Les GES enfin reconnus comme des contaminants dangereux

Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir

 

Deux décisions touchant les gaz à effet de serre et les pesticides ont été annoncées hier par l’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis. Elles traduisent l’énormité du changement dans les politiques environnementales de ce pays. Mais celle qui porte sur le contrôle des gaz à effet de serre fait entrer de plain-pied les États-Unis dans la bataille du climat.

Les États-Unis ont officiellement inscrit hier pour la première fois de leur histoire le gaz carbonique, ou CO2, dans la liste des contaminants chimiques susceptibles de polluer l’atmosphère terrestre, de perturber le climat et de provoquer l’acidification des écosystèmes terrestres et des océans.

Cette décision s’étend par ailleurs aux six gaz à effet de serre (GES) identifiés dans le protocole de Kyoto comme étant les cibles prioritaires de la communauté internationale. Il s’agit, en plus du CO2, du méthane, de l’oxyde nitreux, des hydrofluorocarbones, des perfluorocarbones et de l’hexafluorure de soufre (SF6).

Cette décision, qualifiée par plusieurs d’«historique» parce qu’elle traduit l’importance du virage environnemental en train de s’opérer aux États-Unis, est le résultat d’une évaluation gouvernementale du problème des changements climatiques, ordonnée en 2007 par la Cour suprême des États-Unis dans la cause Massachusetts contre EPA.
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Dernière chance?

Réchauffement: il est encore temps «d’éviter le pire»
Associated Press, tiré de Cyberpresse

Une nouvelle étude scientifique démontre qu’on peut encore éviter les pires aspects du réchauffement atmosphérique – à condition que toute la planète réduise ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de la façon dont le président américain Barack Obama et l’Europe le souhaitent.

Une simulation par ordinateur réalisée par le National Center for Atmospheric Research, au Colorado, évalue ce qui se produirait d’ici la fin du siècle si les niveaux de GES étaient réduits de 70 pour cent.

Résultat: la planète se réchaufferait encore, mais d’un degrés Celsius environ, plutôt que de deux degrés. Les glaces de l’Arctique rétréciraient, mais ne disparaîtraient pas, et le niveau des mers ne s’élèverait pas autant.
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Politique énergétique – Mouvement de fronde contre la stratégie libérale

Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir

Quelques centaines d’écologistes, de professionnels, de chercheurs, de simples citoyens et d’élus de tous les horizons ont assisté hier au lancement d’un mouvement qui entend proposer et organiser au Québec une prise en charge locale de la gestion de l’énergie, radicalement opposée à la stratégie des mégaprojets qui enrichissent l’industrie de l’ingénierie et le monde des consultants.

Ce mouvement portera le nom de «MCN21», pour «Maîtres chez nous au 21e siècle». Il se veut une réaction organisée, et par la suite structurée, à la cascade de grands projets jugés dévastateurs pour l’environnement, comme ceux du Suroît, de Bécancour, de Gentilly 2, de Rabaska, de la Rupert, de la Romaine, de la Petit Mécatina et de la troisième version du programme des petites centrales privées, que le gouvernement Charest semble décidé à imposer malgré la mise en échec des deux premières versions.

Le projet MCN21 est piloté par l’écologiste Daniel Breton, un des initiateurs de la coalition Québec-Kyoto, laquelle a lancé la bataille du Suroît. Daniel Breton a aussi été candidat défait du NPD dans le sud-ouest de Montréal aux dernières élections. Son projet est appuyé par une série de personnalités des milieux de l’environnement et de l’énergie, dont plusieurs ont contribué au livre qui présente le projet. On retrouve dans ce collectif une dizaine de signatures, notamment celle d’un ancien sous-ministre des Ressources naturelles, Denis L’Homme.

Le mouvement MCN21 entend stimuler dans chaque région du Québec une réflexion sur la meilleure manière de réduire leur dépendance aux énergies fossiles et non renouvelables par l’adoption de technologies basées plutôt sur le recours massif aux énergies vertes renouvelables, comme l’efficacité énergétique, l’éolien, le photovoltaïque et la géothermie.

Pour Anne-Marie Saint-Cerny, directrice de la Fondation Rivières, il est anormal que la Suède arrive à installer chaque année 40 000 chauffages en géothermie pendant qu’au Québec, on en installe tout juste un peu plus de 350.

C’est ce genre de réflexion, selon ce collectif, qu’il faut amorcer dans les régions où les institutions, les entreprises et les propriétaires de simples résidences doivent commencer à exploiter les ressources renouvelables disponibles localement ou sur le marché pour réduire cette dépendance aux sources basées sur les grands projets dévastateurs, tout comme René Lévesque et Jean Lesage ont proposé au Québec de se libérer d’une autre dépendance, quoique dans un autre contexte, en 1962, quand ils ont proposé la nationalisation de l’électricité. Un film tourné durant ces années-là, dans lequel René Lévesque expliquait cette vision radicale pour l’époque, a d’ailleurs servi hier d’introduction à la présentation du mouvement, de ses objectifs et des enjeux auxquels il entend s’attaquer, y compris le plan Nord du premier ministre Jean Charest, présenté comme l’illustration de cette aliénation environnementale «à la sauce méga».

On retrouvait aussi dans la salle des élus et représentants de régions, comme celle du Bas-Saint-Laurent, qui se battent pour une exploitation de leur potentiel éolien au profit de leurs populations au lieu de voir cette ressource enrichir les fonds de pension et les multinationales étrangères.

Le mouvement MCN21 va entreprendre une tournée des régions pour voir comment leurs populations respectives entrevoient leur indépendance et leur développement énergétique. À l’automne, le mouvement veut se doter d’une politique de coordination du mouvement qu’il entend ainsi susciter. Il se propose aussi de réunir une expertise dans les différentes filières vertes pour la mettre à la disposition de tous, en plus d’agir comme catalyseur ou de servir d’appui à des projets précis pour les aider à voir le jour. Le mouvement entend se donner ensuite une structure permanente qui émettrait un label «MCN21» aux projets énergétiques compatibles avec une vision écologique à long terme.

Visiblement, hier, la Stratégie énergétique du Québec était au centre de la mire de ce mouvement en gestation ainsi qu’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dont on réclame une réforme pour lui redonner le mordant qu’il aurait perdu au profit d’un asservissement aux objectifs et projets du gouvernement Charest. On lui reproche notamment de servir maintenant à justifier des projets énergétiques jugés néfastes pour l’environnement, comme les nouveaux grands projets hydroélectriques nordiques, au lieu d’adopter une vision environnementale et critique, plus compatible avec son mandat.

La politique du gouvernement Charest en matière d’énergie, expliquait Daniel Breton, ne correspond pas à l’analyse pour consommation publique que faisait le premier ministre quand il disait que les crises de l’énergie et de l’environnement avaient des causes communes. Dans la réalité, le gouvernement se contente d’investir dans des projets énergétiques traditionnels, a-t-il dit. Le Québec va ainsi fournir du boulot pendant quelques années à ses travailleurs de la construction, mais il ne pourra pas compter à moyen terme sur une main-d’oeuvre qualifiée dans les nouvelles énergies pour faire face à la concurrence des États-Unis et des provinces voisines, qui entendent investir en priorité ces filières pour s’assurer de leurs retombées.



Le SCRS fera des exceptions

Le plus con, c’est de le faire, ou de le dire? 

 Radio-Canada

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) admet qu’il serait prêt, dans des circonstances exceptionnelles, à utiliser des informations obtenues sous la torture par d’autres pays.

« La réponse est que nous le ferons si des vies sont en jeu », a laissé tomber l’avocat du SCRS Geoffrey O’Brian, lors de son passage devant le comité des Communes sur la sécurité publique.

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