Sans nous, le Plan Nord est un Plan Mort 6 novembre
Il est temps de mettre les Innus à la table des nations. Il en est de notre responsabilitée.
Des chefs innus font bande à part
Le gouvernement du Québec tient vendredi une séance de travail à huis clos sur son ambitieux Plan Nord, un projet de développement du territoire québécois au-delà du 49e parallèle.
La ministre responsable du Plan Nord, Nathalie Normandeau, a convoqué quelque 200 personnes à cette rencontre, dont les dirigeants de 63 communautés nordiques. Le gouvernement veut leur présenter sa vision du développement du Nord et discuter d'une structure d'intégration des communautés touchées à ce vaste projet.
D'entrée de jeu, toutefois, les chefs de cinq des sept communautés innues, soit les Innus d'Ekuanitshit, Matimekush-Lac John, Pessamit, Unamen Shipu et Uashat Mak Mani-Utenam, ont annoncé qu'ils boycotteront la séance de travail. Ils estiment que Québec et Ottawa ne respectent toujours pas intégralement leurs droits ancestraux, leurs titres aborigènes, leurs traités historiques et modernes et leur droit à l'autonomie gouvernementale. Pour eux, la séance de travail est plutôt une opération de relations publiques.
L'un des leaders autochtones dissidents, le chef du Conseil des Innus de Pessamit, Raphaël Picard, a expliqué sur les ondes de RDI que pour les municipalités présentes à la séance de travail étaient pour lui des « créatures du gouvernement », et que les discussions entre Innus et gouvernement devraient plutôt se dérouler d'égal à égal. Il a ajouté que le développement du Nord n'était pas une chose nouvelle, mais une réalité à laquelle les communautés des Premières Nations sont confrontées depuis 50 ans.
Il a indiqué que des mesures plus draconiennes pourraient être prises pour mettre fin à « l'approche de sourd » du gouvernement. « Dorénavant, il va falloir marcher sur les corps de nos ancêtres, de nos grands-pères, de nos pères, sur nos corps à nous, sur celui de nos enfants et sur celui de nos arrières-petits-enfants pour qu'il y ait de nouveaux développements sans qu'on y ait participé pleinement », a déclaré Raphaël Picard.
Dans un communiqué publié avant la rencontre, le chef de l'Assemblée des Premières Nations au Québec et au Labrador, Ghislain Picard, a déclaré que les relations avec Québec et Ottawa devraient être « de nation à nation, de gouvernement à gouvernement ». M. Picard, qui participe à la rencontre de vendredi, croit qu'Ottawa a un rôle de fiduciaire des droits constitutionnels des Autochtones, et qu'il doit les protéger d'éventuelles violations et rétablir une relation de confiance.
Sans nous, le Plan Nord est un Plan Mort.
— Ghislain Picard
Pour le grand chef du Grand Conseil des Cris, Matthew Coon Come, le Plan Nord existe depuis 1975 et s'appelle la Convention de la Baie-James, accord signé à l'époque avec les Cris et les Inuits, puis amélioré en 2002 par la Paix des Braves. Selon M. Coon Come, ces ententes ont établi les règles et les normes du développement du Nord, mais trop souvent, les gouvernements ne les ont pas respectées.
Certains Cris disent toutefois que la présence du grand chef Coon Come à la rencontre gouvernementale diminue son pouvoir de négociation. Rappelons que Matthew Coon Come avait mené et gagné la bataille contre le projet hydroélectrique de Grande-Baleine, abandonné en 1994.







