US qui s’en vont

États-Unis- La fosse aux mensonges

Deux organisations indépendantes dénoncent des centaines de mensonges énoncés volontairement par l’administration Bush pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003.

Une étude révèle que le président George W. Bush et de hauts responsables de l’administration américaine ont fait 935 fausses déclarations sur l’Irak et sur la menace qu’il faisait peser sur la sécurité des États-Unis.

Ces déclarations ont été faites au cours des deux années qui ont suivi les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Les auteurs considèrent qu’elles faisaient partie d’une campagne orchestrée qui a galvanisé l’opinion publique. Ils soutiennent que, sous de faux arguments, ce processus a conduit les Américains vers la guerre.

L’étude a été diffusée mardi sur le site web du Centre pour l’intégrité publique (Center for Public Integrity) qui a collaboré avec le Fonds pour l’indépendance en journalisme (Fund for Independance) afin de la réaliser.

Pas de commentaire

Cité par l’Associated Press, un porte-parole de la Maison-Blanche, Scott Stanzel, n’a pas fait de commentaire sur l’étude. Toutefois, il a défendu la position de l’administration Bush selon laquelle la communauté internationale considérait le dirigeant irakien Saddam Hussein comme une menace.

Les actions prises en 2003 étaient basées sur le jugement collectif d’agences de renseignements du monde entier. — Scott Stanzel
Des centaines de fausses déclarations

Les auteurs de l’étude ont relevé au moins 935 fausses déclarations en deux ans. Ils notent que dans des discours, des points de presse, des entrevues et lors d’autres manifestations, le président Bush et plusieurs dirigeants américains ont déclaré sans équivoque à au moins 532 occasions que l’Irak possédait des armes de destruction massive, essayait d’en fabriquer ou de s’en procurer, ou entretenait des liens avec Al-Qaïda.

En plus du président Bush, l’étude cite plusieurs hauts responsables américains qui occupaient diverses fonctions à l’époque. Il s’agit du vice-président Dick Cheney, de la conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice, aujourd’hui à la tête de la diplomatie américaine, du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, du secrétaire d’État Colin Powell, du vice-secrétaire à la Défense Paul Wolfowitz et des porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer et Scott McClellan.

Le président Bush arrive en tête avec 259 fausses déclarations. De ce nombre, 231 concernaient les armes de destruction massive en Irak et 28 sur les liens de l’Irak avec Al-Qaïda. Pour Colin Powell, l’étude recense 244 fausses déclarations sur les armes de destruction massive en Irak et 10 sur l’Iran et Al-Qaïda.

Où sont les armes?

Selon des membres du Fonds pour l’indépendance en journalisme qui ont travaillé sur l’étude, Charles Lewis et Mark Reading-Smith, le fait que l’Irak ne possédait pas d’armes de destruction massive et n’avait pas de liens significatifs avec Al-Qaïda n’est plus contesté de nos jours. Ils ajoutent que l’administration Bush a mené les États-Unis vers une action militaire contre l’Irak sur la base d’informations erronées qui ont été propagées méthodiquement.

L’étude a été réalisée à partir d’une base de données composée des déclarations publiques prononcées dans les deux années qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001. Elle intègre également des informations provenant de plus de 25 rapports gouvernementaux, livres, articles, discours et entrevues.

Source: Radio-Cadenas



Pay back time

Les pays riches doivent des billions aux pauvres

Presse Canadienne
Edmonton
Alors que les pays riches sortent de table après quatre décennies de dommages à l’environnement, les pays pauvres se retrouvent pris avec l’addition, indique une nouvelle recherche visant à évaluer les coûts et les causes de l’activité économique humaine.

Selon un document paru lundi dans la revue «Proceedings of the National Academy of Science», dont le siège est aux États-Unis, les pays à faibles revenus ont indirectement subventionné le niveau de vie des pays à revenus moyens et élevés par plus de 3 milliards de milliards $ entre 1961 et 2000 – presque entièrement à cause des changements climatiques.

Les auteurs de la recherche disent espérer que leur travail stimule des discussions productives sur les responsabilités environnementales des nations, affirme Thara Srinivasan, coauteure du document et chercheuse à l’Université de Californie à Berkeley.

Mme Srinivasan s’est penchée sur six dossiers environnementaux – changements climatiques, appauvrissement de la couche d’ozone, intensification de l’agriculture, déforestation, surpêche et assèchement des mangroves littorales.

Les chercheurs ont ensuite divisé les nations entre groupes à revenus élevés, moyens et faibles et ont tenté de déterminer combien chaque problème environnemental avait coûté à chaque groupe. Ils ont finalement tenté d’évaluer quelle proportion de chaque problème avait été causée par chaque groupe.

Ils ont conclu que les pays pauvres, responsables d’environ 13 pour cent des gaz à effet de serre produits pendant cette période, en supporteront jusqu’à 29 pour cent des coûts, mesurés en impacts sur l’agriculture, les ressources en eau, les perturbations des écosystèmes et les risques d’événements météorologiques catastrophiques.

Bien que les nations les moins riches n’aient contribué qu’à raison de 1,3 pour cent aux gaz destructeurs de la couche d’ozone, ils payeront 15 pour cent de la facture en termes d’impact sur la santé.

Les deux groupes de pays aux revenus supérieurs ont consommé à peu près 85 pour cent des poissons capturés dans leurs eaux tandis que les pays les plus pauvres – qui représentent environ le tiers de la population mondiale – n’ont conservé qu’environ 15 pour cent des leurs. Les pays pauvres n’ont d’ailleurs pratiquement pas pêché en haute mer. Les poissons pêchés dans les eaux des pays à bas revenus aboutissent finalement dans les assiettes du reste de la planète, dit Mme Srinivasan.

En tout, près de 55 pour cent des coûts environnementaux assumés par les pays pauvres ont été causés par des pays appartenant aux groupes des revenus moyens et élevés.

«Notre analyse met en lumière les dommages écologiques que les pays pauvres supportent pour permettre indirectement aux pays prospères de maintenir leur niveau de vie», conclut le rapport.



Une cité verte au pays de l’or noir

Masdar, la cité verte à l’ombre du pétrole

AFP

L’émirat Abou Dhabi va construire la première ville totalement écologique au monde

Abou Dhabi — Le riche émirat pétrolier d’Abou Dhabi va entamer le mois prochain la construction de la première cité au monde prévue pour fonctionner avec un niveau zéro d’émission de gaz carbonique.

À Masdar City, qui fonctionnera exclusivement par des énergies renouvelables, dont l’énergie solaire grâce au soleil constamment abondant dans le désert de l’émirat, ses habitants, au nombre de 50 000, seront en mesure de circuler par des moyens de transport automatique.

«C’est un lieu où il n’y aura aucune trace de gaz carbonique et qui ne nuira d’aucune manière à la planète», a déclaré à l’AFP Khaled Awad, directeur du projet de la Société d’Abou Dhabi pour les énergies du futur (ADFEC), baptisée Masdar («source» en arabe)

«En même temps, la cité va offrir un meilleur cadre de vie à ses habitants», a-t-il ajouté en marge d’un sommet mondial sur les énergies nouvelles et renouvelables et sur la sécurité énergétique, qui s’est ouvert hier à Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis.

Une fois la construction de la cité terminée en 2013, les habitants seront en mesure de circuler à travers ses six kilomètres carrés en utilisant des tramways et une série d’autres moyens de transport automatiques. «Ce sont comme des ascenseurs à l’horizontale. Vous indiquez où vous voulez aller et ils vous y conduiront», a expliqué M. Awad.

Contrairement aux somptueuses tours de la ville d’Abou Dhabi, une maquette de Masdar City, conçue par le groupe Foster and Partners et exposée au sommet sur l’énergie, montre des constructions basses et équipées en panneaux solaires sur les toits.

La Cité sera située non loin de la mer et un mur de ceinture devra la protéger de l’air chaud soufflant du désert et du vacarme de l’aéroport d’Abou Dhabi, voisin.

Abou Dhabi détient le gros des réserves de pétrole et de gaz de la fédération des Émirats arabes unis, pays classé respectivement au quatrième et cinquième rang mondial. Les réserves prouvées de brut des Émirats sont suffisantes pour durer encore quelque 150 ans.

Mais à l’instar des autres pays pétroliers, les Émirats cherchent à diversifier leur économie pour réduire leur dépendance traditionnelle vis-à-vis du pétrole.

La nouvelle cité s’inscrit dans le cadre d’un ambitieux programme, baptisé Masdar et lancé par le gouvernement d’Abou Dhabi en 2006.

Le directeur général de Masdar, Sultan Al-Jaber, a décrit le programme comme un nouveau projet économique dédié aux énergies nouvelles et renouvelables, dont il attend un impact positif sur l’économie de l’émirat.

Le prince héritier d’Abou Dhabi, cheikh Mohammad ben Zayed Al-Nahyane, a annoncé un investissement de 15 milliards de dollars alloué aux projets de Masdar, devant les participants au sommet d’Abou Dhabi, un forum de trois jours.

Masdar a annoncé aussi un projet de 350 millions de dollars pour construire une centrale solaire de 100 mégawatts, à porter ensuite à 500 mégawatts, afin de réduire la pression sur le réseau national d’électricité durant les périodes de forte consommation.

L’initiative prévoit aussi la construction d’une université pour des études sur les énergies d’avenir en collaboration avec le Massachusetts Institute of Technology.

Malgré l’abondance du soleil, seuls les parcmètres sont alimentés en énergie solaire aux Émirats qui, à l’instar des autres monarchies pétrolières du Golfe, utilisent peu l’énergie solaire.



joyeux soixantième

drapeauquebec.gif

 

 



Bjork declares independance

Björk – Declare Independance

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___________________________________________________________

Declare independence!
Don’t let them do that to you!
Declare independence!
Don’t let them do that to you!

Declare independence!
Don’t let them do that to you!
Declare independence!
Don’t let them do that to you!

Start your own currency!
Make your own stamp
Protect your language

Declare independence
Don’t let them do that to you
Declare independence
Don’t let them do that to you

[x4] Make your own flag!

[x6] Raise your flag!

Declare independence!
Don’t let them do that to you!
Declare independence!
Don’t let them do that to you!

Damn colonists
Ignore their patronizing
Tear off their blindfolds
Open their eyes

Declare independence!
Don’t let them do that to you!
Declare independence!
Don’t let them do that to you!

With a flag and a trumpet
Go to the top of your highest mountain!

[x6] Raise your flag!

Declare independence!
Don’t let them do that to you!
Declare independence!
Don’t let them do that to you!

Raise the flag!
_________________
« Apparemment négative, puisqu’elle ne crée rien, la révolte est profondément positive puisqu’elle rélève ce qui, en l’homme, est toujours à défendre. » Camus, l’homme révolté

« C’est peu de chose le crachat, mais c’est tout ce qui me reste… avec le mépris. » P. Falardeau

 

 



Speak white

Speak White

Poème magnifique de Michelle Lalonde

Québec, 1968.



Nécessité oblige (…)

Une offensive israélienne fait 19 morts à Gaza

AFP
Édition du mercredi 16 janvier 2008
Mots clés : bande de Gaza, Armée israélienne, Décès, Violence, Palestine (pays), Israël (pays)
Gaza — Dix-neuf Palestiniens, dont le fils du plus influent chef du Hamas et 12 autres membres du groupe radical, ont été tués par l’armée israélienne à Gaza hier, la journée la plus meurtrière depuis plus d’un an.

Dans le sud d’Israël, un Équatorien de 20 ans travaillant comme bénévole dans le kibboutz d’Ein Hachlocha, en bordure de la bande de Gaza, a été tué par des balles d’un tireur embusqué du Hamas à partir du territoire palestinien, selon des sources militaires israéliennes.

L’opération à Gaza, dénoncée comme un «massacre» israélien par le président palestinien Mahmoud Abbas, est survenue alors qu’Israéliens et Palestiniens négocient pour tenter de conclure un accord de paix que le président américain George W. Bush souhaite arracher avant la fin de son mandat, en janvier 2009.

Accrochages

Selon le Hamas, 13 membres de la branche armée du groupe, dont Hossam, 21 ans, le fils du dirigeant le plus en vue du mouvement Mahmoud al-Zahar, ainsi que Rami Farahat, fils d’une députée, ont été tués par balles ou par des obus de char dans l’incursion israélienne dans le quartier d’al-Zeitoun, à Gaza.

Quatre Palestiniens dont l’identité n’était pas connue dans l’immédiat y ont également péri, alors que 50 ont été blessés, selon des sources médicales. Des accrochages armés ont opposé les soldats à des combattants palestiniens dans l’incursion.

Selon le commandant Tal Levram, du commandement militaire sud, des unités d’infanterie et des blindés, appuyées par l’armée de l’air, ont mené l’incursion jusqu’à 2 km en profondeur du territoire palestinien. L’objectif était d’éloigner la menace des tirs de roquettes et de mortiers sur Israël.

Plusieurs Palestiniens ont été arrêtés au cours de l’opération et ramenés en Israël pour interrogatoire, selon des images diffusées par la télévision publique.

En soirée, deux Palestiniens ont été tués et quatre blessés par un tir de missile israélien à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, selon des sources médicales.

Le mouvement islamiste, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007 après avoir mis en déroute les forces fidèles au Fatah de M. Abbas, a décrété trois jours de deuil à Gaza, dont une journée de grève générale aujourd’hui.

M. Zahar, dont le fils aîné Khaled a été tué dans un raid israélien en 2003, a promis de «répondre à Israël par le seul langage qu’il comprend», une allusion à l’usage de la force. Il a affirmé que l’opération israélienne était une conséquence de la visite effectuée la semaine dernière en Israël et en Cisjordanie par M. Bush avec l’objectif affiché de dynamiser le processus de paix israélo-palestinien.

«Ce qui s’est passé aujourd’hui est un massacre, une tuerie contre le peuple palestinien. Notre peuple ne peut pas passer ces massacres sous silence, a dit M. Abbas à la presse à Ramallah. Ces massacres ne peuvent pas apporter la paix».

Pour le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, la poursuite des pourparlers israélo-palestiniens est «un crime» au moment où continuent les attaques israéliennes meurtrières.

Le Hamas a annoncé, pour la première fois depuis plusieurs mois, avoir tiré plus de 20 roquettes sur le sud d’Israël «en guise de première riposte». Vingt-cinq obus de mortier ont été tirés en outre sur cette région, selon l’armée israélienne. Huit Israéliens ont été légèrement blessés.



Dutrisac est un homme sublime

Les «gestes de souveraineté» – Marois a piqué au vif les libéraux

Le Devoir

ROBERT DUTRISAC
Édition du mercredi 16 janvier 2008
Mots clés : Gérald Larose, gestes de souveraineté, Pauline Marois, Parti politique, Souveraineté, Québec (province)
Québec — Les libéraux jugent que les «gestes de souveraineté» que promet de faire Pauline Marois une fois le Parti québécois au pouvoir sont «antidémocratiques» et relèvent de la stratégie de «la cage à homards», une accusation que rejette la chef péquiste, qui veut agir à «visage découvert».

Le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, a tiré à boulets rouges, hier, sur Pauline Marois, qui a soutenu que le PQ, une fois reporté au pouvoir, ferait des «gestes de souveraineté», comme l’a suggéré dans les pages du Devoir et celles de L’Action nationale le président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose.

«Je considère inadmissible que le Parti québécois pense à s’aventurer dans des gestes de rupture, des gestes de scission, sans avoir de mandat de la population», a livré hier Benoît Pelletier avant d’entrer au conseil des ministres.

Selon M. Pelletier, le PQ radicalise sa position. Afin de contenter la «frange des purs et durs» de son parti, Pauline Marois se permet «de flirter avec des idées qui, à mon avis, sont antidémocratiques», a fait valoir le ministre. M. Pelletier trouve d’ailleurs «inquiétant» que Gérald Larose soit devenu une «éminence grise» au PQ.

Dans le même esprit, le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Raymond Bachand, un péquiste apostat qui a renié sa foi souverainiste, a comparé ces «gestes de souveraineté» à la stratégie de «la cage à homards», chère à Jacques Parizeau, qui, en 1995, aurait réalisé la souveraineté sans atermoyer à la suite d’un référendum affirmatif. «Mme Marois et le PQ, ils vivent dans les années 70. Ils n’ont pas pris acte de toute l’évolution de la société québécoise, estime M. Bachand. Moi, je suis passé à autre chose.»

De son côté, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, s’est montré catégorique. «Une majorité de Québécois ne voudra jamais abandonner sa citoyenneté canadienne, a affirmé le ministre. Il faut que les souverainistes en prennent acte.»

Pauline Marois trouve «très intéressante» cette idée de gouvernance souverainiste que propose Gérald Larose. «J’ai toujours dit que nous allions agir en souverainistes lorsque nous serons élus [au gouvernement]. Agir en souverainistes, ça veut dire justement poser des gestes de souveraineté mais qui s’inscrivent dans la légalité», a-t-elle livré au Devoir. «Ce ne sont pas des gestes de rupture au sens qu’ils sont illégaux, a-t-elle insisté. On agit avec tous les moyens dont on dispose, comme si nous étions un État souverain dans les limites, évidemment, des lois qui nous gouvernent.»

La chef péquiste a cité l’exemple de l’instauration de la citoyenneté québécoise ou encore celui de l’adoption d’une constitution du Québec, des propositions qui font l’objet des deux projets de loi qu’elle a déposés cet automne. Elle a aussi évoqué le rapatriement de pouvoirs en rappelant des réalisations passées: les rapatriements de la gestion des commissions scolaires linguistiques, des programmes de main-d’oeuvre ou des congés parentaux. Elle a aussi signalé des actions qui viseraient la représentation internationale du Québec.

Ces gestes de souveraineté ou d’affirmation, balisés par le cadre constitutionnel actuel, ressemblent beaucoup à ce que propose l’Action démocratique du Québec avec son slogan «S’affirmer sans se séparer». Pour Pauline Marois, c’est plutôt «S’affirmer pour mieux être capables de se séparer», a-t-elle souligné. Contrairement à ce qu’affirment les libéraux, cette démarche est parfaitement démocratique, a soutenu la chef péquiste. Le PQ fera clairement connaître ses intentions avant la prochaine campagne électorale: il n’y aura pas d’ambiguïté. «On va le faire à visage découvert. Les gens qui prétendent qu’on pourrait vouloir faire ça en cachette, ils me connaissent bien mal», a-t-elle dit.

De passage à Québec, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dit appuyer pleinement Mme Marois. «Je suis d’accord pour que le Québec exerce la plénitude de ses pouvoirs, toujours dans le cadre fédéral. On est toujours dedans tant qu’on n’a pas fait l’indépendance, a dit M. Duceppe. Mme Marois, c’est exactement ce qu’elle dit ce matin [hier]: parlons du fond des choses, renforçons le Québec au maximum plutôt que de parler de la date du référendum», le tout dans le respect du cadre légal actuel.

Pour sa part, le chef de l’opposition officielle, Mario Dumont, estime qu’avec son intervention Pauline Marois vient de faire reculer l’idée de doter le Québec de sa propre constitution, un projet que caresse l’ADQ. C’est une idée valable mais, comme le but du PQ, «c’est de faire dérailler le système, c’est de faire des gestes de pré-rupture, on va se retrouver avec une partie importante de la population au Québec qui va dire: « Cette idée-là, on ne veut plus en entendre parler »», a prédit M. Dumont.

Il lui apparaît évident que ces gestes, qui serviraient à rapprocher le Québec de sa souveraineté, annihileraient les chances, pour un gouvernement péquiste, de parvenir à de quelconques ententes avec Ottawa sur le rapatriement de pouvoirs.

«Ce qui me frappe, c’est comment, pour Pauline Marois, dans tous les grands enjeux, ce sont des forces occultes qui prennent les positions à sa place», que ce soit Gérald Larose ou Jean-François Lisée, a accusé Mario Dumont.

Pour l’heure, au PQ, on est entré dans une petite saison des idées, façon Pauline Marois. À la suite de la parution d’un «cahier d’animation» destiné aux militants et adopté en octobre par la Conférence nationale des présidentes et présidentes (CNPP) du PQ, les associations de circonscriptions ont planché sur «les pistes de réflexion» touchant divers enjeux de société, pistes qui doivent conduire à un renouvellement de la social-démocratie prônée par le parti. Les propositions régionales doivent être déposées d’ici le 14 février en vue du Conseil national qui aura lieu les 15 et 16 mars prochains. Pauline Marois est confiante quant à l’issue de cette séance de remue-méninges qui, en d’autres temps, aurait pu donner des sueurs froides au chef. «Je sens une adhésion et une solidarité souhaitées. On vit à l’intérieur du caucus du Parti québécois quelque chose que je n’ai jamais vécu de ma vie. Et quand je vais sur le terrain, les militants me disent: « Nous, on n’a pas le goût de commencer des débats, des chicanes à n’en plus finir ».»

***

Avec la collaboration d’Antoine Robitaille



Le pc… et l’éthique, ouais

Seuls les conservateurs ont utilisé des stratagèmes de financement

HÉLÈNE BUZZETTI

Le Devoir

Élections Canada contredit le PC
Édition du mercredi 16 janvier 2008
Mots clés : Parti conservateur, Élections Canada, Élection, Gouvernement, Canada (Pays)

Ottawa — Élections Canada persiste et signe. Une soixantaine de candidats du Parti conservateur ont bel et bien enfreint les règles de financement lors de la dernière campagne électorale, et ce, d’une manière concertée pour permettre à leur formation politique de dépenser plus que ses adversaires. Et le chien de garde des élections se défend d’être partisan: contrairement à ce que la formation de Stephen Harper prétend, aucun autre parti politique n’a utilisé les mêmes stratagèmes.

Pour la première fois, Élections Canada a livré sa version des faits, en totalité, dans une déclaration écrite sous serment et déposée à la Cour fédéral lundi en fin de journée. Dans ce document de 55 pages consulté par Le Devoir, Élections Canada explique comment elle a découvert le stratagème de la boucle (ou «in and out»). Le Parti conservateur versait des sommes importantes dans le compte de banque de ses candidats aux élections puis récupérait cet argent sous forme de «paiements» pour de la publicité nationale. Les candidats gonflaient artificiellement leurs dépenses pour toucher de l’État un remboursement plus copieux. Le parti, lui, fragmentait ses dépenses publicitaires en les imputant à tort à ses candidats locaux, ce qui lui a permis de dépasser le plafond permis par la loi.

La déclaration écrite sous serment déposée hier est signée par Janice Vézina, dirigeante principale des finances à Élections Canada. Elle explique que c’est à cause d’une «série de facteurs» que le Directeur général des élections a refusé de rembourser 50 des 67 candidats conservateurs ayant participé au stratagème, pour des dépenses totalisant 1,2 million de dollars. Plusieurs Québécois étaient du nombre, dont les ministres Josée Verner (Patrimoine), Lawrence Cannon (Transports) et Maxime Bernier (Affaires étrangères).

Pour Élections Canada, il ne fait aucun doute que ces publicités n’ont aucun contenu local puisqu’elles ne font pas la promotion d’un candidat précis, mais seulement du Parti conservateur. «Les publicités elles-mêmes n’ont pas réussi à dissiper nos doutes que ces dépenses n’avaient pas vraiment été celles des candidats», écrit Mme Vézina.

Élections Canada a des raisons encore plus sérieuses de croire que le parti de Stephen Harper n’a pas respecté la loi électorale. Le parti achetait, dans une région donnée, un bloc publicitaire et les candidats participants se partageaient ensuite la facture. Mais voilà, la facture était bien mal répartie.

La déclaration sous serment donne l’exemple de trois candidats conservateurs de Toronto ayant participé à un tel achat commun. «Le coût imparti aux trois campagnes a été de 49 999,88 $, 19 999,95 $ et 39 999,91 $ respectivement. Élections Canada n’a trouvé aucun document qui aurait pu expliquer une telle variation entre les coûts impartis aux candidats pour ce qui semble être des publicités à fréquence identique», écrit Mme Vézina.

En fait, l’explication est venue de la bouche même d’un agent officiel d’une candidate conservatrice de Vancouver. «Je crois que nous avons contribué à la campagne nationale de publicités télévisées. Nous n’allions pas être capables de dépenser le maximum permis par la loi, alors le parti nous a demandé si nous pouvions aider», a raconté cet agent à un enquêteur d’Élections Canada. Un aveu que Mme Vézina dit trouver «troublant».

C’est que chaque candidat a le droit de dépenser un montant maximal établi par Élections Canada pour se faire élire. Il semble qu’un grand nombre de candidats conservateurs qui n’avaient aucune chance d’être élus, et donc qui ne dépensaient pas inutilement leur argent, aient vu leur caisse électorale réquisitionnée par le parti. C’est du moins l’analyse qu’en fait Janice Vézina.

«Le parti avait presque atteint la limite de dépenses permise par la loi, de sorte qu’il n’aurait pas pu déclarer ces publicités [attribuées aux candidats] sans défoncer son plafond», écrit-elle. Et ainsi, en déduit-elle, «les montants impartis à chaque candidat semblent être reliés à leur capacité de « contribuer » à l’achat médiatique selon qu’ils avaient déjà peu ou beaucoup entamé leur budget de dépenses tel qu’établi par la loi et non pas à une évaluation objective de la valeur commerciale qu’ils ont obtenue avec leur achat.»

Des agents officiels dans le noir

En outre, note Mme Vézina, un grand nombre de candidats locaux ayant participé à ces achats publicitaires de groupe ont été incapables de fournir une quelconque preuve documentaire, même si la dépense atteignait parfois les 50 000 $. «On s’attendrait d’être capable de recevoir de la part d’un agent officiel plus de détails pour une dépense d’une telle ampleur», s’étonne Mme Vézina.

Élections Canada avait en effet réclamé plus de preuves des candidats conservateurs concernés pour justifier leurs dépenses de publicités. «Aucun n’a été en mesure de fournir une copie de contrat», écrit-elle. Elle mentionne que c’est toujours le Parti conservateur qui a géré cette affaire par la suite, fournissant même aux agents officiels une lettre-type, avec du papier à en-tête du parti, pour répondre aux questions d’Élections Canada.

Pas de partisanerie

Entre les lignes de cette déclaration sous serment, Élections Canada se défend bien d’être partisane. Et pour cause. Lorsque toute cette affaire a éclaté, à l’automne dernier, le Parti conservateur a répliqué en Cour fédéral avec des liasses de documents censés prouver que le Parti libéral et le NPD avaient eu recours à des stratégies similaires. Les conservateurs en concluaient qu’Élections Canada était partie en guerre contre eux. Des députés le disaient ouvertement. Nenni, dit aujourd’hui Élections Canada.

À plusieurs endroits dans le document, Janice Vézina réfute les allégations conservatrices: citations attribuées à tort à Élections Canada par-ci, référence à un mauvais document par-là, comparaisons boiteuses. Les échantillons de publicités libérales fournis par le Parti conservateur n’ont pas ébranlé Élections Canada, au contraire. «Il est clair en consultant le script radiophonique que la publicité en question invite spécifiquement les électeurs à voter pour un candidat en particulier», est-il écrit, ce qui n’était pas le cas des publicités conservatrices.

Le Devoir avait révélé en août dernier qu’Élections Canada avait ouvert une enquête sur cette affaire. Selon un porte-parole, l’enquête est toujours en cours. Pendant ce temps, le Parti conservateur conteste l’interprétation d’Élections Canada devant la Cour fédérale.



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