre l’insomnie. Ce produit a tué 37 personnes et en a handicapé 1000 autres. Dès 1991, Maryanski avait aussi reçu des mémos internes qui n’excluaient pas que les OGM puissent générer des substances toxiques inconnues et provoquer une altération anormale des niveaux de nutriments, y compris des protéines potentiellement non digestibles.

Mais la multinationale sait comment se faire des alliés politiques au plus haut niveau. Monsanto a ainsi dépensé 21 millions de dollars en contributions électorales entre 1998 et 2001. Elle a battu son propre record avec des dons de 7,8 millions en 2000, année de l’élection de George W. Bush. Quatre secrétaires d’État ont été financés en priorité, dont Ann Venneman, secrétaire à l’Agriculture, qui dirigeait Calgene, une filiale de Monsanto. Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, avait été le p.-d.g. de Searle, une filiale de Monsanto. Clarence Thomas, avocat de Monsanto, devait pour sa part être nommé à la Cour suprême. Même William Ruskelshaus, ancien patron de l’EPA , a rejoint le conseil d’administration de Monsanto, tout comme un autre numéro deux de l’EPA, Michael Friedman, qui devait aboutir chez Searle.

Une science fragile

Une des perles de cette enquête provient de Dan Glickman, secrétaire à l’Agriculture, qui a autorisé la plupart des cultures transgéniques sous l’administration Clinton. Il avoue devant la caméra que «la réglementation était fondamentalement orientée vers l’homologation des cultures transgéniques dans le but de faciliter le transfert de technologies dans l’agriculture du pays tout en poussant les exportations». Il a fait marche arrière par la suite et s’est fait plein d’ennemis en réclamant publiquement des études plus nombreuses, plus rigoureuses et plus indépendantes que celles faites par les promoteurs d’OGM.

Fidèle à ses stratégies éprouvées, Monsanto a mobilisé des dizaines de chercheurs pour faire déclarer ses produits sécuritaires avant même leur arrivée sur le marché. Aujourd’hui encore, selon Mme Robin, tout au plus une dizaine d’études ont porté sur l’innocuité des OGM. Ceux qui les ont passées au crible les ont en général jugées incomplètes.

Arpad Pusztai, un chercheur britannique, a payé de son emploi et de sa réputation les conclusions de son étude qui a démontré que des rats alimentés avec des pommes de terre OGM de Monsanto s’étaient retrouvés après 110 jours avec des cerveaux, des foies et des testicules moins développés et des tissus atrophiés dans le pancréas et l’intestin. Alors que l’Europe vient d’autoriser l’importation du soya résistant au Round Up et du maïs insecticide Bt de Novartis, Arpad Pusztai déclare sur les ondes de la BBC être inquiet des bases scientifiques de ces autorisations, lui qui jusque-là était le défenseur attitré du transgénique. Il est devenu la cible de tous les alliés de Monsanto, y compris le 10 Downing Street, mais son étude a été reprise avec les mêmes résultats ailleurs…

Les réfugiés des OGM

Le volet le plus méconnu jusqu’ici du livre de Marie-Monique Robin porte sur les méfaits des OGM dans les pays en développement et surtout d’Amérique latine. Aux prises avec de grands producteurs anonymes qui produisent des céréales OGM pour les animaux d’Europe, les petits paysans sont refoulés vers les bidonvilles. Les agriculteurs qui ont cru au miracle des OGM accusent aujourd’hui des rendements décroissants après avoir été acculés à une dépendance économique et semencière sans précédent. Ils doivent désormais payer une taxe Monsanto sur chaque tonne de céréale en raison de ses brevets, même lorsque ceux-ci ne sont pas reconnus dans leur propre pays.

D’abord amorcée aux États-Unis, la tendance à breveter nuit aujourd’hui aux pays en développement, qui voient les caractéristiques de plantes millénaires être pillées par les nouveaux pirates du capital génétique, étouffant l’économie de petites collectivités partout dans le monde, soutient Mme Robin.

En Inde, a-t-elle raconté, des dizaines de milliers de fermiers se sont endettés en raison des achats annuels de ces semences pour être finalement ruinés par leurs rendements décroissants sur des terres brûlées par les engrais. Et ils se suicident par milliers chaque année, coincés par ce néocolonialisme qui taxe jusqu’aux agriculteurs biologiques dont les champs ont été contaminés par les OGM brevetés, ce que des tribunaux complaisants assimilent à une utilisation illégale des brevets plutôt que de condamner le pollueur génétique.

Mais Monsanto, c’est le cas de le dire, veille au grain: elle annonce déjà de nouveaux herbicides plus puissants pour lutter contre les mauvaises herbes qui ont intégré les défenses de ses plantes OGM, des défenses qui ne devaient pas migrer…



Diplomatie Québec-Canada-France

Ne vois-tu rien venir ?

Il faut être myope pour ne pas constater un certain nombre de dysfonctionnements depuis quelque temps dans l’action du Québec en France.

Christian Rioux
Le Devoir

La semaine dernière, un incident est passé quasi inaperçu. Alors que la gouverneure générale Michaëlle Jean se faisait couronner en France reine du 400e anniversaire de la ville de Québec, le ministre responsable de la capitale, Philippe Couillard, recevait un traitement pour le moins cavalier. Selon nos confrères du Soleil, le ministre n’a même pas été convié à l’avant-scène lors de la réception offerte au terme du spectacle de la Grande Traversée. Pendant que la présidente du conseil régional, les maires de Québec et de La Rochelle, la gouverneure générale et même son mari, Jean-Daniel Lafond, étaient sous les projecteurs, le représentant du Québec se trouvait dans une salle, anonyme parmi les anonymes.

Dans ces circonstances, on se félicite presque que le premier ministre du Québec ne se soit pas pointé à La Rochelle à la dernière minute. S’il l’avait fait, c’est lui qui aurait dû subir l’humiliation réservée à son ministre. Cet incident n’est au fond que la suite logique d’une série de cafouillages de la diplomatie québécoise en France. Le premier observateur un peu futé aurait dû voir venir la chose puisqu’elle se préparait de longue date grâce aux contacts personnels qu’entretient Jean-Daniel Lafond dans la région. Il aurait surtout dû comprendre l’incongruité qu’il y avait à ce que le 400e anniversaire de Québec soit représenté en France par l’émissaire d’Élisabeth II. Pourquoi pas la reine en personne pendant qu’on y est ?

Mais la très discrète diplomatie québécoise avait probablement les yeux ailleurs.

***

La visite de trois jours qu’amorce aujourd’hui le premier ministre Jean Charest à Bordeaux et à Paris ne pourra pas effacer cette gaffe. Comme me le disait un Français qui observe depuis longtemps les relations France-Québec, « en France, le 400e, c’est maintenant l’affaire du fédéral ». Le premier ministre aura beau monter à bord du trois-mâts (le Bélem) qui doit rallier Québec, comme Michaëlle Jean l’a fait la semaine dernière, on ne récrit pas l’histoire. Toutefois, peut-être Jean Charest pourra-t-il justement profiter d’un agenda peu chargé (il n’assistera même pas à la remise de la Légion d’honneur à Céline Dion le 22 mai) pour passer en revue notre action diplomatique en France.

Certes, les relations entre la France et le Québec demeurent « directes et privilégiées ». On peut même constater que les échanges économiques et culturels n’ont jamais été aussi nombreux. À l’occasion du 400e anniversaire de Québec, les rencontres entre ministres français et québécois vont d’ailleurs se multiplier. Rien de plus normal.

C’est ailleurs que le bât blesse. Il faut être myope pour ne pas constater un certain nombre de dysfonctionnements depuis quelque temps dans l’action du Québec en France. Il faut dire que la concurrence est rude. Alors que le Québec peine à s’afficher, le nouvel ambassadeur du Canada, Marc Lortie, n’a eu besoin que de quelques semaines pour tutoyer ses interlocuteurs du Quai d’Orsay. Pendant que le feu était pris à TV5 Monde et que la chaîne de langue française risquait de perdre son autonomie, ce n’est pas le Québec mais l’ambassadeur canadien qui a dénoué l’impasse en proposant la nomination de Marie-Christine Saragosse à la direction générale. La semaine dernière, l’ambassade a réuni plus de personnalités françaises lors d’une réception en l’honneur de Michaëlle Jean que la délégation du Québec ne l’a fait au cours des deux dernières années lors des visites pourtant nombreuses du premier ministre. Qu’on le veuille ou non, à Paris, la diplomatie ne se fait pas sans cocktails ni petits fours.

D’autres signes devraient inciter le premier ministre à s’inquiéter de l’amateurisme de notre diplomatie depuis quelque temps. À Saint-Malo, le Québec vient d’éviter le pire. La transat Québec-Saint-Malo a risqué d’être annulée à cause de la « première vraie chicane » entre Québec et Saint-Malo, selon les mots d’un journaliste local. Pendant des mois, les autorités ont laissé planer l’idée que la ville natale de Jacques Cartier pourrait accueillir un village autochtone cet été, alors même que le financement du projet n’était pas assuré. À nouveau, personne n’a rien vu venir, et la colère du maire de Saint-Malo était justifiée.

Un peu plus tôt, le Québec avait même trouvé le moyen de se brouiller avec l’association locale Saint-Malo-Québec. À l’occasion de la rénovation de la Maison du Québec qui trône dans la vieille ville, on s’était mis en tête d’en expulser l’association qui avait toujours animé les lieux. Le délégué général Wilfrid Licari a évité le clash en battant en retraite lors de l’inauguration.

C’est le même manque de vision qui explique le cafouillage qui avait marqué la visite du chef de l’opposition en février dernier à Paris. Jamais les diplomates québécois n’auraient dû laisser Mario Dumont poser le pied en France sans avoir l’assurance qu’il serait reçu par le premier ministre François Fillon, comme c’est la tradition. Le député de Rivière-du-Loup ne le savait visiblement pas, mais n’importe quel observateur un peu averti était en mesure de prévoir qu’on courait au-devant d’un incident. Encore une fois, la diplomatie québécoise avait les yeux ailleurs.

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Depuis son discours d’Ouistreham, la semaine dernière, Nicolas Sarkozy ne cache pas son intention d’infléchir la politique française en faveur d’Ottawa. L’époque est loin où Charles de Gaulle disait, comme le 1er août 1940, que la résistance opiniâtre des Canadiens français était un exemple pour la France. Le président français dit plutôt aujourd’hui qu’il ne veut pas connaître la langue que parlaient les Canadiens qui ont libéré son pays. Bref, Paris ne veut plus avoir à choisir entre Québec et Ottawa.

Cependant, pour l’essentiel, le Québec jouit toujours d’une relation directe et privilégiée avec la France. Le statut du Québec souhaité par Charles de Gaulle n’a pas changé et son capital de sympathie est toujours aussi considérable. Si le Québec veut mériter cette relation, il ne peut pas se contenter d’une diplomatie de province, pour ne pas dire provinciale. La visite de Jean Charest sera courte mais, comme on dit à Paris, il y a de quoi faire.

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crioux@ledevoir



Système de santé privé : un « château de cartes »

CLAIRE HARVEY
Le devoir

« Le système public prodigue des soins de meilleure qualité que le secteur privé »

Chercheur au Groupe de recherche interdisciplinaire en santé (GRIS), Damien Contandriopoulos déboulonnera quelques mythes entourant la privatisation du système de santé, à l’occasion du 62e congrès de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui aura lieu du 12 au 17 mai prochain.

La privatisation est souvent présentée comme un remède pour notre système de santé. Ses partisans avancent que nous n’avons plus les moyens de nous offrir un système de santé public. Que celui-ci est trop lourd. Que le vieillissement de la population empirera les choses. Selon eux, le secteur privé réduirait les délais d’attente. Il offrirait aussi de meilleurs soins et à des coûts moins élevés que le système public. Tout cela, c’est de la foutaise, affirme M. Contandriopoulos, également chercheur adjoint au département d’administration de la santé et chercheur à l’Université de Montréal.

«Un vide abyssal.» «Un château de cartes.» «De la pensée magique.» M. Contandriopoulos ne mâche pas ses mots lorsqu’il parle des propos des partisans de la privatisation. Selon lui, il n’y a pas un argument qui tient la route. «Ainsi, on prétend que notre système coûte trop cher. Si on le privatise, les coûts totaux continueront à être défrayés par les Québécois. On n’allégera pas le fardeau public. La seule différence est que les personnes les plus fortunées pourront obtenir des services plus rapidement.»

Il serait également faux de prétendre que les coûts du système de santé sont «hors de contrôle». «Comparativement au produit intérieur brut, les dépenses publiques de santé sont plutôt stables, fait-il observer. Elles occupent plus ou moins 7,5 % du PIB depuis 20 ans. Ce qui a augmenté, c’est la part qu’occupe la santé dans le budget total de l’État, soit environ 43 % maintenant. Cette augmentation s’explique facilement par le fait que l’État coupe dans tous les secteurs sauf en santé.»

Le chercheur dénonce une autre «absurdité». «On demande aux Québécois s’ils sont prêts à payer 100 $ par année pour avoir un médecin de famille. Évidemment, tout le monde le serait. Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, où irons-nous le chercher, le médecin?» Il remet aussi en question la pertinence d’imposer un ticket modérateur. «Non seulement celui-ci ne contribue pas à renflouer les coffres de l’État, mais il a aussi des effets néfastes, explique M. Contandriopoulos. Il diminue autant les soins nécessaires que les soins superflus, ce qui se répercute sur les coûts globaux de santé en bout de ligne.»

Une question d’intérêts…

Ouvertement en faveur d’un système de santé public, le chercheur affirme que les études scientifiques arrivent toutes aux mêmes conclusions. «Le système public est le plus efficace, indique-t-il. Il prodigue également des soins de meilleure qualité que le secteur privé.»

Selon lui, il est aussi prouvé que les coûts de la santé sont mieux contrôlés lorsque le système est public.

«Le gouvernement dispose de tous les leviers pour faire face aux groupes de pression. Il peut contrôler les salaires des professionnels et répartir l’offre de services et de soins à travers la province. Il en va de même pour les médicaments et les technologies médicales.»

… et de gros sous

Pourquoi alors vouloir privatiser le système? «Ce n’est pas un débat scientifique ni idéologique, c’est un débat d’intérêts», précise-t-il. Selon lui, les acteurs qui poussent dans cette direction sont nombreux. «Les assureurs, les think tanks de droite comme l’Institut économique de Montréal et certains médias présentent le privé comme la solution miracle parce qu’ils ont intérêt à ce que cela se fasse.»

Le chercheur explique qu’il y a de grosses sommes d’argent en jeu. «Le système de santé québécois coûte 20 milliards de dollars par année. Les assureurs font environ 10 % de profit sur leur chiffre d’affaires. Pour eux, un marché de 20 milliards de dollars représente un profit potentiel de deux milliards de dollars. De leur côté, certains médecins voient dans la privatisation un moyen de gagner le même salaire que leurs homologues américains, soit un million au lieu de 300 000 $ par année.»

La note sera salée

En 2005, l’arrêt Chaoulli a ouvert une brèche importante dans le système public. Dans ce jugement, le tribunal dit que les Québécois peuvent dorénavant souscrire une assurance privée pour payer les soins médicaux privés. Depuis ce jugement, on se demande s’il faut élargir la couverture des régimes privés d’assurance maladie et leur permettre d’assurer les soins déjà couverts par le régime public. Ceux-ci couvriraient les soins prodigués dans des cliniques privées qui se développeraient en parallèle avec le système public.

Les partisans de l’assurance maladie privée avancent qu’on soulagerait ainsi le système public. Que faut-il en penser? «Bon nombre de personnes croient à tort que cela va leur coûter 50 $ d’assurance pour avoir des services auxquels elles n’ont pas accès actuellement, précise M. Contandriopoulos. C’est faux. On se dirige vers un système où cela coûtera des milliers de dollars par année.»

La raison? «Actuellement, les frais de santé d’une personne coûtent en moyenne de 2000 à 3000 $ par année au gouvernement du Québec, explique l’expert. Il faudra donc assumer ces coûts. Pour une famille de quatre personnes, cela représentera 12 000 $ par année.»

Ce n’est pas tout. D’après lui, les coûts du système exploseront. «Si on privatise partiellement, les professionnels seront payés plus cher qu’ils ne le sont actuellement, dit-il. Et il y aura une duplication des services. Chaque hôpital voudra attirer les patients en fonction de son offre technologique. Notre système de santé deviendra l’un des plus coûteux de la planète. Nous rattraperons la Suisse et les États-Unis. Tout cela, il faudra le payer. S’il faut prévoir une protection de base en cas de maladie ou d’hospitalisation, il y aura impact sur les régimes de convention collective et sur la compétitivité des entreprises.»

Sans compter qu’un tel système serait inéquitable. «Les personnes les plus démunies, les personnes âgées et les personnes très malades ne pourront pas être assurées, conclut-il. Enfin, on aggravera également la pénurie de main-d’oeuvre dans le système de santé public, ce qui allongera les délais d’attente des établissements publics.»

De l’avis du chercheur, il n’y a donc rien de bon à espérer de la privatisation du système de santé public. Voilà autant de questions sur lesquelles se pencheront les congressistes de la CSN.

***

Collaboratrice du Devoir



Le Canada (encore) à la bourre

Protocole de Kyoto: l’ONU avertit le Canada

Radio-Canada 
Le Canada risque de se voir interdire toute participation aux échanges de droits d’émission de carbone. Cette mesure pourrait être prise si une enquête des Nations unies détermine que le pays ne s’est pas acquitté de toutes ses obligations en vertu du protocole de Kyoto.

Le comité de suivi du protocole a souligné, en début de semaine, qu’Ottawa tardait à mettre en place un inventaire national des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Selon un communiqué du Secrétariat de la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, le pays a été officiellement informé le 5 mai dernier qu’il fera l’objet d’une enquête. Il aurait possiblement contrevenu à ses obligations de déclaration des émissions de GES.

Le mois dernier, l’organisme avait déjà prévenu le Canada qu’il risquait de faire l’objet d’une telle enquête pour avoir raté par plus de deux mois la date butoir du 1er janvier pour procéder à ces déclarations.

Registre national des émissions
Un registre national des émissions, qui recense les crédits d’émission de GES, est perçu comme un élément crucial du protocole de Kyoto. Ce dernier impose à 37 pays de réduire leurs émissions de GES, en moyenne de 5 % sous leurs niveaux de 1990, d’ici 2008-2012.

Un avertissement minimisé

Ottawa a minimisé l’avertissement de l’ONU. À la Chambre des communes, Stephen Harper a indiqué mercredi que le gouvernement travaillait encore sur le registre.

Il a ainsi répondu au chef du NPD, Jack Layton, qui l’accusait de causer un « dommage irréparable » à l’environnement.

Le premier ministre a ajouté que le retard dans l’application de cette obligation a été causé par le gouvernement libéral précédent.

Une augmentation

Les conservateurs de Stephen Harper ont abandonné les objectifs du protocole de Kyoto. Les émissions de GES du Canada ont augmenté de plus de 30 % depuis 1990, alors qu’elles devraient avoir reculé de 6 % par rapport à ce niveau en 2012, selon le protocole de Kyoto.

De plus, le gouvernement Harper estime que les cibles de Kyoto sont impossibles à atteindre. Il a plutôt promis de réduire les émissions canadiennes de 20 % sous le niveau de 2006, d’ici 2020.

Le comité de suivi du protocole de Kyoto pourrait décider, en guise de sanction pour le retard accusé dans la création de l’inventaire national, d’exclure le Canada du marché mondial sur le carbone lors de sa prochaine réunion prévue à la fin de mai ou à la mi-juin.

Le protocole de Kyoto contraint les pays industrialisés signataires à des réductions de GES. Des solutions pour atteindre ce but ont été prévues, comme l’achat de crédit-carbone par des États ou des entreprises qui ne peuvent pas remplir leurs promesses.



Fêtes du 400ieme à l’étranger

Charest d’urgence en France pour le 400e

Le devoir

Michaëlle Jean demande à Sarkozy de regarder «au-delà du Québec»

 

 

Alors que la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a été accueillie hier en France comme la «presque reine» du 400e de Québec, Jean Charest annoncera aujourd’hui qu’il se rendra du 16 au 19 mai dans l’Hexagone afin de participer à un événement soulignant l’anniversaire de la capitale.Celui-ci aura lieu à Bordeaux, le samedi 17 mai. En compagnie du maire Alain Juppé, qui l’a invité, M. Charest assistera aux festivités entourant le départ pour Québec du trois-mats Le Belem, qui y sera en escale après avoir pris la mer à La Rochelle, le 8 mai; un appareillage auquel Michaëlle Jean assistera.

Le lundi 19, le premier ministre prononcera un discours à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Il y présentera le concept de «nouvel espace économique», lequel comprend un accord de reconnaissance réciproque des acquis et des compétences entre la France et le Québec. Il sera de retour au Québec le lendemain. Le vendredi aura été consacré à des «activités privées», a fait savoir son cabinet, mais aucune rencontre avec des autorités politiques n’était prévue hier. Dans l’entourage du premier ministre, on souligne que M. Charest, dans les 12 derniers mois, a déjà rencontré trois fois le président Sarkozy et deux fois le premier ministre François Fillon.

«Il n’y a pas juste nous autres sur la planète», a-t-on argué.

Le cabinet du premier ministre aurait voulu annoncer le voyage hier — moment de l’arrivée de Michaëlle Jean en France –, mais «certaines choses» restaient à être confirmées. Malgré tout, ce déplacement en France était «prévu depuis plusieurs semaines», a soutenu Hugo D’Amour, attaché de presse du premier ministre. «L’invitation [de l'ex-premier ministre français Alain Juppé] était lancée depuis longtemps.» La conférence de M. Charest devait être annoncée hier sur le site Internet de la Chambre de commerce. «Il faut vendre les billets», a-t-on dit dans l’entourage de M. Charest. Mais au moment d’écrire ces lignes, il n’y avait sur ce site aucune publicité de l’allocution du premier ministre québécois.

Tapis rouge pour la «presque reine»

Quant à Michaëlle Jean, dès son arrivée en France, elle a tenu à placer sa visite officielle de cinq jours sous le signe du 400e anniversaire de la ville de Québec. Sa visite représente, dit-elle, «le coup d’envoi» des festivités marquant 400 ans de présence française en Amérique.

«C’est avec une joie immense que je me retrouve ici en France dans ce moment très particulier où nous célébrons, le Canada et la France, la permanence du fait français aux Amériques et en particulier au Canada», a-t-elle déclaré à sa sortie de l’hôtel de Matignon.

Il y a au moins vingt ans que, dans la Ville lumière, un gouverneur général du Canada n’avait pas eu droit à une telle réception, et encore. Paris a mis les petits plats dans les grands pour accueillir Mme Jean et son mari, Jean-Daniel Lafond.

Dans l’après-midi, la représentante de la reine au Canada a été reçue par le premier ministre François Fillon pendant près d’une heure, soit le même laps de temps que celui qu’avait accordé le premier ministre français à Jean Charest lors de sa dernière visite à Paris en janvier. Alors que la garde républicaine était au garde à vous, la chef d’État a été accueillie au bas des marches de l’hôtel de Matignon, signe d’une attention toute particulière.

Mais c’est aujourd’hui que la gouverneure générale recevra tous les honneurs. Michaëlle Jean doit en effet être reçue par le président Nicolas Sarkozy à l’Élysée. L’ancienne lectrice de nouvelles de Radio-Canada fera aussi la tournée de tout ce que Paris compte de personnalités officielles, du maire Bertrand Delanoë aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Ce soir, lors d’une réception à l’ambassade du Canada, la gouverneure générale remettra l’Ordre du Canada au journaliste Bernard Pivot. L’ancien animateur des émissions Apostrophe et Bouillon de culture avait reçu l’Ordre du Québec en 2001 des mains de l’ancien premier ministre Bernard Landry. Jugeant ces décorations peu indiquées pour un journaliste, il avait alors affirmé avoir fait une entorse à ses principes.

Celle que le quotidien Le Monde surnomme la «presque reine du Canada» déclare dans la dernière livraison du magazine Le Monde 2 qu’elle caresse ni plus ni moins que l’ambition de «faire du Canada une authentique nation». Dans le même article, elle annonce son intention de demander au président Sarkozy de regarder «au-delà du Québec». La gouverneure veut notamment amener la France à se préoccuper «de l’ensemble des communautés francophones à travers le Canada», a-t-elle déclaré hier.

Signe d’un accueil exceptionnel, demain, le président de la République et la gouverneure générale assisteront ensemble aux cérémonies du 63e anniversaire de la victoire des Alliés en 1945. Ils se rendront ensuite au cimetière militaire de Beny-sur-Mer (Calvados) afin de rendre hommage aux soldats canadiens qui y sont inhumés. La rumeur a même couru que Nicolas Sarkozy songeait à se rendre à La Rochelle jeudi prochain. Mais elle a été démentie par le quotidien Sud-Ouest, publié à Bordeaux.



Sans plomb – Bravo les gars

Essence au plomb
Harper cède aux groupes de pression
Radio-Canada

Contre l’avis du ministère de la Santé, le gouvernement Harper reporte au 1er juin 2010 l’obligation pour les voitures d’accélération et autres bolides de courses de ne plus utiliser l’essence au plomb.

Les conservateurs à Ottawa se rendent ainsi aux arguments des groupes de pression de l’industrie de la course automobile. De leur point de vue, l’interdiction de rouler au plomb hypothéquerait lourdement l’industrie de la course automobile. Elle génère des retombées économiques de 29 millions de dollars par année.

Mauvais pour la santé des enfants

Santé Canada rappelle que l’exposition au plomb, même de courte durée, peut avoir des conséquences importantes sur la santé, entre autres auprès des enfants.

L’utilisation d’essence au plomb est interdite à tous les véhicules canadiens destinés au transport de passagers depuis 1990.

L’exemption dont bénéficient les voitures de course a été accordée pour la première fois par le gouvernement libéral de Jean Chrétien en 1994.

Tous les successeurs de Jean Chrétien ont maintenu l’exemption, sous les pressions de l’industrie de la course automobile.



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