C’est le temps des vacances

Il le faut bien, non?

Comme je pourrais manquer des trucs dignes d'intérêt, n'hésitez pas à vous servir de ce lieu pour faire des liens avec des sujets intéressants, des suivis de nouvelles captivantes, des rebondissements de l'actualité notables.

Je mettrai en page à mon retour, prévu pour le début août.

 D'ici là, n'hésitez pas à continuer à habiter ce site.



Bonne fête Québec

 

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Pétrole: du plomb dans l’aile?

Maîtriser la spéculation

Radio-Canada

Le roi Abdullah d'Arabie salue le secrétaire américain à l'Énergie, Samuel Bodman
Une conférence réunissant des pays producteurs et consommateurs de pétrole s'est tenue dimanche à Djeddah, en Arabie saoudite. Convoquée par Riyad, la rencontre avait pour but pour de trouver des moyens de stabiliser les prix du pétrole, qui ont frôlé les 140 $US il y a une semaine.

Le communiqué final qui a sanctionné la fin des travaux met l'accent sur une meilleure transparence et une plus grande régulation des marchés financiers pour parvenir à stabiliser les cours du pétrole.

« La transparence et la régulation des marchés financiers doivent être améliorées par des mesures visant à recueillir plus de données sur les activités des fonds indiciels et pour examiner les interactions entre les marchés du pétrole brut », lit-on dans le document, qui ne parle pas explicitement de la spéculation que beaucoup désignent comme responsable de l'envolée des prix du pétrole ces derniers mois.

Pas de hausse de la production de l'OPEP

Les participants n'ont exprimé aucune intention d'augmenter dans l'immédiat la production.

Le président en exercice de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Chakib Khelil, avait fait savoir d'emblée que son organisation n'allait pas augmenter sa production. Il a expliqué que le marché pétrolier était suffisamment approvisionné et que toute hausse de production par le cartel est inutile dans l'immédiat.

« Notre position est qu'à ce stade, nous devons étudier le marché et nous nous réunirons en septembre pour prendre une décision » sur une éventuelle hausse de production, a déclaré M. Khelil.

L'Arabie saoudite avait toutefois annoncé la semaine dernière une hausse de 200 000 barils par jour de sa propre production, dès juillet.

En guise de bonne volonté, le roi Abdallah d'Arabie saoudite a assuré, à l'Ouverture de la conférence, que son pays, le plus grand exportateur mondial de pétrole, était « prêt à répondre à toute demande supplémentaire » des pays consommateurs.

Son ministre du pétrole, Ali Al-Nouaïmi, avait indiqué que l'Arabie saoudite pourrait porter à 15 millions de barils par jour sa capacité de production, qui sera de 9,7 millions de barils par jour à compter de juillet.

Accroître les investissements

La conférence a estimé « nécessaire » d'accroître les investissements pour augmenter les capacités de production et de raffinage. « L'existence de capacités supplémentaires dans la chaîne de production est importante pour la stabilité du marché pétrolier mondial », affirme le communiqué.

Les participants ont jugé qu'une « une augmentation appropriée dans l'investissement, tant en amont (exploration et production) qu'en aval (raffinage et distribution) est nécessaire pour s'assurer que les marchés soient approvisionnés à temps et de façon adéquate », indique le texte.

Divergences

L'Arabie saoudite, principal acteur de l'OPEP, met la spéculation en cause pour expliquer l'augmentation des prix du pétrole.

En revanche, le secrétaire américain à l'Énergie, Samuel Bodman, a déclaré samedi que la flambée des prix était attribuable à une production insuffisante.

Selon M. Bodman, qui a représenté les États-Unis à la rencontre de Djeddah, l'offre ne peut plus suivre la demande. « Rien ne prouve que les spéculateurs orientent les prix à la hausse », a-t-il déclaré à la presse.

Les participants pourraient se revoir d'ici la fin de l'année à Londres sur proposition du premier ministre britannique, Gordon Brown, présent à Djeddah.

Intéressant dossier complet préparé par la télévision d'état



Bonne fête aux premières nations

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En votre journée nationale.



Les conservateurs par dessus la Loi (encore…)

Des environnementalistes poursuivent Ottawa

Radio-Canada

Un groupe écologiste soutient que le gouvernement conservateur commet un acte illégal en ne respectant pas le protocole de Kyoto.

Selon le groupe les Ami(e)s de la Terre, les conservateurs ne se sont pas conformés à la volonté du Parlement, en ne respectant pas la loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto. Il demande donc à une Cour fédérale de l'Ontario de forcer le gouvernement à respecter la loi.

C'est la première fois qu'un gouvernement est traduit devant les tribunaux pour non-respect de ses engagements en matière de lutte contre les changements climatiques.

La Loi sur la mise en oeuvre du protocole de Kyoto a été adoptée en juin 2007 par le Parlement. Cette loi, une initiative du député libéral Pablo Rodriguez et appuyée par les deux autres partis d'opposition, visait à forcer le gouvernement conservateur à se plier aux engagements de Kyoto.

Le groupe écologiste allègue que le gouvernement n'a pas respecté trois dates butoirs et les obligations qui leur étaient associées dans la Loi sur la mise en oeuvre du protocole de Kyoto. Parmi ces obligations, on retrouve celle enjoignant le gouvernement à présenter, dans un délai de 60 jours après l'adoption de la loi, un plan dans lequel il détaillerait la façon dont il entend s'y prendre pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de GES en regard du protocole de Kyoto.

Selon les Ami(e)s de la Terre, la cause est légale et va au-delà du caractère environnementaliste. Le gouvernement, comme chaque individu, doit se plier à la loi.

« La cause n'est pas une cause environnementale, c'est plutôt une cause qui relève du concept juridique très simple, c'est-à-dire que tout le monde, le gouvernement et les citoyens, doivent respecter la loi », dit Albert Koehl, avocat qui représente le groupe.

Mais les avocats du gouvernement ont répliqué que les tribunaux n'ont pas à se pencher sur le respect des engagements du protocole de Kyoto, mais que cela relève plutôt des députés, qui peuvent se prononcer par le biais d'un vote de confiance.

Ils disent aussi que, lors du discours du Trône, le gouvernement a clairement indiqué qu'il ne rencontrerait pas les objectifs de Kyoto. Ils ajoutent que si l'opposition n'a rien fait à l'époque, c'est qu'elle était d'accord avec les efforts du gouvernement en matière de réduction des GES.

Selon le protocole de Kyoto, le Canada une réduction des gaz à effet de serre de 6 % en 2012 par rapport aux niveaux atteints en 1990. Les conservateurs veulent plutôt réduire ces mêmes émissions de 20 % d'ici 2020 par rapport au niveau de 2006. Et comme les émissions canadiennes ont augmenté de plus de 25 % depuis 1990, l'objectif des conservateurs revient essentiellement à dire qu'en 2020, les émissions canadiennes seront d'au moins 5 % supérieures à celles d'aujourd'hui.



Le vrai visage des conservateurs, numéro 156

Comme si on le savait pas déjà, mais quand même, pour les archives. Je trouve celle-ci passablement révélatrice de la part du ministre du trésor. On parle pas ici d'un secrétaire parlementaire! Et il ne se récuse pas!

Ils sont le gouvernement de quel pays, ces deux de pique? On a beau ne pas sentir que le Canada, c'est pas notre nation, c'est quand même celle des casques bleus, de l'entraide humanitaire… Quoi? On y est plus? Ah… Il faudrait le dire aux ontariens, ils deviendraient peut-être eux aussi des bloquistes, si on leur en donnait l'occasion… Bon, je m'égare…

Pour les archives des “les conservateurs, pas de l'ultra droite?”

-L'aurore boréale

«Louise Arbour est une honte»

Gilles Toupin

La Presse

Le président du Conseil du Trésor, Vic Toews, a qualifié aux Communes hier la Canadienne et haute-commissaire de l'ONU pour les droits de la personne, Louise Arbour, de «honte» (disgrace).

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Cette sortie a provoqué l'ire des libéraux.

Lorsque la députée libérale de Willowdale, Martha Hall Findlay, s'est levée en Chambre pour demander au gouvernement s'il était vrai que le premier ministre Stephen Harper avait donné la consigne de ne rien dire de positif sur cette Mme Arbour, «l'une des plus renommées et des plus courageuses au monde», le ministre Toews a lancé: «Elle est une honte!»

Mme Findlay a alors soulevé une question de privilège auprès du président de la Chambre demandant à M. Toews de retirer de tels propos peu parlementaires.

«Je maintiens ce que j'ai dit», a rétorqué le ministre qui a affirmé que les commentaires faits par Mme Arbour sur l'État d'Israël au cours de son présent mandat au Haut-Commissariat des droits de la personne «sont une honte».

«C'est un commentaire épouvantable, a déclaré Martha Findlay Hall aux journalistes. C'est une attaque complètement personnelle. Vous pouvez avoir des différences d'opinions avec quelqu'un, mais lorsque vous faites des attaques personnelles de ce genre, c'est épouvantable.»

-Pour une fois que les libéraux disent quelque chose de sensé…. l'a.b.

suite de l'article



Gaza: six mois pour faire les courses

Bande de Gaza: Entente de principe sur une trêve entre Israël et le Hamas

AFP

Gaza — Israël et le Hamas ont accepté de respecter à partir de demain une trêve des violences dans la bande de Gaza, a annoncé hier le mouvement islamiste palestinien et l'Égypte, qui a servi d'intermédiaire.

Les responsables israéliens se sont refusés à confirmer cette trêve qui doit durer «six mois», selon le Hamas, tout en évoquant la possibilité de la conclusion imminente d'un accord.

Quelques heures après l'annonce de cet accord, un haut responsable du ministère israélien de la Défense, le général de réserve Amos Gilad, est arrivé au Caire pour poursuivre les discussions avec les responsables égyptiens, qui agissent depuis plusieurs mois en tant que médiateurs entre Israël et le Hamas.

À Gaza, un chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a énuméré lors d'une conférence de presse les différents points de l'accord.

«La durée de l'accalmie, qui entrera en vigueur jeudi [demain] à 6h, sera de six mois, selon l'accord conclu sous l'égide de l'Égypte», a-t-il dit. Son entrée en vigueur «sera suivie quelques heures plus tard par l'ouverture partielle des points de passage [avec Israël] d'où transitent les marchandises». Ces points de passage seront ouverts entièrement «dans les jours qui viennent», a poursuivi le responsable.

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Enfin un (petit) geste vert

-C'est déjà mieux qu'une claque sua gueule

L'Aurore Boréale

Québec appuie sur l'accélérateur

Radio-Canada

La ministre des Transports du Québec, Julie Boulet, a annoncé mardi qu'elle autorise les véhicules électriques roulant à basse vitesse à circuler sur certaines routes du Québec.

Il s'agit d'un projet-pilote d'une durée de trois ans et qui pourra être reconduit pour deux autres années.

Les véhicules en question devront respecter certaines conditions, notamment:

  • rouler uniquement sur les chemins publics où la limite de vitesse maximale est de 50 km/h ou moins;
  • être munis d'un triangle orange indiquant que le véhicule roule à basse vitesse;
  • circuler sur la voie de droite, sauf pour effectuer un virage à gauche;
  • avoir les phares allumés en tout temps lorsque le véhicule est en mouvement;
  • être immatriculé au même titre qu'un véhicule de promenade et conduit par un conducteur muni d'un permis de conduire valide;
  • respecter les normes canadiennes en vigueur.

 

La ministre Boulet explique que l'objectif du projet est de tester ces véhicules, d'élaborer des règles de circulation sécuritaire pour leur utilisation et d'établir les normes en matière d'équipement pour ces véhicules.

Selon elle, le projet envoie « un signal clair aux entreprises novatrices dont les réalisations s'appliquent aux transports, ainsi qu'au secteur manufacturier, qu'une ouverture sérieuse pour ce type de technologie et de produit d'avenir existe maintenant au Québec ».

Les véhicules à basse vitesse actuellement assemblés au Québec sont la Zenn (Zero emission no noise), qui roule à une vitesse maximale de 40 km/h, et le Nemo, un camion électrique. La Zenn est assemblée à Saint-Jérôme, le Nemo à Sainte-Thérèse.

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Explosion des coûts de santé

-peut-être une piste de solution…

L'aurore boréale

Les médicaments génériques plus chers ici qu'aux États-Unis

La Presse Canadienne


Une nouvelle étude de l'Institut Fraser démontre que les Canadiens paient les médicaments génériques vendus sur ordonnance beaucoup plus cher que les Américains. L'organisme indépendant estime que les prix de ces médicaments en 2007 étaient en moyenne 112 pour cent plus élevés qu'aux États-Unis.

Cependant, les prix des médicaments de marque, ou brevetés, vendus sur ordonnance l'an dernier étaient en moyenne 53 pour cent plus bas au Canada qu'aux États-Unis.

L'étude souligne que les consommateurs américains sont plus nombreux à remplacer les versions génériques des médicaments par les médicaments de la marque d'origine.

L'auteur de l'étude, Brett Skinner, attribue ces différences aux politiques canadiennes qui faussent, selon lui, le marché des médicaments vendus sur ordonnance.

M. Skinner affirme que les Canadiens ne profitent pas du marché libre qui permettrait de réduire les prix des médicaments génériques. Il estime que les politiques fédérales, provinciales et territoriales du Canada ont coûté aux consommateurs de 2,9 à 7,5 milliards $ en dépenses inutiles en raison du prix gonflé des médicaments génériques et d'une substitution inefficace des médicaments.

Il admet que des provinces comme l'Ontario et le Québec ont tenté de résoudre les problèmes que posent des politiques interventionnistes malavisées en introduisant d'autres politiques interventionnistes. Mais il ajoute que rien n'a réussi à faire baisser les prix.



Pendant qu’ici, on tergiverse

-Ailleurs, on a des solutions. Et ce n'est que le marché, probablement, qui les amènent, avec tout le brouhahah que “Who killed the electric car” a produit.

L'aurore boréale

Des Californiens rouleront à l'hydrogène

Radio-Canada 

Les prix records du pétrole et la prise de conscience par plusieurs des effets néfastes des gaz à effet de serre ouvrent grand la porte aux véhicules hybrides qui permettent de réduire la consommation d'essence et les émissions polluantes.

Et c'est exactement à ces deux contraintes propres aux moteurs traditionnels que s'attaque le géant japonais de l'automobile Honda.

En effet, Honda annonce la production commerciale de son premier véhicule à pile hydrogène, la FCX Clarity.

Cette voiture, qui n'émet que de la vapeur d'eau, produit l'électricité nécessaire à son fonctionnement en mélangeant de l'hydrogène et de l'oxygène.

Il semblerait que Honda soit en mesure de produire environ 200 Clarity d'ici 2011. À partir de juillet, un nombre limité de clients californiens pourra louer, pour 600 $ par mois pendant trois ans, une Clarity qui devra toutefois demeurer à proximité d'une des trois seules pompes à hydrogène de l'État.

La Clarity a une autonomie maximale de 435 kilomètres et peut rouler à un maximum de 160 kilomètres à l'heure.



La question autochtone

Excuses solennelles d'Ottawa aux autochtones

ALEC CASTONGUAY
Le Devoir

Ottawa — Le ciel était particulièrement bleu pour tourner une page sombre de l'histoire canadienne. Des centaines d'autochtones, de Métis et d'Inuits se sont rassemblés hier sur la colline parlementaire pour entendre le premier ministre et les chefs de l'opposition offrir des excuses solennelles pour les abus commis dans les pensionnats autochtones pendant près de 100 ans.

Sur le coup de 15h, environ 500 personnes ont écouté les discours retransmis en direct sur un écran géant devant le parlement, alors que des dizaines d'autres membres des Premières Nations avaient envahi les estrades de la Chambre des communes. Une douzaine d'invités d'honneur, visiblement émus, ont eu le privilège d'avoir un siège sur le parterre de la Chambre. Certains, notamment Phil Fontaine, le chef de l'Assemblée des Premières Nations, ont pu s'adresser à l'audience réunie pour l'occasion.

Stephen Harper a été le premier à prendre la parole. «Le gouvernement reconnaît aujourd'hui que les conséquences de la politique sur les pensionnats indiens ont été très néfastes et que cette politique a causé des dommages durables à la culture, au patrimoine et à la langue des autochtones. Bien que certains anciens élèves aient dit avoir vécu une expérience positive dans ces pensionnats, leur histoire est de loin assombrie par les témoignages tragiques sur la négligence et les abus émotifs, physiques et sexuels envers des enfants sans défense», a déclaré le premier ministre.

Le gouvernement fédéral a financé les pensionnats pour les jeunes autochtones dès 1874 avec l'objectif de les assimiler à la culture européenne majoritaire du pays. On les empêchait de parler leur langue et on les coupait de leur culture. Ces 132 établissements, dont 10 au Québec, étaient dirigés par des religieux de différentes confessions, selon la région. La plupart ont fermé leurs portes dans les années 70, mais le dernier pensionnat a cessé ses activités en 1996, en Saskatchewan. Au Québec, celui de La Tuque a fermé en 1980.

Au fil des ans, près de 150 000 étudiants autochtones ont fréquenté les pensionnats. Plusieurs ont été agressés physiquement, psychologiquement et sexuellement. Selon le ministère des Affaires indiennes, il reste environ 80 000 survivants, dont 10 000 au Québec. Leur âge moyen est de 59 ans.

Hier à Montréal, le chef algonquin Jimmy Papatie, de la communauté de Kitcisakik, a éclaté en sanglot en racontant sa propre histoire tragique au pensionnat d'Amos. «J'avais cinq ans quand je suis parti au pensionnat, a-t-il dit. Je suis sorti de là plein de rage. J'ai consommé. J'ai commis des actes de violence. J'avais 19 ans quand j'ai tenté de me suicider parce que je n'étais plus capable de vivre avec des fantômes. Ça fait du mal de voir un petit gars de cinq ans se faire déchirer l'anus par un prêtre pédophile. Même l'argent n'effacera jamais ça de la mémoire. Ce n'est pas le gouvernement qui m'a rendu ma dignité, c'est ma communauté.»

De l'argent et des excuses

Ottawa s'est timidement excusé en 1998, mais les Premières Nations avaient exigé des regrets plus sentis et des compensations financières. Une entente a été proposée en 2005 par le gouvernement libéral de l'époque, qui a été approuvée en 2007 par les conservateurs, en accord avec les Premières Nations. Ainsi, les anciens pensionnaires ont pu recevoir une indemnité de 10 000 $ pour la première année de fréquentation des établissements et de 3000 $ par année subséquente. Près de 1,3 milliard de dollars ont été déboursés jusqu'à présent par le gouvernement fédéral.

Les autochtones qui ont subi des agressions sexuelles et physiques graves peuvent demander une compensation supplémentaire qui varie entre 5000 $ et 275 000 $. Sur les 80 000 survivants, Ottawa s'attend à recevoir 12 500 réclamations de ce type. En tout, le budget du gouvernement pour réparer les pots cassés dans l'affaire des pensionnats autochtones atteint près de 2,2 milliards de dollars.

Les regrets présentés hier constituent un changement de cap de la part du gouvernement Harper. En mars 2007, le ministre des Affaires indiennes de l'époque, Jim Prentice, avait soutenu ne pas avoir besoin de présenter de telles excuses. Il semble que le ministre maintenant en charge du dossier, Chuck Strahl, ait réussi à renverser la vapeur.

Hier, le premier ministre a reconnu que «l'héritage laissé par les pensionnats indiens a contribué à des problèmes sociaux qui persistent dans de nombreuses communautés aujourd'hui». Le gouvernement canadien a «échoué» à protéger les enfants autochtones, a-t-il ajouté.

Stephen Harper s'est ensuite adressé aux survivants présents aux Communes. «Le fardeau de cette expérience pèse sur vos épaules depuis beaucoup trop longtemps. Ce fardeau nous revient directement, en tant que gouvernement et en tant que pays.»

Le chef de l'opposition officielle, Stéphane Dion, a ensuite pris la parole. «En tant que chef du Parti libéral du Canada, un parti qui a dirigé notre pays pendant 70 ans, je reconnais notre responsabilité et je m'excuse, a-t-il dit avec émotion. Le Canada fait face à l'un des chapitres les plus sombres de son histoire.» Selon lui, les pensionnats ont été «un système déshumanisant qui a mené aux pires abus».

Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, a d'abord reproché au gouvernement Harper de ne pas avoir appuyé la Déclaration sur les droits des peuples autochtones de l'ONU, avant d'offrir lui aussi ses excuses aux survivants des pensionnats. Pour le futur, il invite les autochtones «à bâtir l'avenir entre nations».

Le leader du NPD, Jack Layton, a soutenu que tous les Canadiens sont égaux, un principe que la politique sur les pensionnats a bafoué. «Les autochtones ont appris à avoir honte de qui ils sont. Pour cela, nous nous excusons», a-t-il dit.

De la parole aux actes

Les leaders autochtones ont semblé apprécier le geste solennel des chefs des partis politiques. «J'ai senti de la sincérité, pas du théâtre. C'était profond», a soutenu Clément Chartier, président du Ralliement national des Métis. Ce dernier a toutefois déploré que plusieurs Métis ne soient pas admissibles aux compensations financières du gouvernement. «Il faut garder espoir», a-t-il dit.

Phil Fontaine, le chef de l'Assemblée des Premières Nations, a soutenu qu'il faut maintenant regarder vers l'avenir. «Nous avons toujours été un élément indispensable de l'identité canadienne.»

De leur côté, les chefs autochtones du Québec demandent au Canada de maintenant passer de la parole aux actes pour corriger les «effets dévastateurs» du système des pensionnats, encore perceptibles aujourd'hui. «Si le gouvernement n'adopte pas des mesures concrètes, principalement envers nos jeunes, ses excuses n'auront aucun sens», a déclaré Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), qui s'exprimait depuis Montréal.

À quelles mesures concrètes songe-t-il? Le chef Picard a répondu en utilisant l'exemple des langues amérindiennes, grandement menacées de disparition. «Il y a un peu moins de deux ans, ce même gouvernement, celui de M. Harper, diminuait considérablement un budget de 160 millions destiné à la sauvegarde de notre patrimoine linguistique. Il a été facilement démontré que le triste épisode des pensionnats a eu un impact sur les langues autochtones. Il ne reste plus que trois langues avec une bonne chance de survie dans les cinquante prochaines années, trois sur la soixantaine de langues autochtones du Canada. Dans un geste de bonne volonté, il serait extrêmement utile que le gouvernement Harper reconsidère sa décision.»

La déclaration commune des chefs de l'APNQL rappelle que les victimes ne se limitent pas aux pensionnaires puisque «la douleur, la haine, la colère et l'incompréhension se transfèrent d'une génération à l'autre».

***

Avec la collaboration de Stéphane Baillargeon



Le 400 ieme… fête de quoi, encore?

Ah oui! De l'installation française en Amérique… J'avais oublié.

-L'Aurore Boréale

Québec cède le contrôle à Ottawa

ROBERT DUTRISAC
Le Devoir

Régie par le Conseil du trésor du Canada, l'organisation du Sommet de la francophonie n'a pas à respecter la Charte de la langue française
Québec — Le site Internet du Sommet de la Francophonie qui aura lieu en octobre à Québec est bilingue. Les offres d'emploi ainsi que les appels d'offres pour cet événement sont produits dans les deux langues officielles du Canada.

Cette situation s'explique par le fait que l'organisation du Sommet de la Francophonie à Québec est régie par les règles du Conseil du trésor du Canada. Elle est donc soumise à la Loi sur les langues officielles du Canada et n'a pas à respecter la Charte de la langue française.

L'organisation du Sommet, qui est chapeautée par un secrétariat basé à Québec, est pourtant une affaire conjointe entre le gouvernement fédéral et celui du Québec. Chaque ordre de gouvernement y contribue 16 millions. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick, qui a un statut de gouvernement participant au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au même titre que le Québec, fait partie de l'entente et débourse de son côté 750 000 $.

Si le gouvernement québécois, par l'entremise de son Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC), bataille pour que la Charte de la langue française soit respectée dans les programmes à frais partagés entre Ottawa et Québec — on n'a qu'à penser au programme d'infrastructures auquel Ottawa contribue en sol québécois –, il en va tout autrement quand il est question de relations internationales. «C'est un monde à part parce qu'il y a une dimension internationale. C'est pourquoi on retrouve des clauses plus canadiennes», a-t-on expliqué au SAIC.

suite de l'article



Et personne n’est surpris…

Le conjoint de Line Beauchamp a des intérêts liés aux terminaux méthanier
Alexandre Robillard
Presse Canadienne

La ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, est exposée, par l'entremise de son conjoint, à des intérêts dans des entreprises pétrolières impliquées dans le projet de terminal méthanier de Cacouna, indique sa plus récente déclaration d'intérêts rendue publique lundi.

Selon un relevé de compte de RBC Dominion valeurs mobilières, en annexe de la déclaration de la ministre, Pierre Bibeau a des actions de TransCanada Corporation et de Pétro-Canada, qui sont les deux partenaires d'Energie Cacouna, une coentreprise créée pour le projet de terminal de gaz naturel liquéfié à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent.

M. Bibeau détient actuellement 60 actions de Pétro-Canada et 65 titres de TransCanada, a indiqué l'attaché de presse de la ministre, Philippe Cannon.

Aux cours de clôture de la Bourse de Toronto, lundi, ces actifs combinés totalisaient environ 6000 $.

La plus récente déclaration de Mme Beauchamp, datée du 15 novembre 2007, indique que son conjoint avait, à ce moment, des actions dans 25 entreprises.

Dans sa précédente déclaration, datée du 20 novembre 2006, Mme Beauchamp, qui est ministre de l'Environnement depuis avril 2007, avait indiqué que sa famille détenait des titres de Gaz Métro et de Enbridge, deux des partenaires du projet de gaz méthanier de Rabaska, à Lévis.

Selon le document de cette année, le conjoint de Mme Beauchamp n'a pas d'actions de ces deux entreprises.

Energie Cacouna, la coentreprise de TransCanada et Pétro-Canada, est l'un des deux terminaux méthaniers - l'autre est celui de Rabaska - dont la construction a été autorisée par le gouvernement du Québec en juin 2007.

Au conseil des ministres, Mme Beauchamp a néanmoins participé aux discussions entourant les deux projets, a affirmé M. Cannon.

«Elle n'avait pas à sortir, a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique. Elle n'est pas en conflit d'intérêts. Le nombre d'actions détenu par son conjoint est marginal.»

Lundi, le bureau du premier ministre Jean Charest a rendu publiques, comme chaque année, les déclarations d'intérêts des ministres de son gouvernement.
Dans ces documents, produits selon des directives de M. Charest, les ministres doivent dévoiler tous les biens qu'ils possèdent ainsi que ceux de leur conjoint et de leurs enfants.

La section six de la déclaration porte sur les compagnies cotées en bourse dans lesquelles la famille immédiate des ministres a des intérêts et qui ne font pas l'objet d'une fiducie ou d'un mandat sans droit de regard.

La semaine dernière, le président et chef de la direction de TransCanada Corporation, Hal Kvisle, a toutefois affirmé qu'il y avait peu de chance de trouver un fournisseur de gaz pour le projet de Cacouna.

Le mois dernier, son concurrent Rabaska a conclu une entente préliminaire d'approvisionnement avec le géant russe Gazprom, que courtisait également Cacouna.

Le projet Cacouna est donc en veilleuse jusqu'à nouvel ordre.

Les deux partis d'opposition à l'Assemblée nationale n'ont pas cru bon commenter la situation de la ministre Beauchamp.

«On ne commencera pas à discourir sur les activités professionnelles des conjoints», a dit une porte-parole de la chef péquiste Pauline Marois, Marie Barrette.
Les déclarations d'intérêts des 21 personnes siégeant au conseil des ministres ont toutes été complétées en novembre dernier.

Dans un communiqué annonçant la divulgation de ces renseignements, lundi, le bureau du premier ministre indique qu'à la déclaration d'intérêts de M. Charest s'ajoute une somme annuelle de 75 000 $, tel que révélé en mars dernier.



Retour au politiques racistes du début du siècle

Projet de loi C-50:Adoption aux Communes

Radio-Canada 
Des immigrants sourient après avoir reçu la citoyenneté canadienne à Halifax en janvier dernier.
Les controversées modifications à la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés ont franchi lundi soir l'étape cruciale de la troisième lecture, lorsque le projet de loi C-50 a été soumis au vote des députés à la Chambre des communes.

Le projet de loi, qui est en fait une loi d'exécution des dispositions du budget fédéral dans laquelle le gouvernement Harper a inséré diverses modifications législatives, sera donc transmis au Sénat pour étude. S'il reçoit l'approbation du Sénat, il entrera en vigueur après avoir reçu la sanction royale.

Les changements apportés à la loi sont contestés parce qu'ils donneraient des pouvoirs discrétionnaires au ministre de l'Immigration qui serait ainsi en mesure d'accélérer, mais aussi de refuser, la demande d'immigration d'une personne répondant aux critères de sélection.

Lundi dernier, le projet de loi avait été approuvé au terme de la deuxième lecture dans un vote de 114-83, grâce à l'abstention de la plupart des libéraux. Le parti de Stéphane Dion a agi de la même manière lundi soir. Seule une poignée de députés libéraux se sont joints aux bloquistes et aux néo-démocrates pour s'opposer au projet de loi, pour un résultat final de 121 votes pour et 90 votes contre.

Comme le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique, le Parti libéral est contre les changements proposés. Il refuse toutefois de voter contre pour une raison bien simple: en défaisant le gouvernement sur une question relative à la mise en oeuvre du budget, les libéraux entraîneraient la chute du gouvernement et provoqueraient des élections pour lesquelles ils n'ont aucun appétit.

Pour réduire les listes d'attente, clame le gouvernement

Selon le gouvernement, les modifications à la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés visent à permettre à certains immigrants qualifiés de ne pas être coincés dans de longues listes d'attentes. Il y a deux mois, des fonctionnaires du ministère ont fait valoir que 925 000 demandes sont en attente de traitement, et ce nombre pourrait atteindre 1,5 million d'ici 2012. Certains demandeurs, expliquaient-ils, doivent en ce moment attendre jusqu'à 6 ans avant d'être acceptés au pays.

Le ministre, dit le gouvernement, doit donc être en mesure de décider que les demandes présentées par des immigrants exerçant des professions ou des métiers qui font l'objet d'une pénurie de main-d'oeuvre soient traitées en priorité. Les changements proposés lui accorderaient aussi le pouvoir de fixer un nombre maximal de demandes traitées chaque année.

Les changements proposés à la loi feraient en sorte que des immigrants verraient leur demande traitée d'ici un an au maximum. Les professions et métiers visés seraient consignés dans une liste appelée à être révisée en fonction des besoins du marché de l'emploi. Cette liste serait dressée après consultation avec les provinces et les employeurs.

Plusieurs organismes et associations, dont l'Association du Barreau canadien et le Conseil canadien pour les réfugiés, ont dénoncé ce projet de loi. Ils affirment qu'il pourrait ouvrir la voie à des décisions discriminatoires, voire racistes.



Halte aux donneurs de leçons!

Éric Bédard, Historien et professeur à la TELUQ-UQAM. Texte paru dans le Devoir.

Il est de mise par les temps qui courent de faire la morale à la majorité historique du Québec. Il y a deux semaines, le rapport Bouchard-Taylor pointait directement cette majorité inquiète et nostalgique, apparemment réfractaire à la doxa pluraliste. La semaine dernière, c'était au tour du psychiatre et poète Joël Des Rosiers de s'en prendre aux philippiques de VLB contre la «reine-nègre» et d'en profiter pour faire la leçon aux Québécois qui osent critiquer la gouverneure générale Michaëlle Jean. Des mises au point s'imposent…

Représenter la reine
Présenter Michaëlle Jean comme une «reine-nègre» était inutilement polémique, mais cela ne saurait justifier les arguments tendancieux avancés par le poète. Contrairement à ce qu'avance M. Des Rosiers, Michaëlle Jean ne représente pas la «nation canadienne-française», ni même le Canada, lorsqu'elle se déplace en France ou ailleurs dans le monde. Elle représente la reine d'Angleterre.

La gouverneure générale n'est pas non plus le successeur de Samuel de Champlain, mais des représentants de Sa Majesté qui ont dirigé l'Amérique du Nord britannique depuis 1760. Elle est notamment le successeur de James Craig, de John Colborne et de Lord Durham, qui, tour à tour, emprisonnèrent des Canadiens sans mandat, brûlèrent leurs villages en 1838 ou proposèrent de les assimiler.

Qu'elle le veuille ou non, Mme Jean représente, pour bon nombre de Québécois, un monarque étranger. Le fait qu'elle se soit très bien intégrée à la société québécoise et qu'elle s'exprime avec distinction n'y change absolument rien. Les institutions, et l'histoire qu'elles incarnent, pèsent plus lourd que les individus.

Ce qui en dérange plusieurs, cela dit, c'est moins l'institution qu'elle représente que ce qu'elle dit. Il faudrait être distrait, ou bien naïf, pour ne pas voir dans ses discours un condensé de l'idéologie officielle de l'État canadien: le multiculturalisme.

Aussitôt arrivée en poste, Mme Jean réduisit la dualité nationale du Canada — les «deux solitudes» — à du «chacun pour soi», les combats politiques du Québec à des «blessures» qu'il fallait apprendre à guérir. Dans L'Actualité du 15 novembre 2005, elle déclarait: «Je n'ai jamais pu me sentir à l'aise dans un sentiment étroit, nationaliste, dans cette pensée unique de l'enfermement.»

«Mon pays,

c'est le monde»

C'est que la vice-reine ne manque pas une occasion de se présenter comme le symbole d'un «nouveau» Canada, celui d'une humanité réconciliée avec elle-même. Dans ses discours, le Canada forme un seul et même «peuple», mais d'avant-garde. Les Canadiens seraient, comme elle, des êtres hybrides, dotés d'identités multiples, tournés vers l'avenir. «Mon pays, c'est le monde», déclarait-elle à L'Actualité. «Des exilés, des métèques, des nomades, le monde n'est fait que de ça», ajoutait-elle. Et le Canada symboliserait cette rencontre des différences, cette harmonie enfin retrouvée. Oser critiquer ce Canada, ce serait aller à l'encontre du progrès et de l'histoire.

On retrouve là le registre du multiculturalisme dans sa version trudeauiste la plus pure. Depuis 1982, cette idéologie s'appuie sur une charte, constitutionnalisée sans le consentement du Québec, faut-il le rappeler, et sur une série d'autres institutions étatiques. […]

Que la citoyenne Michaëlle Jean ait été convaincue des bienfaits de cette idéologie, cela la regarde. Qu'elle utilise sa nomination pour s'en faire la propagandiste, qu'elle fasse la leçon aux Québécois qui souhaitent pour leur nation une vraie reconnaissance politique, c'en est une autre. Si Mme Jean souhaite faire de la politique, qu'elle descende de son trône et se présente sous la bannière du Parti libéral du Canada.

Entreprise de culpabilisation

Mais ce qui surtout dérange dans le texte de Joël Des Rosiers, c'est le lourd soupçon de xénophobie, sinon de racisme, qui pèse contre ceux qui osent contester les discours de Mme Jean, ce sont les liens qu'il établit entre ces critiques légitimes et une pensée soi-disant «néocoloniale».

Tout se passe en effet comme si, en s'attaquant aux idées de Mme Jean, on s'en prenait à toute la communauté haïtienne. Au lieu de discuter des idées, on disqualifie moralement les adversaires en évoquant, au passage, un passé esclavagiste, ce terrible «crime contre l'humanité». Ce sombre passé, laisse entendre M. Des Rosiers, devrait inciter à la «repentance» plutôt qu'à la critique.

Je ne suis pas le seul à penser que cette entreprise de culpabilisation de la majorité, tout à fait conforme à l'esprit du rapport Bouchard-Taylor qui soulignait à grands traits l'inquiétude des Québécois d'ascendance canadienne-française, a quelque chose de parfaitement insupportable.

Les Québécois issus de la majorité historique n'ont de leçons de tolérance à recevoir de personne, pour peu qu'on jette un bref regard vers le passé. Oui, il y eut ici de l'esclavage et, parfois, de l'antisémitisme, mais cela n'avait rien à voir avec ce qui se passait ailleurs. L'histoire québécoise est parsemée de gestes d'ouverture. […]

Terre d'accueil

Le Bas-Canada fut la première colonie de l'Empire britannique à accorder l'égalité civile et politique aux juifs, en 1832. Quelques années plus tard, plusieurs familles canadiennes-françaises adoptèrent de jeunes Irlandais qui fuyaient la famine et qui avaient perdu leurs parents durant la terrible traversée. Les archives montrent que l'Église catholique de l'époque ne ménagea aucun effort pour assurer à ces orphelins un gîte et aux Irlandais affamés et malades de la Grosse-Île des soins essentiels.

Après avoir accueilli des juifs de l'Europe de l'Est qui fuyaient les pogroms, des Italiens qui rêvaient d'une vie meilleure, des Chinois qui avaient travaillé pour la construction des chemins de fer mais qui ne se sentaient pas les bienvenus en Colombie-Britannique, les Québécois reçurent des Grecs, des Portugais et de nombreux dissidents du bloc de l'Est.

Humanisme

À la suite du coup d'État d'Augusto Pinochet, un vaste rassemblement de Québécois envahit le Forum de Montréal afin de faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il accélère l'émission de visas destinés aux victimes de la junte militaire.

Il y a 30 ans cette année, des milliers de Québécois, émus par le drame des «boat people», acceptèrent de parrainer des réfugiés vietnamiens qui fuyaient la tyrannie communiste des Khmers rouges. Ces généreux Québécois n'étaient pas seulement des citadins branchés, qu'on dit plus ouverts au cosmopolitisme. Non, ces Québécois habitaient Val-d'or, Jonquière, Matane, peut-être même… Hérouxville!

Le grand coordonnateur de cette opération humanitaire était Jacques Couture. Grand humaniste, jésuite de coeur, le ministre de l'Immigration d'alors était aussi un «nationaliste» dont le gouvernement venait d'adopter la Charte de la langue française. Pour lui comme pour les Canadiens français du XIXe siècle, «l'ouverture à l'autre» n'était pas incompatible avec l'attachement à un patrimoine, comme les idéologues de l'inter/multiculturalisme tentent de nous le faire croire depuis 1995.

Certes, l'intégration politique et économique des nouveaux arrivants reste un défi de tous les instants. Mais dans la mesure où l'on respectait leur culture et leurs valeurs occidentales, les Québécois ont toujours été des gens «acc'modants». Tenter de leur faire croire le contraire, les inviter à accepter passivement une idéologie conçue pour les anesthésier devant les défis que pose encore et toujours une présence française en Amérique, c'est plier l'échine et renoncer sans bruit à une grande espérance.



N’est plus colonial, le Canada?

Tension au Labrador
Radio-Canada

Le ton monte entre le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et les Innus du Québec au sujet de réclamations territoriales.

Le gouvernement de Danny Williams a envoyé une lettre d'éviction à près de 25 familles innues du Québec qui ont des chalets dans l'ouest du Labrador.

Cette lettre, dont Radio-Canada a obtenu une copie, précise qu'aucun titre de la Couronne n'a été délivré pour ces chalets. Le gouvernement demande donc à leurs propriétaires de les enlever et de remettre les lieux dans leur état initial.

Le gouvernement accorde un délai de 60 jours aux Innus. Si les chalets se trouvent toujours au même endroit à l'échéance du délai, la province procèdera à leur démolition. La lettre se termine en prévenant les Innus qu'ils sont passibles d'une amende d'au moins 1000 $ et d'une peine d'emprisonnement maximale de trois mois.

« Nous considérons les actions du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador comme provocatrices, comme des gestes agressifs à l'égard de notre peuple, de notre culture », déclare Armand MacKenzie, l'un des Innus qui ont reçu la lettre d'éviction.

Armand MacKenzie explique que ces chalets sont présents dans l'ouest du Labrador depuis des générations, et que les Innus s'en servent pour leurs activités traditionnelles comme la chasse. Il dit que cette région abrite aussi des sépultures.

Cependant, le premier ministre Danny Williams n'entend pas faire marche arrière. Il estime curieux le fait qu'il y ait une augmentation récente du nombre de chalets, à l'approche de la mise en marche du projet hydroélectrique sur le Bas-Churchill.

Les Innus du Québec réclament près de 100 000 kilomètres carrés dans cette région du Labrador. Le gouvernement Williams s'en remet aux tribunaux.



Fesser sur un gars à terre

-Je parle bien sûr des régions…
Volée de bois vert pour Jean-Pierre Blackburn
Radio-Canada
Le retrait d'Ottawa du financement récurent des organismes sans but lucratif soulève la controverse.

Dans une rare sortie contre un collègue du gouvernement fédéral, le ministre du Développement économique du Québec, Raymond Bachand, a vivement critiqué, mercredi, la position du ministre Jean-Pierre Blackburn.

Selon le ministre Bachand, la décision du responsable au Québec de Développement économique Canada va à l'encontre de la stratégie québécoise du développement économique des régions du Québec.

Le Québec a effectivement axé ses politiques de développement en région sur l'essor de créneaux d'excellence. Ces centres de recherche, subventionnés par Développement économique Canada, travaillent dans ces créneaux en partenariat avec les PME.

Raymond Bachand croit qu'en mettant fin aux subventions récurrentes d'organismes comme le TechnoCentre éolien en Gaspésie ou le Centre de recherches de biotechnologies marines à Rimouski, le ministre fera perdre de 20 millions à 30 millions au Québec.

« Je comprends qu'il veut donner de l'argent à des projets de PME, c'est probablement plus spectaculaire pour un ministre, c'est bien le fun. Tu as ton content de photos dans les journaux ce jour-là », commente le ministre qui a vainement tenté d'infléchir la décision du ministre fédéral.

Raymond Bachand, ajoute que Jean-Pierre Blackburn tente de museler les organismes visés en les finançant encore quelques mois ou en étirant leurs délais de grâce.

Ligne dure

Le ministre fédéral du Travail a d'ailleurs confirmé en Chambre mercredi son intention d'aller de l'avant avec son nouveau modèle d'aide au développement régional.

Le ministre Blackburn croit qu'il est sur la bonne voie en réduisant l'argent alloué au fonctionnement de ces organismes pour le rediriger vers la création d'emplois.

En fait, le ministre conservateur estime que son confrère du Québec n'a pas à critiquer le sien.

Il rappelle que le développement économique est une juridiction partagée. « Si des groupes pensent que de maintenir les subventions de groupes sans but lucratif est la bonne décision, ils peuvent continuer à les subventionner. Nous allons encore aider les organismes, mais avec des projets ponctuels qui ont un début et une fin », a-t-il soutenu.

Le Bloc québécois s'en mêle

Le ministre Blackburn répondait ainsi à une question du Bloc québécois qui estime aussi que cette position privera les régions d'outils de développement indispensables et qu'elle diminuera la capacité de recherche dans de nombreux secteurs comme la transformation de l'aluminium, le développement maricole.

Le député de la Gaspésie et des Îles à la Chambre des communes, Raynald Blais, approuve les propos du ministre Bachand.

Raynald Blais soutient que tous les élus du Québec doivent s'unir pour forcer le gouvernement de Stephen Harper à investir dans les régions. « Il ne faut pas qu'on soit les seuls à mentionner que cela n'a pas de bon sens la manière dont ça fonctionne », observe-t-il.

Une demi-douzaine d'organismes de la Gaspésie sont directement touchés par la décision d'Ottawa et autant au Bas-Saint-Laurent.

Dans la Matapédia, le Service de recherche et d'expertise en transformation des produits forestiers devra sabrer son budget de recherche.

Le directeur, Pierre Bédard, explique que ce n'est déjà pas facile de maintenir les infrastructures, les équipes de chercheurs en région. « C'est notre but d'accompagner les PME en région. Le privé ne peut pas prendre la place, ils ne trouveront pas de rentabilité dans ça, c'est impossible », fait-il valoir.



Fin du programme ÉcoAuto

-déjà! l'auroreboréale

En bref - ÉcoAuto coûtera plus cher que prévu

La Presse canadienne

Ottawa — Le gouvernement fédéral aurait sous-estimé le coût de son programme de rabais pour l'achat de véhicules éconergétiques, révèlent des documents de Transports Canada. D'après des estimations internes, le ministère prévoyait que le programme ÉcoAuto dépasserait le budget prévu par au moins 37 millions de dollars, et que le dépassement pourrait atteindre jusqu'à 65 millions pour la seule première année.

Dans son budget 2007, le gouvernement conservateur allouait un total de 160 millions, sur deux ans, au programme. Or les prévisions montrent que le ministère s'attendait à dépenser entre 117 millions et 145 millions au cours de la première des deux années du programme. Le ministre des Transports, Lawrence Cannon, a affirmé que les conservateurs n'avaient pas prolongé le financement du programme de rabais offert aux acheteurs de voitures à haut rendement énergétique au-delà des deux années initiales parce qu'il avait «atteint son objectif». Il n'a pas été possible d'obtenir de commentaires au ministère au sujet du dépassement des coûts du programme, qui offre des remises allant jusqu'à 2000 $ aux personnes qui louent ou achètent des véhicules à faible consommation de carburant.



Mauvais départ pour Remstar

 d'après le Devoir, article de Paul Cauchon


Journée éprouvante hier (lundi, ndab) pour le futur propriétaire de TQS, alors que le CRTC a soumis Remstar à un feu roulant de questions, mettant carrément en doute son projet.

«Soyons francs et honnêtes, nous avons beaucoup de problèmes avec votre proposition» a lancé le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, qui a reproché à Maxime Rémillard, coprésident et chef de direction de Remstar, de ne proposer aucune autre option que celle d'abolir le service des nouvelles.

Le CRTC s'est également étonné que TQS ne dispose d'aucune étude de marché à l'appui de ses choix futurs, et il a reproché à Maxime Rémillard de ne pas avoir déposé les états financiers de Remstar, ou les états financiers des frères Maxime et Julien Rémillard, propriétaires de Remstar.

En l'absence de ces documents, le CRTC serait obligé de refuser le projet, a ajouté l'organisme fédéral.

Le CRTC tenait hier à Montréal la première journée d'audiences sur la vente de TQS, un exercice qui se poursuivra aujourd'hui à Québec.

C'est Maxime Rémillard qui comparaissait devant le CRTC au nom de son entreprise, en compagnie des deux actuels dirigeants de TQS, Serge Bellerose, vice-président et directeur général, et Louis Trépanier, vice-président programmation.

Tous les trois ont répété l'ampleur des problèmes financiers de TQS, dont des pertes cumulatives de 225 millions depuis 1986 et une perte de 18 millions l'année dernière. «Nous ne faisons que tenter de ressusciter une entreprise cliniquement morte», a ajouté Maxime Rémillard.

Pour TQS, il faut absolument se démarquer des autres réseaux, et la seule façon de le faire est d'abolir la salle des nouvelles, alors que le public des nouvelles traditionnelles a diminué de 40 % ces dernières années, soutiennent les dirigeants de TQS. «Dans le passé, on a fait l'erreur de vouloir trop ressembler à TVA» ajoute Serge Bellerose.

Si le CRTC autorise la vente, TQS produirait au moins 15 heures de programmation locale par semaine à Montréal, dont une émission quotidienne de commentaires sur l'information de 16h à 18h.

À Québec, on produirait une émission matinale de deux heures (du style Caféine ou Salut bonjour). Ces deux émissions seraient diffusées sur l'ensemble du réseau.

Et à Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay, on produirait une demi-heure d'«information locale» à l'heure du souper, sans salle des nouvelles.

Pour TQS, ces émissions seront essentiellement des émissions de commentaires sur l'information, avec des entrevues, une revue de presse, des commentaires d'experts, des informations météo, et ainsi de suite. «Il n'y aura pas de journaliste pour venir raconter l'histoire, explique Louis Trépanier. Il y aura celui qui fait l'histoire qui viendra la raconter.»

Pour illustrer son projet, Louis Trépanier donne comme exemple les émissions radiophoniques de René-Homier Roy et de Paul Arcand. Et il souhaite remettre aux gens du milieu «un micro et une “cam” pour qu'ils reflètent leur milieu».

Le président du CRTC a semblé très sceptique. Il a fait valoir que, dans toutes ses décisions précédentes, le CRTC considérait les nouvelles comme faisant partie intégrante du système de radiodiffusion, et l'information locale en constituait le «principal véhicule».

«Vous voulez qu'on adopte une autre définition [des nouvelles]. Je ne partage pas votre opinion» a lancé Konrad von Finckenstein.



Objectif de Kyoto

Front commun Québec-Ontario

Radio-Canada

Si le premier ministre Stephen Harper semblait préoccupé de la réaction des pays européens à son plan de lutte contre les changements climatiques, la semaine dernière, il pourrait avoir à se soucier de celle des provinces canadiennes.

Les premiers ministres Jean Charest et Dalton McGuinty ont laissé entendre clairement, dimanche, que le Québec et l'Ontario s'apprêtaient à signer un protocole d'entente sur la question des changements climatiques. En vertu de cet accord, un système interprovincial de plafond et d'échange de crédits d'émissions de gaz à effet de serre (GES) serait créé.

Il s'agira d'un des éléments principaux à ressortir du conseil conjoint des ministres québécois et ontariens, qui se déroulera lundi au Château Frontenac, à Québec. Cet événement est une première au Canada.

Québec et Queen's Park veulent ainsi se dissocier de l'approche d'Ottawa en matière de changements climatiques. Les deux gouvernements reprochent au fédéral d'avoir fixé des objectifs à atteindre d'ici 2025 seulement, et d'avoir choisi 2006 comme année de référence, au lieu de 1990 comme le protocole de Kyoto.

De plus, le choix d'établir des objectifs de réduction de « l'intensité » des émissions de GES, au lieu de la quantité absolue, irrite les premiers ministres Charest et McGuinty.

Un manque d'ambition

« Le gouvernement fédéral souffre d'un manque d'ambition », a déclaré dimanche le premier ministre McGuinty.

Ensemble, le Québec et l'Ontario représentent les deux tiers de la population canadienne et la quatrième économie régionale en importance en Amérique du Nord. Pour MM. Charest et McGuinty, cela donne automatiquement du poids à leur initiative.

« Il y a un consensus qui va se dégager sur l'architecture d'un système de permis. Si l'Ontario et le Québec adhèrent à un même système, et nous sommes 60 % de l'économie canadienne, bien forcément cela va devenir la norme », a clamé le premier ministre du Québec. D'ailleurs, le Manitoba et la Colombie-Britannique auraient déjà exprimé de l'intérêt pour ce partenariat environnemental interprovincial.

Il ne faudrait pas quand même que le Canada soit à la remorque de ce qui se passe aux États-Unis.

Le ministre de l'Environnement du Canada, John Baird, dénonce déjà le projet du Québec et de l'Ontario. Il reproche aux deux provinces de parler sans agir, en citant en exemple le fait que l'Ontario n'a toujours pas éliminé ses usines de charbon très polluantes.

En entrevue à l'émission Question Period, au réseau anglais CTV, M. Baird a même affirmé qu'un tel front commun provincial pourrait détruire les bases du plan d'Ottawa pour lutter contre les gaz à effet de serre. Il a ajouté que le Canada ne devait se doter que d'un seul plan pour forcer les industries à réduire leurs émissions de GES.