Il me semble que c’est le moment, non?

TGV Québec-Windsor

Radio-Canada

Le projet de train rapide entre Québec et Windsor progresse. Les gouvernements du Québec, de l’Ontario et du Canada ont attribué un contrat 3 millions de dollars pour la réalisation d’études de faisabilité. Le consortium EcoTrain formé de cinq firmes spécialisées devra en fait mettre à jour les études qui ont été produites dans les années 70 et 80.

Les études devront faire connaître les coûts et les retombées économiques du projet, les options de tracés, les impacts environnementaux et sociaux et les impacts sur les autres moyens de transport.

Cette annonce est accueillie favorablement par le recteur de l’Université Laval, Denis Brière, qui est aussi président du comité stratégique sur l’accès à la région de la Capitale-Nationale. M. Brière soutient que le projet, qui jouit d’appuis politiques importants, a le vent dans les voiles. Il salue les efforts du maire de Québec qui a obtenu des appuis des maires des villes situées dans le corridor Québec-Windsor et du premier ministre Jean Charest.

Denis Brière soutient toutefois que la population devra être mobilisée pour convaincre Ottawa d’investir dans le projet. « C’est sûr que le gouvernement canadien, vu que ça concerne deux provinces, va avoir à débourser une grosse partie des frais pour le train. Si la population envoie un message très clair que le train est une priorité pour ce corridor-là, les politiciens vont avoir à répondre », dit-il.

Cependant, selon le premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, le premier ministre Stephen Harper n’est pas très favorable au projet. Le gouvernement fédéral a déjà indiqué par le passé que le Canada n’était pas prêt pour les trains à grande vitesse.

Le consortium EcoTrain a un an pour mettre à jour les études de faisabilité.



Cannon aborde le cas Khadr

…Pour le caler encore plus. Bravo, les gars!

Radio-Canada

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a fait le point mardi après sa première rencontre avec la chef de la diplomatie américaine, la secrétaire d’État Hillary Clinton, à Washington.
(suite…)



Au revoir, André

poussieres.gif

Tiré de Vigile, d’après le Devoir.
Texte de Jean François Nadeau

Par sa défense résolue de la littérature, selon lui « la seule mémoire authentique de l’humanité », André Langevin a légué une oeuvre puissante qui a contribué à inscrire le roman québécois dans sa modernité, en prenant à bras-le-corps les interrogations les plus lourdes de son époque. Les valeurs de l’énigmatique et imposant personnage étaient celles de son ami Hubert Aquin : « la liberté d’abord, la langue et la culture ensuite ».

Le romancier André Langevin, auteur notamment de Poussière sur la ville (1953) et de L’Élan d’Amérique (1972), est décédé le 21 février à Cowansville, dans les Cantons de l’Est. Personnage énigmatique, défenseur résolu de la liberté dans la littérature, Langevin avait amorcé, dans l’immédiat après-guerre, une oeuvre brillante qui annonçait une nouvelle façon de voir le roman.

Évadé de la nuit (1951), son premier livre, tranche immédiatement avec les perspectives limitées de la littérature traditionnelle du terroir et reçoit le Prix du Cercle du livre de France. En 1998, André Langevin a obtenu le prix Athanase-David, plus haute distinction littéraire au Québec.

Poussière sur la ville, son plus célèbre livre, a été adapté pour le cinéma en 1968 par Arthur Lamothe. Son personnage d’Alain Dubois, un médecin installé dans la ville minière de Macklin, une représentation de Thetford Mines, se montre incapable d’établir une relation de confiance avec la population locale au moment même où sa jeune épouse s’éloigne de lui. Au coeur de l’intrigue, un monde noyé dans l’absurdité des relations contemporaines. Plusieurs des livres de Langevin ont été publiés en traduction. Son oeuvre, dira le critique Gilles Marcotte, « est remarquablement écrite, dans une langue ferme et variée qui a peu d’égales dans nos lettres ».

Dans L’Élan d’Amérique (1972), lauréat du Prix de la ville de Montréal, un couple tente de concilier présent et passé dans une symbolique complexe qui reprend des thèmes abordés précédemment dans son oeuvre. Langevin a aussi publié du théâtre. Il a reçu le premier prix du Concours d’oeuvres théâtrales du Théâtre du Nouveau Monde en 1957. Pour la radio, André Langevin a aussi écrit nombre de dramatiques jusqu’à sa retraite en 1985.

« Comme journaliste-chroniqueur, il s’est passionné pour des questions liées à la langue, à l’éducation et à la littérature », explique son ancien collègue de Radio-Canada Jean-Guy Pilon. « C’était un solitaire, un homme très fermé qui s’est peu à peu éloigné de tout cela, me semble-t-il. »

L’écrivain Gilles Archambault le considère pour sa part comme une sorte de modèle pour un littéraire. « Une des choses qui me fascinaient chez lui était qu’il faisait à la fois carrière à la radio tout en étant écrivain. Langevin représentait pour moi tout ce que je voulais être. J’ai toujours trouvé injuste qu’il ait été oublié après qu’on l’eut porté si haut. »

Né en 1927 à Montréal, André Langevin perd ses parents en bas âge. Commence alors une ronde pénible des orphelinats qui dure sept ans. Son regard sur la société est nourri de cette expérience tragique héritée de l’enfance qu’il situe entre la « prison et l’asile ».

Après des études au Collège de Montréal, Langevin a d’abord travaillé pour différents quotidiens de la ville, dont Le Devoir, où il est chroniqueur littéraire avant de se faire connaître lui-même comme écrivain. On trouve aussi la marque de sa plume dans divers imprimés culturels, dont la revue Liberté, où il se lie d’amitié avec Hubert Aquin dans une sorte d’idéal commun contre l’obscurantisme culturel.

En 1975, André Langevin écrivait que l’avenir de la littérature et de notre société est lié de très près au sort que nous réservons à notre jeunesse. Il regrettait par exemple de voir que nous nous empressons de faire des enfants de « petits hommes adultes, réalistes, libérés des mystères de la vie », nous privant de la sorte de goûter les espoirs de changements que l’enfance a toujours incarnés.



Ne pas oublier Gaza

Le monde diplomatique

Que dire encore sur Gaza ? Le Monde diplomatique de ce mois publie six pages sur cette guerre qui a quitté la Une de l’actualité. Le cessez-le-feu tarde à se mettre en place, et la situation sur le terrain, c’est-à-dire le sort des Palestiniens de Gaza, est terrible. L’association Oxfam-France vient de lancer une campagne en ligne pour le respect du droit international et pour la levée du blocus israélien à Gaza.

Gaza, un pavé dans la mer (La boîte à bulles, 317 pages, 24 euros) : le premier livre sur la guerre de Gaza vient de sortir et il n’est sans doute pas étonnant qu’il soit composé à moitié par des auteurs de bande dessinée qui se sont mobilisés et qui ont dessiné leur vision de cette guerre. Car cet ouvrage collectif est coordonné par Maximilien Le Roy, lui-même auteur de bande dessinée de 23 ans qui écrit dans l’introduction : « Je pourrais écrire ici, par avance, toutes les critiques prévisibles que déclenchera cette initiative, mais je préfère laisser la place à l’expression plus éclairée de ceux qui ont accepté de jeter avec moi ce pavé dans la mare : ces artistes européens, ces esprits libres israéliens pour qui mon respect est inconditionnel, ces intellectuels qui résistent à toutes les fourches caudines et, surtout, ces habitants de Gaza qui témoignent de leur quotidien. Du quotidien brut, rugueux. Du réel, en somme. Rien que du réel. »

Je signale l’excellente réponse de Cédric Baylocq, « Gaza, le critique et la critique » (parue sur le site Oumma.com, le 17 février), à la tribune de Pierre Jourde, « Le Juif, coupable universel », parue dans Le Monde du 22 janvier. « Autant le Jourde et Naulleau (Mots et Cie, 2004, sorte d’anti-Lagarde et Michard dans lequel ils flinguent les auteurs à succès) nous a fait beaucoup rire, autant les variations géopolitiques de ce spécialiste des troubles gastriques de la littérature française (La littérature sans estomac, Pocket, 2002, autre ouvrage à succès…) a de quoi nouer l’estomac. C’est peut être la première fois dans l’histoire de la critique littéraire que l’on voit l’une de ses gâchettes singer l’un de ceux qu’il descend. BHL en l’occurrence. Car de la première à la dernière ligne, cette tribune aurait pu être écrite par le philosophe médiatique. Hormis les passages les plus pertinents, que nous commentons également ci-après. »

Sur le même site, un article de Vincent Geisser du 18 février, « Le complexe du Goy. Ces « amis » français d’Israël qui flirtent avec l’antisémitisme » : « Contrairement à une idée reçue, le premier soutien d’Israël en France procède moins de l’action d’un quelconque « lobby » mais d’abord de la lâcheté et de l’hypocrisie de nombreux leaders d’opinion qui fantasment la puissance de la communauté juive. Leur relation à Israël se greffe moins sur un amour sincère pour l’Etat hébreu que sur une représentation ethnicisante de la communauté juive qui flirte parfois avec l’antisémitisme et débouche sur une posture politique : « Je suis avec Eux pour ne pas avoir d’ennuis ». Le problème est que ce « Eux » tend à la fois à essentialiser l’appartenance au judaïsme, à particulariser le rapport des juifs de France à l’identité nationale (ils seraient des Français pas tout à fait comme les autres) et à assimiler, sur un mode simpliste, identité juive/Etat d’Israël. »

Ceci n’est d’ailleurs pas nouveau. Lord Balfour lui-même, le signataire de la fameuse promesse du 2 novembre 1917 – qui « envisage favorablement l’établissement d’un foyer national juif en Palestine » –, avait été le promoteur en 1905 d’un projet de loi sur la limitation de l’immigration juive en Grande-Bretagne, qui visait avant tout les juifs de Russie. Et Mark Sykes, le négociateur britannique des accords avec la France (accords Sykes-Picot de 1916) partageant le Proche-Orient, écrivait à un dirigeant arabe : « Croyez-moi, car je suis sincère lorsque je vous dis que cette race (les juifs) vile et faible est hégémonique dans le monde entier et qu’on ne peut la vaincre. Des juifs siègent dans chaque gouvernement, dans chaque banque, dans chaque entreprise. » (Cité dans Israël-Palestine, vérités sur un conflit, Fayard, 2007, p. 59.)

« En somme, dit encore Vincent Geisser, cette forme de soutien « très franchouillard » à Israël conduit à faire des juifs de France une « tribu » au sein de la Nation française, et renoue indirectement avec les vieux thèmes antisémites du siècle dernier. Du coup, loin de normaliser l’Etat d’Israël en le considérant comme un « Etat comme les autres » – soumis aux mêmes règles du droit international que les Etats souverains – ce type de soutien verse dans une relation malsaine qui consiste à faire de l’Etat hébreu une sorte de « monstre géopolitique », que l’on s’interdit surtout de critiquer. Pire, elle en vient à assimiler totalement identité juive et nationalité israélienne, en venant à accréditer l’idée que les juifs de France formeraient une sorte de « tribu d’Israël » au sein même de la Nation française. »

Sur l’avenir, deux pistes se dégagent : celle de l’inculpation pour crimes de guerre de dirigeants israéliens (nous reviendrons au mois de mars sur cette question dans Le Monde diplomatique) ; les campagnes de désinvestissement et de boycott. Ainsi, dans ce communiqué du 14 février : « Hampshire College devient la première université aux Etats-Unis à retirer ses investissements de l’occupation israélienne en Palestine ! » (Students for Justice in Palestine) – ajout du 20 février : il semble que l’interprétation de cette décision prête à polémique et le président de l’université nie que la décision soit liée d’une manière ou autre à la politique israélienne (« An open letter to Alan Dershowitz », Jerusalem Post, 19 février). Signalons aussi la sanction suédoise concernant Veolia et sa participation à la construction du tramway de Jérusalem.

Enfin, Ivan du Roy, sur le site Bastamag.net, publie un article sur « ces entreprises françaises qui profitent de la colonisation israélienne » (11 février). « Trois multinationales et une PME hexagonales sont impliquées économiquement de la colonisation de la Cisjordanie par Israël. La banque franco-belge Dexia finance plusieurs colonies. Alstom et Veolia comptent transporter leurs habitants à travers Jérusalem. La PME Manitou participe à la construction du mur de séparation. Toutes font du business en totale violation du droit international. »

 

Note de l’Aurore Boréale: hyperliens complets dans l’article original. 



La souveraineté comme recette à la crise

Radio-Canada
La chef du Parti québécois a livré un discours fougueux devant 400 militants et élus du Parti québécois réunis en conseil national à Québec. À la tête d’une formation politique ragaillardie depuis les élections du 8 décembre dernier, Pauline Marois s’est appliquée à redonner du lustre à l’option souverainiste.

Selon la chef péquiste, la marge de manoeuvre restreinte dont dispose le Québec, comme province, pour lutter contre la crise économique, est une excellente illustration de la nécessité de la souveraineté.

Il est temps que le Québec se prenne en mains. Lorsque nous avons besoin de faire des virages rapides comme c’est le cas présentement, est-ce qu’on a vraiment les moyens de composer avec les incohérences d’une fédération? Il faut en finir avec la tutelle.

— Pauline Marois
(suite…)



Deux mains sur le volant???

Radio-Canada

La ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, a annoncé mercredi que le budget 2009-2010 qu’elle déposera à la fin mars sera déficitaire.

« Je peux confirmer qu’il y aura un déficit en 2009 », a déclaré aux journalistes la ministre Jérôme-Forget à Québec.

« Le gouvernement va prendre ses responsabilités, tous les gouvernements doivent assumer leurs responsabilités, vous savez. Je suis une ardente défenderesse du déficit zéro, mais les gouvernements sont là pour intervenir quand il le faut », a poursuivi la ministre des Finances.
(suite…)



Le PLQ ne croit pas à l’ingérence politique de la CDQ

Ah ouais? il nous prend aussi pour des valises? Vive les déclarations tenues lors de la campagne électorale.

 Je dis: qu’il s’occuppe de la Caisse. Dans les limites de son droit. Regardez-bien qui sera nommé. Le retour du patronage, je vous le prédit!

Québec veut nettoyer son bas de laine
Radio-Canada

La télévision de Radio-Canada a appris que le gouvernement de Jean Charest prépare un scénario qui implique le congédiement des deux tiers du comité de direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Sept des 11 premiers vice-présidents, qui gèrent plus de 80 % des actifs de la Caisse, seraient remerciés. Selon nos sources, trois d’entre eux sont des proches de l’ex-PDG Henri-Paul Rousseau, qui a démissionné en septembre et accepté un poste chez Power Corporation.
(suite…)



Après Québec 1759, pourquoi pas Batoche 1885 ?

Normand Lester, Le Devoir (opinion)

Les subtils penseurs au service du gouvernement fédéral qui ont imaginé les «festivités» de la commémoration de la défaite des plaines d’Abraham avec une reconstitution historique de la bataille ne devraient pas s’arrêter là. Une autre défaite d’importance historique des francophones mérite le même traitement dans un avenir rapproché. Je pense à la bataille de Batoche, autre «lieu historique national» qui a été la scène, le 12 mai 1885, de la défaite de la rébellion métisse du Nord-Ouest par la nouvelle armée canadienne récemment constituée, mais toujours commandée par un général britannique, Frederick Middleton.

Le 125e anniversaire de cette grande et glorieuse victoire aura lieu au printemps 2010. L’écrasement de la rébellion de Louis Riel et la chute de son gouvernement provisoire marquent la fin de la domination des Métis francophones sur les grandes plaines de l’Ouest. Ça doit bien mériter une reconstitution historique.
(suite…)



…et c’est pas bien mieux du côté de la France

 Pauline Marois et Gilles Duceppe répondent à Nicolas Sarkozy

blocquébecois.org

Montréal, le 4 février 2009

Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République française
Palais de l’Élysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
France

Monsieur le Président,

Nous voulons réagir de deux façons aux propos que vous avez récemment tenus à l’Élysée au sujet du Québec. D’abord, vous nous voyez ravis de constater que vous trouvez trop timide la politique française antérieure qui parlait de « non-indifférence » pour qualifier l’intensité des rapports entre nos deux peuples. Vous préférez, dites-vous, parler « d’amour » entre des nations frères faisant partie d’une même famille. Dans la même veine, et cela vous surprendra peut-être de la part de deux leaders indépendantistes, nous vous félicitons pour l’énergie que vous avez mise, et que vous mettez encore, à assurer le succès de dossiers franco-québécois que nous appuyons vivement : la reconnaissance réciproque des diplômes entre Français et Québécois, qui permettra à nos professionnels d’œuvrer et de voyager plus facilement de part et d’autre, et le projet de libre-échange Canada-Union européenne, dont le Québec est le principal promoteur et serait, de ce côté-ci de l’Atlantique, le principal bénéficiaire.

Car contrairement à l’idée que vous semblez avoir de nous, les indépendantistes québécois sont favorables à tout ce qui permet au Québec de s’ouvrir au monde. Vous semblez l’ignorer, Monsieur le Président, car à l’Élysée, vous avez accompagné vos remarques fraternelles de remontrances à certains de vos frères, affirmant au sujet des indépendantistes québécois qu’ils n’adhèrent pas au « refus du sectarisme, de la division, de l’enfermement sur soi-même, au refus de définir son identité par opposition féroce à l’autre ».

De qui parlez-vous, Monsieur le Président? Des 49,4 % de Québécois, et donc de la forte majorité de francophones, qui, le soir du 30 octobre 1995, ont voté Oui à la souveraineté du Québec? Aux 43 % qui, lors d’un sondage de la semaine dernière, ont réitéré ce choix? Cela fait beaucoup de monde. La moitié de la famille, Monsieur le Président. « Sectaires »? « Féroces »? les électeurs québécois qui ont élu en octobre 49 députés indépendantistes, soit près des 2/3 de la députation québécoiseà la Chambre des communes à Ottawa et, en décembre dernier, 51 députés à Québec, formant ainsi l’opposition officielle? « Adeptes de l’enfermement », les Québécois qui ont élu quatre gouvernements souverainistes majoritaires au cours des 30 dernières années?

Nous ne pensions pas que le général de Gaulle nous appelait à l’enfermement sur nous‑mêmes lorsqu’il a souhaité, en juillet 1967, que « Vive le Québec libre! » Nous jugeons toujours qu’il avait raison lorsqu’il a plus longuement expliqué ce qui suit en novembre 1967 : « Que le Québec soit libre c’est, en effet, ce dont il s’agit. Cela aboutira forcément, à mon avis, à l’avènement du Québec au rang d’un État souverain, maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant et tant d’autres peuples, tant et tant d’autres États, qui ne sont pas pourtant si valables, ni même si peuplés, que ne le serait celui-là. » Nous ne pensons pas, non plus, que les nombreux hommes et femmes politiques français, dont plusieurs ont joué et jouent un rôle éminent au sein de votre formation politique, qui nous ont prodigué conseils et encouragements au cours des années et encore aujourd’hui, veulent pousser le Québec au sectarisme.

Notre mouvement est fier d’avoir incarné au cours des années l’exact contraire de l’idée que vous vous en faites. C’est ainsi que le fondateur de notre mouvement, René Lévesque, s’est battu bec et ongles pour que le Québec puisse s’exprimer au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie, lorsque le gouvernement canadien le lui refusait. On doit à son successeur Jacques Parizeau d’avoir, le premier, appuyé le projet de libre-échange canado-américain, contre les partis pro-canadiens à l’origine trop frileux pour s’y engager. La mobilisation de l’électorat souverainiste québécois en faveur de cet accord en a assuré le succès lors d’une élection cruciale en 1988.

Ce sont des politiques économiques mises en oeuvre par des gouvernements du Parti Québécois qui ont permis au Québec d’avoir une économie plus ouverte sur le monde que celle de la plupart des pays occidentaux. Ce sont des politiques linguistiques introduites par le Parti Québécois qui assurent désormais au sein de la majorité québécoise l’intégration de vagues d’immigration successives, jouissant de politiques plus ouvertes et plus généreuses que celles de la plupart des pays occidentaux.

C’est l’Assemblée nationale du Québec, sous la direction d’un président indépendantiste, qui a organisé la Conférence des parlementaires des Amériques, contre le vœu du gouvernement canadien et malgré les obstacles qu’il lui a opposés. Les exemples sont nombreux.

Nous ne savons pas d’où vous est venue l’idée que nous réclamons de vous que vous détestiez le Canada. Malgré nos différends importants avec nos voisins, nous respectons ce pays, ses valeurs et sa population. Nous pensons que l’indépendance du Québec mettrait un terme aux rancœurs et aux débats épuisants qui jalonnent l’histoire de notre présence dans le Canada. Dans l’argumentaire que nous distribuons largement, nous affirmons à tous que « le Canada et le Québec seront de bons partenaires au sein de la communauté internationale. Souverain, le Québec discutera de pays à pays avec le Canada et les chicanes fédérales-provinciales seront chose du passé. Nos deux nations sont destinées à collaborer, histoire et géographie obligent. »

Vous n’êtes pas sans savoir que les Nations-Unies ont accueilli, depuis 1980, pas moins de 38 nouveaux pays. Chacun a choisi de parler de sa propre voix, plutôt que de prolonger sa présence au sein d’un pays plus large qui n’était pas le sien. Loin de condamner leur arrivée, de leur faire des remontrances sur l’enfermement, la France les a accompagnés, les a reconnus. C’est ce que les Québécois attendent d’elle.

Mais nous devons à la vérité de vous faire savoir que jamais un chef d’État étranger n’a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se sont prononcés pour la souveraineté. Plusieurs chefs d’État et de gouvernement, surtout du monde anglophone, ont publiquement souhaité le maintien d’un Canada uni, vantant, comme l’avait fait le président Bill Clinton en 1995, la qualité des rapports entre son pays et le Canada. D’ailleurs, George Bush père avait affirmé en 1990 que notre cas était parmi ceux où « il faut rester courageusement assis en coulisses ». Aucun n’a utilisé envers le mouvement indépendantiste les épithètes pour tout dire méprisantes que vous employez.

Mais puisque vous parlez d’enfermement, Monsieur le Président, laissez-nous vous éclairer davantage. Vous avez affirmé lors de votre passage en octobre que le Canada, « par son fédéralisme, a décliné un message de respect de la diversité et d’ouverture ». Savez-vous que depuis maintenant plus d’un quart de siècle, le Québec est gouverné par une constitution canadienne qui lui a été imposée contre sa volonté, qui restreint son autonomie en matière d’éducation, de langue et de culture, qui n’a pas été soumise à un référendum et qu’aucun premier ministre québécois, depuis René Lévesque jusqu’à Jean Charest, n’accepte de signer? Savez-vous qu’aucune réparation de cette situation inacceptable n’est envisagée ou envisageable? La France accepterait-elle de rester dans l’Union européenne si le reste de l’Europe lui imposait un nouveau traité réduisant unilatéralement sa souveraineté sur des questions identitaires, sans même la consulter par référendum? Nous n’osons imaginer quelle serait votre réaction si une telle injustice était infligée à votre nation.

Enfermement encore : nous savons désormais qu’au soir du référendum de 1995, si une majorité de Québécois avaient démocratiquement voté en faveur de la souveraineté du Québec, le premier ministre canadien Jean Chrétien aurait refusé de reconnaître ce choix.

C’est ce qu’il a avoué depuis, même s’il avait déclaré cinq jours auparavant, dans une adresse solennelle à la nation, qu’un choix pour le Oui serait « irréversible ». Toute honte bue, le premier ministre canadien maintient que, même en votant majoritairement pour la souveraineté, le Québec n’aurait pu quitter le Canada. Nous savons cependant que, simultanément, votre prédécesseur, le président Jacques Chirac, aurait reconnu la décision politique des Québécois, se rangeant ainsi du côté de la démocratie et l’accompagnant dans son choix. Plusieurs pays francophones auraient fait de même et nous savons que la démocratie l’aurait emporté.

Il est vrai, Monsieur le Président, que les Québécois ne seront pas appelés à revoter sur cette question dans l’avenir immédiat. Cependant, puisque rien de fondamental n’est résolu dans les rapports Québec-Canada, il n’est pas impossible que cela survienne pendant que vous présidez aux destinées de la France. Il n’est pas impossible que la démocratie québécoise ait besoin de l’appui de tous ses amis, de tous ses frères.

Dans cette hypothèse, il vous reviendra de décider si vous souhaitez laisser, ou non, la marque d’un président qui, à un moment crucial, a su répondre avec une réelle fraternité à l’appel de l’Histoire.

Pauline Marois
Chef du Parti Québécois
Chef de l’opposition officielle

Gilles Duceppe
Chef du Bloc Québécois



Pas grand chose de bon au gouvernement canadien

Surprise!

Radio-Canada

 Deux rapports critiques

La vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, et le commissaire à l’environnement, Scott Vaughan, ont déposé leur rapport conjointement aux Communes, jeudi après-midi.

Parmi les points à souligner, Mme Fraser note que le gouvernement fédéral n’a aucun contrôle sur la façon dont sont dépensés les milliards de dollars qu’il verse aux provinces et territoires pour différents programmes. Une province, par exemple, peut dépenser comme bon lui semble l’argent reçu d’Ottawa sans avoir de comptes à rendre.

Mme Fraser dénonce aussi vivement la stratégie de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour contrôler la prolifération des parasites venus de l’étranger, tandis que les échanges commerciaux internationaux se multiplient. Des employés de l’ACIA lui ont dit que beaucoup d’énergie était consacrée à la certification de produits exportés plutôt qu’aux produits importés.

Elle note également que l’agence ne dispose pas d’un système informatique qui pourrait lui permettre de jouer efficacement son rôle de protecteur des ressources végétales. Beaucoup d’opérations se font manuellement, les listes de produits ne sont pas uniformisées et une bonne quantité de documents sont expédiés par télécopieurs.

Mme Fraser presse l’agence de revoir ses priorités et de s’assurer d’avoir le personnel nécessaire pour protéger les végétaux. « Toutes les inspections qui doivent se faire ne se font pas », dit-elle.

Par ailleurs, Mme Fraser note que les rapports sur les temps d’attente en santé ne sont pas utiles aux citoyens et ne permettent pas de vérifier si la situation s’améliore.

Enfin, Sheila Fraser affirme que le système carcéral canadien pourrait épargner de l’argent aux contribuables si ses achats étaient regroupés et que le temps supplémentaire de ses employés était mieux géré.

Pas beaucoup mieux du côté de l’environnement

De son côté, le commissaire à l’environnement, Scott Vaughan, souligne que le gouvernement ne sera probablement pas en mesure de vérifier les résultats atteints par les crédits d’impôt accordés pour le transport en commun.

« Pour qu’ils soient crédibles aux yeux des Canadiens et du reste du monde, les plans du gouvernement en matière de réduction de la pollution de l’air doivent permettre d’atteindre des résultats mesurables », écrit M. Vaughan.

Ainsi, plutôt que de réduire de 220 000 tonnes les gaz à effet de serre, comme l’avait annoncé le gouvernement Harper, on évalue que ce crédit d’impôt aura permis une réduction d’à peine 35 000 tonnes.

Le commissaire révèle aussi que le règlement sur le rejet de substances cancérigènes comme le benzène, contenu dans l’essence et le diesel, n’est pas bien appliqué. Environnement Canada ne connaît donc pas l’impact réel de son règlement. Il se dit même préoccupé lorsqu’il fait le plein dans une station-service, spécialement lorsque des enfants se trouvent dans la voiture.

Quant au Fonds de fiducie de plus de 1,5 milliard remis aux provinces pour qu’elles luttent contre les gaz à effet de serre, le fédéral n’a aucun moyen de connaître les résultats du programme.

« Tenter de gérer la protection de l’environnement sans un système de mesure cohérent équivaut à tenter de gérer l’économie canadienne sans indicateurs comme le produit intérieur brut, le taux de chômage, les taux d’intérêt et les données sur le chômage », a écrit M. Vaughan dans son rapport.



Agrocarburants, un réel inv... |
Un pékin dans la ville |
Salles la Source - le lien - |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | des sujets et des opinions
| Les Productions Samuel90100
| intermittents de corse