Registre des armes à feu: manipulation totale de l’information

Pire: propagande pure de la part du le ministère de la Sécurité Publique.

Le registre a du plomb dans l’aile

Radio-Canada

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Yvan Delorme, a dit de ce répertoire qu’il était « essentiel ». Dans un communiqué émis mardi, il a indiqué qu’il était consulté 10 000 fois par jour par les policiers d’un océan à l’autre.

Le ministère fédéral de la Sécurité publique n’a par ailleurs pas encore rendu public le rapport annuel sur l’utilité du registre réalisé en 2008 par la Gendarmerie royale du Canada.

Les Canadiens n’ont pas besoin d’un autre rapport pour savoir que le registre des armes à feu est très efficace lorsqu’il s’agit de harceler les fermiers et les amateurs de plein air, tout en gaspillant des milliards de dollars des contribuables.

— Extrait d’un communiqué du bureau du ministre fédéral de la Sécurité publique

La modification du registre fédéral des armes à feu vient de franchir une nouvelle étape grâce au soutien de députés néo-démocrates et libéraux. Les députés de la Chambre des communes ont adopté le projet de loi C-391 en deuxième lecture, mercredi, à 164 voix contre 137.

S’il ne vise pas l’abolition pure et simple de l’ensemble du registre, le projet propose toutefois d’en diminuer considérablement la portée: l’enregistrement des armes de chasse serait aboli, et les données actuelles sur ce type d’armes seraient effacées du registre.

Déposé par la députée conservatrice manitobaine Candice Hoeppner, le projet de loi était soumis à un vote libre, puisqu’il n’émanait pas du gouvernement. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, avait cependant imposé une ligne de parti à ses députés, ce que n’ont pas fait les deux autres partis d’opposition.

Les 47 députés bloquistes ont donc tous voté contre le projet C-391, mais près d’une vingtaine de députés néo-démocrates et libéraux ont voté avec les conservateurs.

Comme les Communes se sont prononcées en faveur de la proposition, elle sera ensuite débattue en comité parlementaire, avant d’être présentée en troisième et dernière lecture. Le projet de loi sera ensuite présenté devant le Sénat.

Plus tôt, l’Assemblée nationale du Québec a tenté d’infléchir le vote des députés fédéraux par l’adoption, à l’unanimité, d’une motion en faveur du maintien du registre. Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a en outre fait parvenir une lettre à son homologue Peter van Loan, ainsi qu’une copie à tous les députés du Québec, pour faire part de l’« opposition ferme » du Québec à l’abolition du registre des armes de chasse.

Reprise du débat

Plusieurs Canadiens croyaient pourtant que le débat entourant le contrôle des armes à feu était clos depuis l’entrée en vigueur du registre, élaboré dans la foulée de la tuerie de Polytechnique, qui avait fait 14 victimes en 1989. Cette nouvelle étape représente une victoire pour le Parti conservateur, qui, même s’il a toujours été contre, n’a jamais tenté de l’abroger depuis son arrivée au pouvoir.

« De toute évidence, [les conservateurs] utilisent des projets de loi émanant de députés pour réaliser l’objectif du gouvernement d’une autre manière », a affirmé le député libéral Bob Rae.

À la sortie de son caucus, le chef libéral, Michael Ignatieff, avait indiqué que si son parti était globalement en faveur du maintien du registre, il proposerait malgré tout des mesures pour l’améliorer.

« Il faut trouver un système de contrôle des armes à feu qui convienne à tous les Canadiens, autant dans le Canada rural que dans le Canada urbain. » M. Ignatieff croit par exemple qu’il serait possible de « décriminaliser » le registre de telle sorte que les chasseurs qui oublient d’y inscrire leur arme ne voient pas leur dossier renvoyé au criminel.

Les opposants au registre, conservateurs en tête, affirment qu’il n’a en rien contribué à diminuer la criminalité tout en faisant perdre un milliard de dollars aux contribuables. Ses supporters, dont plusieurs policiers et des groupes défendant les droits des victimes, arguent plutôt qu’il s’agit d’un outil d’enquête utile, qui a permis de réduire le nombre de suicides et de crimes passionnels.

Le registre, une arme pour les policiers

Une majorité d’associations policières ont déjà demandé au gouvernement de tout faire pour ne pas affaiblir le registre. Le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, dont l’organisation représente 4700 policiers, a de son côté affirmé, mercredi, ne pas comprendre que des gens puissent se plaindre d’avoir à enregistrer une arme.

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Yvan Delorme, a dit de ce répertoire qu’il était « essentiel ». Dans un communiqué émis mardi, il a indiqué qu’il était consulté 10 000 fois par jour par les policiers d’un océan à l’autre.

Le ministère fédéral de la Sécurité publique n’a par ailleurs pas encore rendu public le rapport annuel sur l’utilité du registre réalisé en 2008 par la Gendarmerie royale du Canada.

 

Les Canadiens n’ont pas besoin d’un autre rapport pour savoir que le registre des armes à feu est très efficace lorsqu’il s’agit de harceler les fermiers et les amateurs de plein air, tout en gaspillant des milliards de dollars des contribuables.

— Extrait d’un communiqué du bureau du ministre fédéral de la Sécurité publique

Par le passé, la GRC a pourtant elle aussi pris position en faveur du maintien du registre. Les observateurs croient que son rapport invite donc le gouvernement Harper à le maintenir tel quel.



3 commentaires

  1. Toubib 7 novembre

    Le bal des hypocrites
    Michel David, Le Devoir

    http://www.ledevoir.com/2009/11/07/276066.html

    L’an dernier, à l’occasion du dix-neuvième anniversaire de la tuerie de l’École polytechnique, le lieutenant de Jack Layton au Québec, Thomas Mulcair, toujours prêt à défendre les «valeurs québécoises», avait critiqué avec la fougue qu’on lui connaît l’inaction du gouvernement Harper en matière de contrôle des armes à feu.

    Il serait plus exact de dire que tous les efforts des conservateurs depuis leur arrivée au pouvoir en 2006 ont visé à démanteler le registre institué par le gouvernement Chrétien. Ils n’y sont pas encore parvenus, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé.

    M. Mulcair, qui s’empresse généralement de sauter sur le premier micro, est demeuré bien discret depuis mercredi, quand douze de ses collègues du NPD ont joint leur voix à celles des conservateurs pour approuver en deuxième lecture un projet de loi qui, en ce vingtième anniversaire du drame de Polytechnique, prévoit l’émasculation du registre.

    «Certains de nos députés voteront [pour le démantèlement], de manière à envoyer ce projet de loi en comité», avait expliqué M. Layton. Doit-on comprendre qu’ils ont appuyé le projet afin de mieux le rejeter plus tard? Le chef du NPD a parfaitement le droit de renier ses principes parce que son intérêt politique du moment le commande, mais il devrait nous épargner l’injure de nous prendre pour des valises.

    Dans le cas de Michael Ignatieff, personne ne devrait être surpris. Au cours des six derniers mois, cet intellectuel célébré a largement fait la preuve qu’il est surtout une brillante girouette, ce qui explique en bonne partie sa chute dans les sondages.

    M. Ignatieff a qualifié le projet conservateur de «mischief», qu’on pourrait traduire par «malveillance». Pourtant, il a laissé huit de ses députés l’appuyer. On peut reprocher bien des choses à Stephen Harper, mais il a au moins de la suite dans les idées.

    ***

    La tradition parlementaire voulant qu’un projet de loi privé donne lieu à un vote libre semble en être une à géométrie variable. Tous les députés du Bloc québécois ont voté selon la ligne du parti.

    Une autre tradition veut que, dans le cas où un député de l’opposition se voit forcé de s’absenter au moment d’un vote, un député ministériel s’abstienne également de voter pour maintenir l’équilibre des forces en présence.

    Mercredi, le député bloquiste de Saint-Jean, Claude Guimond, qui croyait avoir contracté le virus H1N1, voulait éviter de contaminer ses collègues de la Chambre des communes, mais le gouvernement a refusé le pairage. Apparemment, tous les députés conservateurs étaient trop anxieux d’enregistrer leur vote.

    Bien sûr, le registre des armes à feu est contesté dans certaines régions rurales, comme c’est le cas du droit à l’avortement, du mariage gai ou du bilinguisme. Quand les intérêts supérieurs de la société sont en cause, l’hypocrisie et la compromission n’ont cependant pas leur place.

    Personne ne prétend que le registre va prévenir tous les meurtres, mais les corps policiers sont unanimes à dire que sa création a fait diminuer substantiellement le nombre de décès par balle. Sur ce point, on peut leur faire confiance.

    ***

    Au Québec comme ailleurs au pays, il y a des chasseurs que l’obligation d’enregistrer leurs armes agace, mais les dix députés conservateurs qui ont voté pour le projet de loi étaient-ils bien sûrs de refléter l’opinion de leurs commettants?

    À Québec, où les orignaux ne courent pas les rues, les électeurs de Josée Verner ou de Sylvie Boucher souhaitent-ils vraiment que le registre soit transformé en coquille vide? À moins qu’ils n’aient suivi le même cheminement que les électeurs de M. Harper à Calgary. À en croire le premier ministre, ils étaient pour l’ouverture du registre en 1995, ce qui l’avait poussé à l’appuyer lui aussi, mais ils ont apparemment changé d’idée. À cause des chacals, peut-être?

    Même si des nominations au Sénat permettent aux conservateurs d’en prendre le contrôle, il est loin d’être assuré que le projet de loi pourra franchir toutes les étapes de son adoption avant le déclenchement de la prochaine élection générale. On peut déjà prévoir que le Bloc québécois en fera ses choux gras durant la campagne.

    La dernière fois, la décision maladroite d’abolir les programmes d’aide aux tournées culturelles avait redonné vie au Bloc. Le vote de mercredi lui permettra de mettre les libéraux et les néo-démocrates dans le même sac que les conservateurs, tous unis dans un même rejet des «valeurs québécoises».

    Même si c’est à la suite d’une fusillade survenue à Toronto que le gouvernement Chrétien a institué le registre, il demeure indissociablement lié à la tuerie de Polytechnique dans l’esprit des Québécois. L’abolir reviendrait en quelque sorte à banaliser cette tragédie.

    Bien sûr, il faut tout tenter pour sauver le registre, mais est-il normal qu’il faille se rendre en procession à Ottawa pour empêcher la destruction d’un instrument qui permettra peut-être d’éviter un nouveau massacre? Tant qu’à y être, pourquoi ne pas se mettre à genoux?

  2. Vevaageseelom 23 février

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